DS04 - Vie, santé et bien-être 2017

Prévalence, caractéristiques et génétique d'Escherichia coli adhérent-invasif dans la maladie de Crohn : étude comparative entre la France et Hong-Kong – PACIfIC

Résumé de soumission

Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), en particulier la maladie de Crohn (MC), sont des pathologies contemporaines des sociétés industrialisées. La pathogenèse des MICI implique une série d’évènements. L'occidentalisation, en modifiant l'exposition environnementale, influencerait le microbiome intestinal et pourrait ainsi favoriser une inflammation chez les individus génétiquement prédisposés. Le risque de développer une MICI au cours d’une vie est évalué à 1%, et plus de 2 millions de personnes souffrent d'une MICI en Europe. La MC peut toucher toutes les tranches d’âge mais se déclare en général chez le jeune adulte. Dans les pays nouvellement industrialisés, l'incidence de la MC a augmenté. Par conséquent, mieux comprendre l’étiologie de cette maladie est déterminant pour limiter, à terme, la progression et l’incidence des MICI.

L'inflammation intestinale chez les MC résulte d'une réponse immunitaire anormale au microbiote intestinal chez des individus génétiquement prédisposés. Des polymorphismes dans les gènes régulant la réponse immunitaire innée, la fonction de barrière intestinale et l’élimination des agents pathogènes intracellulaires ont été associés à un risque accru de développer une MC dans les populations caucasiennes. La recherche de pathogènes spécifiques a permis d’identifier plusieurs bactéries candidates dans la muqueuse intestinale des patients. L'une d’entre elles, avec beaucoup de preuves à l'appui, est Escherichia coli adhérente-invasive (AIEC). Plusieurs groupes ont rapporté une prévalence plus élevée des AIEC chez les patients atteints de la MC comparativement à des sujets sains. La présence d’AIEC dans la muqueuse des patients atteints de la MC au moment du diagnostic suggère que ces bactéries jouent un rôle dans les premiers stades de la maladie. Une grande partie du travail sur ce pathobionte, et son rôle potentiel dans la MC, a été réalisée dans les régions à forte incidence de MC (Europe, Amérique du Nord et Australie). Il reste à définir si les bactéries AIEC, identifiées dans les populations occidentales, sont répandues chez les patients atteints de MICI dans les régions du globe où l'incidence des MICI augmente, notamment en Asie. Par ailleurs, le degré de variation génétique entre les bactéries isolées de différentes régions ethniques et géographiques reste à identifier.

L’implication de ce pathobionte dans la MC ne pourra être confirmée qu’en démontrant sa présence anormale à la fois chez des patients issus de pays à forte incidence de la maladie et chez des patients provenant de pays où l’incidence est en pleine croissance. Au cours des dernières décennies, l'incidence de la MC est en augmentation dans les pays en développement. En 2011, la première et la plus importante étude de population a été menée par notre équipe partenaire, incluant 13 pays d'Asie-Pacifique. Nous avons montré que Hong Kong se classe parmi les trois premiers pays d'Asie où l'incidence de la MC est la plus élevée. Elle a augmenté dans ce pays de 30 fois au cours des deux dernières décennies. En outre, l'incidence de la MC varie entre les zones rurales et urbaines en Chine, et est probablement le résultat de l'influence de facteurs environnementaux incluant l'alimentation.

L'objectif principal de ce projet est d'évaluer la prévalence, les caractéristiques et la composante génétique des bactéries AIEC colonisant la muqueuse iléale à travers deux populations distinctes d’un point de vue ethnique et géographique (Caucasiens en France versus Chinois à Hong-Kong). Ces données permettront de mieux comprendre (i) si les AIEC représentent un facteur de risque pour la MC dans le monde, et (ii) la pathogénicité des AIEC. De plus nous explorerons des stratégies thérapeutiques ciblant ces bactéries chez les individus atteints de la MC. Un traitement basé sur l'éradication des AIEC dans la MC pourrait représenter une approche thérapeutique personnalisée chez les patients atteints de la MC.

Coordination du projet

Anthony Buisson (MICROBES, INTESTIN, INFLAMMATION ET SUSCEPTIBILITÉ DE L'HÔTE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Department of Medicine and Therapeutics, Institute of Digestive Disease, State Key Laboratory of Digestive Diseases, LKS Institute of Health Science
M2iSH MICROBES, INTESTIN, INFLAMMATION ET SUSCEPTIBILITÉ DE L'HÔTE

Aide de l'ANR 243 000 euros
Début et durée du projet scientifique : janvier 2018 - 48 Mois

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