Caractérisation des réseaux cérébraux sous-tendant la mémoire sociale – WhoRU
La capacité à former et à se rappeler de souvenirs est essentielle non seulement pour la survie, mais aussi pour la formation de relations avec les autres et de notre sens du soi. L’hippocampe est connu depuis longtemps comme une structure fondamentale pour la formation de nouvelles mémoires. Des lésions sur des patients ont montrées que l’hippocampe est nécessaire pour la formation de mémoire épisodique à long terme. Ce projet est centré sur la mémoire sociale, un processus fondamental dépendant de l’hippocampe. L’incapacité à reconnaître des connaissances et des membres de sa famille est souvent un symptôme précoce de nombreuses maladies psychiatriques et neurologiques, et est un indicateur de l’issue de la maladie. La région CA2 de l’hippocampe a été montrée récemment comme étant essentielle pour la formation de mémoire sociale. De façon intéressante, cette région est fortement altérée lors de maladies psychiatriques et neurodégénératives. Le but de ce projet est de mieux comprendre le réseau neuronal et les mécanismes impliqués dans la formation de mémoire sociale.
a mémoire sociale permet de différencier une personne familière d’une personne connue. Chez l’Homme et les rongeurs, l’hippocampe est nécessaire pour cette fonction. L’incapacité à se rappeler des interactions sociales est l’une des caractéristiques les plus importantes de patients avec des lésions hippocampiques. Des avancées significatives ont été faites concernant le codage spatial par certaines cellules de l’hippocampe. De façon intéressante, des données obtenues chez l’Homme montrent que l’hippocampe forme une carte des relations sociales. Cependant, il n’est pas connu comment les informations sociales sont codées et traitées par l’hippocampe.
Dans la 1ère partie, nous déterminerons ce qui différencie les informations sociales des informations contextuelles au niveau du réseau hippocampique. Des données récentes ont révélées un rôle clé de signaux chimiques dans la cognition sociale chez l’Homme, un processus altéré au cours de l’autisme. Chez les rongeurs, l’olfaction joue un rôle clé dans la reconnaissance sociale et l’ablation des bulbes olfactifs et de l’organe voméronasal empêche la mémoire sociale. Notre hypothèse est que la région CA2 est idéalement placée pour reconnaître les signaux chimiques associés avec le contexte social, car elle reçoit plusieurs afférences de régions fortement activées par les systèmes olfactif et hormonaux. Nous étudierons les circuits neuronaux activés par les stimuli olfactifs sociaux et déterminerons comment ils influencent la région CA2.
Dans la 2ème partie, nous étudierons si la région CA2 agit sur les réseaux hippocampiques et du septum pour permettre le codage de mémoires sociales. De nombreuses données montrent que les neurones de CA2 projettent et agissent fortement sur l’hippocampe et le septum. Il a été montré récemment qu’un ensemble de cellules dans la région ventrale de CA1 est actif pendant l’apprentissage social, et la réactivation artificielle de cet ensemble peut altérer la performance dans une tache de mémoire sociale. Notre hypothèse est que la partie dorsale de CA2 agit sur la partie ventrale de CA1 et sur le septum, permettant ainsi le codage des informations sociales. Nous étudierons donc comment l’activité de la partie dorsale de CA2 agit sur les neurones de la partie ventrale de CA1 et sur le septum.
La région CA2 de l’hippocampe a été pratiquement ignorée pendant plus de 70 ans. Dans ce projet, 3 équipes disposant d’expertises complémentaires vont utiliser des techniques modernes comme l’opto- chemo-génétique, des taches comportementales, des marquages de réseau neuronaux et des enregistrements in vivo afin de mieux comprendre la formation de mémoire sociale. Nos résultats apporteront un lien mécanistique pour comprendre comment les informations sociales sont traitées et ils procureront une base pour l’élaboration de nouveaux diagnostiques et traitements de maladies psychiatriques.
Coordination du projet
Rebecca Piskorowski (CENTRE DE PSYCHIATRIE ET NEUROSCIENCES)
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Partenariat
RIKEN Brain Science Institute / Lab for Circuit & Behavioral Physiology
U894 CENTRE DE PSYCHIATRIE ET NEUROSCIENCES
CSGA CENTRE DES SCIENCES DU GOUT ET DE L'ALIMENTATION
Aide de l'ANR 367 241 euros
Début et durée du projet scientifique :
octobre 2018
- 48 Mois