Blanc SVSE 7 - Blanc - SVSE 7 - Biodiversité, évolution, écologie et agronomie

Infections multiples et virulence – MULTIVIR

Résumé de soumission

De nombreux travaux théoriques ont montré que la virulence des maladies devrait augmenter en conditions d’infections multiples. En particulier, une certaine plasticité devrait pouvoir évoluer pour adapter le niveau de virulence aux conditions locales d’infections multiples et d’apparentement. Les raffinements théoriques suggèrent cependant que le niveau de la virulence dépend de la nature de la compétition dans l'hôte, ainsi que du degré d’apparentement entre les parasites en compétition. Par exemple, les infections multiples peuvent diminuer la virulence totale pour l’hôte, quand il existe de l’interférence entre individus par inhibition compétitive. Cette inhibition devrait être d’autant plus faible que les individus parasites au sein d’un hôte sont apparentés. Jusqu'ici, très peu de données sont disponibles pour tester ces prévisions théoriques, en particulier concernant l’influence du degré d’apparentement entre les parasites en compétition. Ici nous proposons un ensemble d'expériences dans ce cadre, en serre ou dans des populations expérimentales, en utilisant trois associations d’hôtes-parasites différentes: Hyaloperonospora, un parasite oomycète d'Arabidopsis thaliana, Microbotryum, basidiomycète responsable de la maladie du charbon des anthères des Caryophyllaceae, et Cryphonectria, ascomycète responsable de la maladie du chancre du châtaignier, qui est lui-même est parasité par un virus responsable d’hypovirulence. Ces trois associations sont des systèmes modèles pour lesquels une batterie d’outils génétiques est disponible. Toutes présentent des infections multiples dans les populations naturelles et toutes sont bien adaptées à ce genre d’expériences. Nous effectuerons des inoculations expérimentales avec des mélanges de souches et nous suivrons la dynamique des infections multiples pour déterminer si les différents génotypes de parasite peuvent coexister sur le long terme. Nous comparerons la virulence mesurée en infections simples versus multiples, et en particulier pour des infections multiples qui varient pour le degré d’apparentement entre parasites, pour déterminer s’il existe une plasticité de la réponse des parasites au degré de compétition et d’apparentement dans l’hôte, et/ou s’il existe de l’interférence. Il est important d’obtenir des tels résultats expérimentaux car le rôle de l’apparentement dans l’évolution de la virulence de certains pathogènes est actuellement l'objet d'une certaine polémique. Nous souhaitons contribuer à élucider ce problème, en obtenant des données sur la façon dont les parasites apparentés interagissent, en comparaison avec des non apparentés. En dépit des différences biologiques de nos systèmes, la plupart de nos questions pourront être abordées dans les trois systèmes. Ce travail devrait aider à comprendre les effets de la compétition entre parasites dans les hôtes, et en particulier entre génotypes plus ou moins apparentés. Nos résultats aideront à concevoir des programmes de gestion des pathogènes qui prennent en compte les effets à long terme de ces actions sur la compétition et donc sur la virulence. Notre projet est un projet de recherche fondamentale qui a néanmoins des implications importantes pour la santé publique, l’agronomie et la gestion des forêts.

Coordinateur du projet

Ecologie, Systématique et Evolution (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Biodiversité, Gènes, Ecosystème
Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité
Ecologie, Systématique et Evolution

Aide de l'ANR 384 635 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2013 - 48 Mois

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