Blanc – Accords bilatéraux 2013 - SVSE 3 - Blanc – Accords bilatéraux 2013 - SVSE 3 - Microbiologie, immunologie, infectiologie 2013

Identification de marqueurs génétiques pour les formes chroniques de la maladie Chagas – Br-Fr-CHAGAS

Résumé de soumission

La maladie de Chagas est causée par le protozoaire flagellé T. Cruzi qui affecte 15 millions le nombre de personnes. 30 % des individus infectés développent les formes chroniques caractérisées par le développement de cardiomyopathies inflammatoires qui apparaissent plusieurs décennies après l’infection. Les autres patients restent asymptomatiques (ASY). La sévérité des formes chroniques est associée au développement des myocardites et le taux de survie est plus faible que celui estimé pour toutes les autres cardiomyopathies non inflammatoires. Les lésions cardiaques se caractérisent une réponse immune de Type TH1 exacerbée, une hypertrophie cardiomyocytaire et l’apparition de fibrose. Aucun vaccin ni traitement anti parasitaire efficace existe à ce jour. Le développement de nouvelles drogues est retardé par une méconnaissance des processus pathogéniques. L'accumulation familiale des cas de CCC suggère qu'il puisse y avoir une composante génétique de susceptibilité. Son existence est aussi supportée par le fait que seulement un tiers des individus infectés développent une forme chronique. L’apparition des formes graves est une conséquence directe d’une inflammation et d’un stress des tissus cardiaques. De ce fait, nous avons émis l’hypothèse que l’expression anormale de protéines ou de gênes, au niveau du tissu cardiaque, est contrôlée par des anomalies génétiques. Après l’identification de ces polymorphismes génétiques il sera alors possible d’établir des corrélations entre telles ou telles anomalies et un degré de sévérité ou une valeur pronostique. Nous développons ce programme en vue 1) d’identifier les gènes et protéines qui sont exprimés différentiellement au niveau du myocardium de patients chroniques, 2) d’identifier des polymorphismes génétiques corrélés avec ces variations d’expression. Tout d’abord à partir de tissus cardiaque sain et de patients en forme chronique (tissus déjà disponibles), une analyse protéomique et transcriptionelle sera conduite. En parallèle, une analyse de méthylation et une étude d’expression de miRNA permettra d’identifier les gènes reculés par ces deux processus. La liste de gènes et protéines différentiellement exprimés non régulés par des miRNA ou des mécanismes de méthylation seront de bons candidats pour les approches génétiques.
La deuxième étape consiste à identifier des variants génétiques associés au développement des formes chroniques. Pour cela, nous avons déjà initié le recrutement d’une cohorte d’étude la plus large possible. A ce jour, 688 patients sévères et 253 ASY porteurs asymptomatiques ont été recrutés. Notre objectif est d’avoir une cohorte d’étude incluant 700 CCC/400 ASY et une cohorte indépendante de réplication incluant 300 CCC et 300 ASY. Des études de type cas/témoins seront effectuées en se focalisant sur les polymorphismes communs en utilisant la technologie Sequenom. Des analyses univariées et multivariées seront alors effectuées pour identifier les polymorphismes associés. En parallèle, nous caractériserons aussi des familles nucléaires regroupant à la fois plusieurs cas en forme chronique et des porteurs asymptomatiques. Sur ces familles, un séquençage systématique de tous les exons sera effectué afin d’identifier tous les polymorphismes rares fonctionnels présents chez les cas et pas chez les porteurs asymptomatiques. Des analyses fonctionnelles seront effectuées pour caractériser ces marqueurs génétiques. Ce projet hautement réalisable repose sur des résultats préléminaires solides et bénéficie de l’expertise des différents partenaires. L'identification de ces gènes de sensibilité permettra de mieux comprendre les mécanismes pathogéniques associés à la maladie de Chagas. Elle permettra aussi une détection précoce des sujets à risque. Enfin, la caractérisation des divers facteurs impliqués dans le contrôle de la susceptibilité humaine aux formes chroniques pourrait permettre le développement de nouvelles approches thérapeutiques.

Coordination du projet

Christophe Chevillard (Genetique et immunologie des maladies parasitaires)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

INCOR Lab. Imunologia- Instituto do Coração Diretor do Lab. Imunologia Clínica e Alergia-LIM60 Fac. Medicina USP
Universidade Federal do Triângulo Mineiro Universidade Federal do Triângulo Mineiro, Departamento de Clínica Médica, Doenças Infecciosas e Parasitárias.
INSERM U980 Génétique Humaine des Maladies Infectieuses (GHMI)
INSERM U906 Genetique et immunologie des maladies parasitaires

Aide de l'ANR 594 211 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2013 - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter