Analysise du contexte et de l’activité cérébrale à l’origine de l’émergence de pensées spontanées et mise au point de méthodes pour controller ces pensées – COGIT
En lisant un livre, la plupart des personnes constatent que leur attention dérive de leur lecture vers des sujets différents. Lors de dérives attentionnelles, le lecteur réalise qu'il a perdu le fil de sa lecture après un certain temps, et se refocalise sur sa tâche. On peut penser qu’éviter ces dérives attentionnelles est uniquement une question de concentration et de bonne volonté du sujet. Cependant, après des semaines, des mois, ou des années de n'importe quelle pratique de concentration (par exemple méditation) où des sujets doivent focaliser leur attention sur une tâche répétitive (e.g., visualisation d’objet), ces sujets se rendent compte que ces dérives attentionnelles ne sont pas sous le contrôle de leur volition consciente. Naturellement, les dérives attentionnelles se produisent souvent dans notre vie quotidienne, et cela dès que nous effectuons une tâche qui requiert de la concentration. Au niveau international, les études sur les dérives attentionnelles restent marginales. Schooler et Smallwood sont pionnier pour ce type d’approche en psychologie expérimentale, et un article sur les dérives attentionnelle et le bonheur vient d’être publié dans le journal Science. Un autre article écrit par le porteur du projet vient d’être publié dans la revue Neuroimage (et a fait également la couverture de ce journal) montrant que les dérives attentionnelles correspondent à un état de vigilance diminué. Les dérives attentionnelles sont donc un thème nouveau qui se popularise. Ce projet consiste à étudier ces dérives attentionnelles plus avant, de déterminer quelles sont leurs dynamiques et la relation entre leurs dynamiques et l’état de fatigue du sujet – fatigue cognitive à court terme et fatigue à long terme - ainsi que la relation entre le contenus des dérives attentionnelles et les stimuli environnementaux neutre ou à caractère émotionnel. En s’appuyant sur une méthodologie que nous avons développée récemment pour étudier les dérives attentionnelles, nous avons mis au point quatre expériences psychophysiques et une expérience d'imagerie cérébrale l'EEG pour tenter de détecter les dérives attentionnelles en temps réel. Nous avons l’intention d’étudier l’effet à long terme de notre détecteur de dérives attentionnelles en espérant que cela fera diminuer le nombre et la durée des dérives attentionnelles. En ce qui concerne les retombées potentielles, des études ont montrées que les dérives attentionnelles sont associées à des troubles de l’attention et aux humeurs négatives. Notre détecteur de dérives attentionnelles pourra aider à mettre au point de nouveaux traitements pour traiter ce type de pathologies. D’autres applications dans le domaine du marketing, de l’éducation et de la sécurité sont également envisagées.
Coordination du projet
Arnaud Delorme (CNRS DELEGATION REGIONALE MIDI-PYRE)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
CNRS DELEGATION REGIONALE MIDI-PYRE CNRS DELEGATION REGIONALE MIDI-PYRE
mauvais partenaire Université de Toulouse (mauvais partenaire)
Aide de l'ANR 194 922 euros
Début et durée du projet scientifique :
février 2013
- 36 Mois