L’histoire du Gouvernement de l’Environnement par la Propriété (fin 18e siècle-présent, Europe, États-Unis, mondes coloniaux et post-coloniaux) – GOVENPRO
Ce projet étudie l’histoire du gouvernement de l’environnement par la propriété, de la fin du XVIIIe siècle au temps présent, sur trois terrains : l’Europe, les États-Unis, les mondes coloniaux et post-coloniaux. Nous désignons ainsi l’ensemble des pratiques, savoirs et dispositifs qui orientent les usages des environnements par la propriété, dans trois directions : organiser leur exploitation ; garantir la disponibilité et la durabilité des ressources ; contrer les effets jugés délétères des activités humaines (préservation, conservation, mitigation).
Nous mobiliserons les ressources de la méthode historique pour analyser ces formes particulières de gouvernement de l’environnement, leurs impacts sur les écosystèmes et les collectifs humains, les conflits qu’elles suscitent, leurs dimensions économiques, sociales et politiques. Une conception large de la propriété, saisie, au-delà de ses aspects normatifs, dans ses dimensions pratiques, matérielles et institutionnelles, sous-tendra nos approches.
Le gouvernement de l’environnement par la propriété n’a jamais été étudié comme un objet historique à part entière. Ce projet vise à l’analyser systématiquement, dans un cadre spatial et chronologique de grande ampleur. En articulant recherches empiriques, analyses globales et comparatives, et propositions théoriques, nous éclairerons une dimension essentielle mais très méconnue, de la trajectoire socio-écologique de nos sociétés.
Ce projet vise quatre objectifs scientifiques et un objectif organisationnel.
(1) Les États et les collectivités ont cherché de longue date à orienter les usages de la nature par la propriété, des servitudes sur les ressources et les aires protégées aux dispositifs récents liant propriété intellectuelle et conservation du vivant. Notre 1er objectif est de produire une analyse historique globale et multi-échelles de ces formes d’action publique, qui forment une part cruciale, mais singulièrement peu étudiée, des politiques environnementales des États.
(2) Notre 2ème objectif est renouveler les recherches sur l’histoire des Communs environnementaux, en occident et en contexte (post-)colonial, en les analysant sous l’angle : (a) de leurs dynamiques socio-écologiques (b) de leurs interactions avec les États et les collectivités (c) de leurs modes de socialisation économique ; (d) de leurs mises en œuvre récentes comme outil des politiques de développement.
(3) Un moyen essentiel de gouverner l’environnement est d’organiser ou de mettre à profit les transformations de la propriété sur les ressources et les écosystèmes. Notre 3ème objectif est de produire une histoire environnementale des dynamiques de propriété, aux XIXe et XXe siècles, en nous concentrant sur 4 types de processus : (a) l’incorporation de nouvelles entités aux sphères de la propriété ; les processus de (b) domanialisation, (c) mise en concession et (d) enclosure affectant les écosystèmes, les ressources, le vivant.
(4) Les interactions environnement/propriété ont suscité, d’Adam Smith à Ronald Coase, une intense production théorique dans le champ de l’économie, du droit, de l’écologie. Notre 4e objectif sera double. D’abord produire une histoire sociale et politique de long terme de ces théories. Ensuite « mettre à l’épreuve » de nos terrains historiques certaines thèses aujourd’hui très influentes dans le champ de l’environnement, et notamment celles de Douglass North et Elinor Ostrom.
(4+1) Le projet impulsera enfin une dynamique organisationnelle fédératrice, qui fera émerger l’histoire du gouvernement de l’environnement par la propriété comme une thématique de recherche structurée à l’échelle internationale, ouvrant en retour de nouveaux horizons à la recherche en histoire, en sciences sociales, en études environnementales.
Coordination du projet
Fabien Locher (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
EHESS Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
IRD Institut de Recherche pour le Développement
Aide de l'ANR 282 605 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2014
- 36 Mois