CE41 - Inégalités, discriminations, migrations 2018

Transformations Sociales dans la Science en Afrique du Sud – STIS

Transformations sociales dans le système d'innovation de l'Afrique du sud Social Transformation in the South African Innovation System

Atteindre une représentation équilibrée des groupes raciaux et sociaux dans les professions Ce projet étudie l’intégration de groupes historiquement exclus au sein des collectifs sociaux, en se concentrant empiriquement sur la transformation raciale du système scientifique sud-africain. Il analyse les efforts déployés pour accélérer ces changements, en réponse à des décennies de privation systématique d’opportunités pour certains groupes sociaux.

Objectif général : Comprendre la transformation raciale en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche en Afrique du Sud.

Ce projet examine l’intégration des groupes historiquement exclus au sein des collectifs sociaux, en se concentrant empiriquement sur la transformation raciale du système scientifique sud-africain. Depuis la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud est engagée dans une transformation radicale, passant d’une société entièrement ségrégée sur des critères raciaux à un modèle plus inclusif. Ces dernières années, cette question est devenue particulièrement urgente dans le milieu académique, où les étudiants (et d’autres acteurs) manifestent, parfois violemment, contre la lenteur de la transformation, notamment au sein du corps professoral des universités d’élite. Nous abordons cette problématique sous deux angles : les mécanismes par lesquels ce changement s’opère et les conséquences de cette transformation sur la structure et le contenu du système d’innovation. Le parcours éducatif constitue probablement le principal facteur explicatif des inégalités d’accès aux opportunités. Or, aucun secteur n’est plus dépendant de l’éducation que le domaine scientifique. Bien que l’apartheid ait officiellement pris fin en 1994, moins de 10 % de la population sud-africaine est blanche, alors qu’en 2013, près de la moitié des enseignants permanents des universités historiquement blanches étaient encore blancs. L’étude du système scientifique est donc pertinente pour quatre raisons : i) il semble particulièrement résistant à la transformation sociale, ii) il est une clé d’accès à l’égalité des chances dans d’autres professions, iii) en tant que secteur public, il est susceptible d’être influencé par des interventions politiques, iv) il représente un pilier central du système d’innovation. Ce projet se concentre en grande partie sur l’aboutissement du parcours éducatif, à savoir les doctorants. Ces derniers contribuent directement à la production scientifique d’un pays et représentent le vivier des futurs chercheurs et enseignants. La transformation du corps professoral universitaires dépend largement des départs à la retraite et des embauches. Les nouveaux docteurs occupant les postes vacants, la composition raciale des diplômés influence directement cette transformation. Une question clé réside dans la formation des équipes de supervision doctorale, où l’on observe une tendance à l’homophilie (les binômes étudiant-superviseur de même genre ou race sont plus fréquents que ne le laisserait supposer une répartition aléatoire). Nous analysons empiriquement comment la composition de ces équipes affecte la productivité scientifique des étudiants. Une question complémentaire porte sur les leviers politiques capables d’accélérer la diversification des diplômés en doctorat. Plusieurs mesures et objectifs coexistent, mais leurs interactions ne sont pas additives : les résultats de la mise en œuvre simultanée de plusieurs politiques ne correspondent pas à la simple somme des effets de chaque politique appliquée isolément. Ces dynamiques complexes font l’objet de notre analyse.

Méthodologie :

Le projet combine approches empiriques et simulations. Les données proviennent principalement de la National Research Foundation sud-africaine (système d’évaluation), couvrant les CV des enseignants-chercheurs actifs. Complétées par des statistiques agrégées sur la composition raciale et genrée des facultés et diplômés, ces données ont fait l’objet d’un nettoyage rigoureux.

Une simulation modélise l’évolution des départements universitaires selon les embauches de docteurs, calibrée sur les données disponibles. L’objectif : évaluer l’impact de multiples leviers politiques sur la transformation raciale.

Les principaux résultats sont consignés dans des chapitres de thèses de doctorat, des documents de travail et des articles publiés dans des revues internationales à comité de lecture.

 

Papers published in refereed journals

Cowan, R., M. Müller, A. Kirman and H. Barnard, “Overcoming a legacy of racial discrimination: Competing policy goals in South African academia” Socio-economic Review, 22(3): 1413–1449, 2024. doi.org/10.1093/ser/mwad043

Rossello, Giulia, Robin Cowan and Jacques Mairesse, “Ph.D. Publication Productivity: The Role of Gender and Race in Supervision in South Africa” Journal of Productivity Analysis, 61, 215–227 (2024). doi.org/10.1007/s11123-023-00681-4

Müller, M., R. Cowan and H. Barnard, “International scientific collaborations as a source of social capital: Peer effects in developing country scholars’ establishment of foreign ties” Industrial and Corporate Change, Vol.32(5):1077–1108, 2023. doi.org/10.1093/icc/dtad043

Mario González-Sauri, Giulia Rossello,(2022) “The Role of Early-Career University Prestige Stratification on the Future Academic Performance of Scholars” Research in Higher Education 64(4) DOI:10.1007/s11162-022-09679-7

 

Working papers

Rossello, Giulia, Robin Cowan and Jacques Mairesse, “Ph.D. Publication Productivity: The Role of Gender and Race in Supervision in South Africa” National Bureau of Economic Research working paper 31346, June 2023, www.nber.org/papefrs/231346

Cowan, Robin, Mortiz Müller, Alan Kirman & Helena Barnard, 2021, Overcoming a legacy of racial discrimination: Competing policy goals in South African academia, UNU-MERIT Working Paper 2021-040

Rossello, Giulia, Robin Cowan & Jacques Mairesse, 2020, Ph.D. research output in STEM: the role of gender and race in supervision, UNU-MERIT Working Paper 2020-021

Rossello, Giulia & Robin Cowan, 2019, Far from random? The role of homophily in student supervision, UNU-MERIT Working Paper 2019-024

 

PhD thesis

Giulia Rossello “Social Transformations and Labour Market Entry: An Investigation into University Systems in Emerging Economies”, Ph.D. thesis, Maastricht University, 2021.

Lorena Rivera-Leon “Unveiling the Determinants of Scientific Productivity in Middle-Income Countries: An Economics of Science Perspective”, Ph.D. thesis, Maastricht University, 2021.

 

Presentations:

Oct. 2019, Feb, 2022, Nov.2022, May 2024, CREST, U. of Stellenbosch

Jan. 2022 UNU-MERIT, Maastricht

June 2024 KIT Karlsruhe

Mar 2023 UCL London

Jan 2023, Lucca, Italy

Aug 2020 Harvard University USA

Jul 2020 Sant’Anna School of Advanced Studies, Pisa, Italy

Jan 2020, Cattolica del Sacro Cuore University,Milan, Italy

2021, African Productivity Conference (ISEAPA) Jönköping University, Sweden

2021, GS20 LAC (20TH GENDER SUMMIT -LAC) Brasilia, Brazil

June 2021, WEHIA held at Università Cattolica del Sacro Cuore, Milano, Italy

2021, EAEPE held at Parthenope, Napoli, Italy

June 2021, International Schumpeter Society

 

Le projet a ouvert la voie à plusieurs pistes de recherche futures. Une observation faite dans le cadre de ce projet est que différents groupes (selon le genre ou la race) tendent à avoir des intérêts académiques distincts, c’est-à-dire qu’ils se concentrent sur des sujets différents. À mesure que le système évolue, la répartition raciale et genrée va changer. Cela implique-t-il un changement fondamental dans les thèmes (globaux) abordés par les chercheurs sud-africains ? Si tel est le cas, qu’est-ce que cela signifie pour les relations entre le monde académique (et la recherche ainsi que la formation académique en particulier) et le reste de la société ?

Il s’agit d’un programme de recherche que nous avons commencé à explorer, en évaluant les relations entre la « science » (ou plus précisément la « recherche académique »), la politique (vue à travers le prisme des intérêts gouvernementaux) et la société de manière plus générale. Les travaux menés jusqu’à présent dans ce domaine ont tendance à chercher un domaine citant un autre dans ses écrits. Nous pensons qu’il existe de meilleures approches, utilisant l’analyse textuelle moderne des documents eux-mêmes plutôt que simplement leurs références.

Parvenir à une représentation équilibrée des groupes raciales et autres groupes sociaux spécifiques dans les emplois recherchés tant politiquement que socialement est important. Ne pas tirer profit du talent d’une grande partie de la population pour le bénéfice de la société revient à limiter la croissance économique en termes de capital humain. Cela est vrai dans de nombreux milieux socialement et économiquement différents, mais cela devient absolument nécessaire dans les systèmes universitaires des économies du savoir. Participer au système éducatif est aujourd'hui une condition préalable à l’égalité des chances dans tous les domaines, et le système de la science est un pilier de plus en plus important du système d’innovation, moteur de la croissance économique. Ce projet étudie la façon dont les groupes qui auparavant avaient été exclus, sont intégrés dans des emplois et postes socialement attractifs tout en mettant un accent empirique sur la transformation raciale du système de la science sud-africain. Cette question sera abordée sous deux angles : les processus suite auxquels ce changement a lieu ; les conséquences de la transformation sur la structure et le contenu du système de recherche.

D’après une vaste littérature, l'entrée réussie dans un métier dépend des caractéristiques du réseau social de la personne. Contrairement à une grande partie de cette littérature, nous traitons ce problème en nous appuyant sur des structures de réseau multiplex, non pas en fondant tous les différents types de relations des individus (étudiant-superviseur ; co-auteur ; citation ; co-implantation) en un seul réseau, mais en les traitant comme des réseaux différents qui interagissent. Nous avons accès à un ensemble de données unique provenant de la Fondation nationale de la recherche de l'Afrique du Sud. Cette importante base comprend des données biographiques sur presque tous les enseignants-chercheurs actifs dans la recherche. Ainsi notre analyse empirique tiendra compte non seulement des différents types de liens entre les universitaires, mais aussi des rôles des caractéristiques individuels (âge, race, genre, éducation, discipline…). Notre analyse empirique sera beaucoup plus nuancée que ce qui a pu se faire jusqu'à présent: la transformation se déplace-t-elle de couche en couche ? Y a-t-il un modèle typique pour une personne seule ? Une seule couche se transforme-t-elle avant une autre ? La transformation générale d'une seule couche ouvre-t-elle la porte à la transformation d'une autre ? Nous traiterons la structure du travail comme une autre couche du réseau multiplex des relations sociales où deux personnes ont un lien s'ils ont le même employeur. L'intégration au niveau institutionnel n'est donc pas une simple variable dépendant de la dynamique du marché du travail, mais plutôt une de plusieurs couches qui interagissent dans un système complexe. Ensuite nous construisons un modèle qui comprend différents types de relations entre les universitaires et leur interactions. L'intégration raciale peut être considérée au niveau de chaque couche, même si le discours politique est centré sur le lieu de travail ou la couche institutionnelle. L'étalonnage du modèle dans le cas de l’Afrique du Sud nous permet d'examiner les facteurs pouvant constituer des leviers politiques précieux pour l’accélération du processus. La dernière partie part du fait qu’actuellement les universitaires noirs et blancs se tournent vers différentes disciplines académiques. Si cette discipline « de préférence » reste inchangée, cela implique que la transformation sociale du système de science s’accompagne d’une transformation du type de science mené, avec davantage de répercussions sur l’ensemble du système d’innovation. Nous examinons cette hypothèse en utilisant le modèle que nous aurons développé en amont pour vérifier la question si la transformation sociale sera accompagnée par la transformation

Coordination du projet

Robin Cowan (Bureau d'économie théorique et appliquée (UMR 7522))

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CREST Centre de Recherche en Economie et Stastistique - CREST
Maastricht University / UNU-MERIT
CAMS Centre d'analyses et de mathématiques sociales
University of Stellenbosch / Centre for Research and Evaluation of Science and Technology (CREST)
BETA - UNISTRA Bureau d'économie théorique et appliquée (UMR 7522)

Aide de l'ANR 276 999 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2018 - 36 Mois

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