DS0404 - Systèmes informatiques et numériques, phénotypage, organismes et pathologies virtuelles, Recherche méthodologique, informatique et statistique pour répondre aux défis conceptuels et technologiques du développement de la recherche en santé 2015

Etude de la toxicité des médicaments pris pendant la grossesse : évaluation de modèles statistiques et d’indicateurs de santé périnatale – EToMeG

Résumé de soumission

Il est souvent nécessaire de prescrire des médicaments aux femmes enceintes, pour leur propre santé et celle de leur foetus. Cependant, on dispose de peu d’information sur leurs effets indésirables. En effet, les essais cliniques qui permettent d’établir l’efficacité et l'innocuité des médicaments incluent rarement des femmes enceintes. Pour aborder cette question, un intérêt récent s'est porté sur des bases de données disponibles à grande échelle, notamment des bases de données médico-administratives. Les études de pharmacovigilance sont de plus en plus conduites en utilisant ces bases de données. Cependant, le manque d’informations sur certaines données cliniques ne permet pas de mesure les effets confondants et biaise l'évaluation de risque. Nous examinerons l'utilisation de SNIIRAM français, qui contient des données individuelles et anonymes correspondant aux remboursements des médicaments et aux séjours hospitaliers, pour améliorer notre connaissance de la toxicité des médicaments pris pendant la grossesse. A partir de cette base, il sera possible de déterminer le trimestre d'exposition foetale aux médicaments, condition d'importance majeure pour évaluer le risque d'exposition à un médicament sur la présence d'une maladie néonatale. Nous étudierons quatre classes thérapeutiques (NSAIDs, les antihypertenseurs, les antidépresseurs, les antiépileptiquse (AEDs)) : 1-Les résultats quant à l'exposition foetale à NSAIDS sont controversés. Il a été récemment trouvé que l'utilisation de NSAIDS dans la première grossesse a été associée à un risque accru de fausse-couche et de malformations. 2-La sécurité des antihypertenseurs est une préoccupation majeure en obstétrique, l'hypertension étant un événement fréquent pour les femmes enceintes (4 %), et la gestion de la tension est recommandé pour éviter les problèmes cerebro ou cardiovasculaire pendant la grossesse. Les inhibiteurs d'AS et des antagonistes AT1 devraient être proscrits pendant toute la grossesse. Quant à d'autres antihypertenseurs pendant la première grossesse, quelques études ont montré des tendances inquiétantes quant à l'exposition aux ß-bloquants et des bloqueurs de chaîne(canal) de calcium. 3 - La fréquence de la dépression est haute (7 %) et l'utilisation d’antidépresseurs, comme des inhibiteurs de sérotonine sélectifs, est tout à fait courant pendant la grossesse. Les résultats quant à l'exposition foetale aux antidépresseurs sont controversés. 4-Le risque pour le foetus, y compris des malformations congénitales majeures, d'exposition prénatale aux antiépileptiques se pose. Une étude récente a confirmé beaucoup d'autres études et a trouvé des associations entre l'exposition au valproate et spina bifida, les malformations du coeur, les os du crâne et le cerveau. Nous considérerons cette association entre l'exposition au valproate et ces malformations comme une référence positive. Cependant, des résultats plus vastes sont nécessaires pour confirmer les effets d'exposition au carbamazepine et au topiramate. Chaque classe thérapeutique sera étudiée pour analyser : - L’incidence d'exposition foetale aux médicaments prescrits en France - L’adhésion des prescripteurs aux directives nationales/internationales - L’excès des malformations congénitales et maladies néonatales associées à expositions aux médicaments Deux aspects seront notamment abordés : la validation des données relatives aux indicateurs de santé périnatale (comme le poids de naissance) et la validation de méthodes d’analyse permettant d’évaluer les conséquences de la prise médicamenteuse sur l’issue de la grossesse. Ce projet est une 1ère étape dans le développement de méthodologies servant à évaluer des risques induits par des médicaments pris pendant la grossesse à partir du SNIIRAM.

Coordination du projet

Catherine Quantin (Centre Hospitalier Universitaire de Dijon)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CHU DIJON Centre Hospitalier Universitaire de Dijon
INSERM U1181 INSERM U1181 Equipe Biostatistique et Pharmacoépidémiologie
CEPOI CENTRE D’ETUDES PERINATALES DE L’OCEAN INDIEN

Aide de l'ANR 239 720 euros
Début et durée du projet scientifique : octobre 2015 - 36 Mois

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