Les grandes structures de l'univers au delà le l'ordre linéaire – COSMO@NLO
Faire des grandes structures de l’univers un laboratoire de physique fondamentale
Quantifier les signatures observationnelles des modèles de gravitation, comme la relativité générale et ses extensions, dans la structuration de l’univers à grande échelle
Quantifier les signatures observationnelles des modèles de gravitation, comme la relativité générale et ses extensions, dans la structuration de l’univers à grande échelle
La mise en évidence récente d’une expansion accélérée de l’univers est un défi fantastique de physique fondamentale. Identifier l’origine de cette accélération reste une question largement ouverte : il pourrait s’agir d’une nouvelle composante dans le contenu en énergie de l’univers aussi bien qu’une modification des lois de la gravitation mettant en défaut la théorie de la relativité générale aux échelles cosmologiques. <br />Tester ces hypothèses, placer des contraintes qualitative sur des extensions des lois de la gravitation, sont les objectifs scientifiques de grands projets observationnels en cours de construction qui s’appuient sur une analyse fine des propriétés statistiques des grandes structures de l’univers. Celles-ci constituent en effet un laboratoire fantastique de physique fondamentale, de l’étude des lois de la gravitation à l’exploration des propriétés des particules élémentaires de l’univers, mais le lien entre ce que l’on peut en mesurer - les observables - et ces propriétés doivent être bien comprises. Ce projet a visé à identifier les signatures observationnelles de telles modifications des lois de la physique dans les propriétés statistiques des grande structures de l’univers.
Le développement d’instabilités engendrées dans tout fluide cosmologique par la gravité à grande échelle mène à la structuration de l’univers telle qu’on l’observe aujourd’hui : galaxies, amas de galaxies, imbriqués dans un réseau cosmologique à grande échelle. Le développement de ces instabilités résulte de fait d’une compétition entre l’expansion de l’univers, qui en limite la portée, et les forces de gravitation. Le détail de la distribution de matière à grande échelle que l’on observe dépend alors à la fois de la manière dont l’expansion de l’univers a lieu, de son contenu en matière et évidemment d’une éventuelle modification des lois de la gravitation.
La mise en oeuvre de méthodes théoriques avancées, comme la théorie des perturbations, pour l’analyse d’un tel système constitué de fluides cosmologiques auto-gravitants dans un espace-temps en expansion permet alors d’identifier des observables (fonctions de corrélation, spectres de puissance, etc.) de faire des prédictions quantitatives sur celles-ci pour contraindre efficacement ces modèles.
Les résultats que nous avons obtenus nous ont permis de faire des avancées importantes dans plusieurs directions : mise en lumière de relations de consistance entre observables, identification de nouvelles classes de modèles de gravité modifiée et l’exploration de leurs conséquences observationnelles, développement de méthodes de calculs systématiques pour les calculs de spectres en théorie des perturbations ou encore la mise au point de nouvelles observables.
Nous objectifs à court terme concernent,
- Le calcul du spectre de puissance pour le champ de cisaillement gravitationnel et en espace des redshifts ;
- La prise en compte d’une composante de neutrinos massifs ;
- Le développement d'indicateurs statistiques globaux alternatifs (invariants topologiques, profiles de densité).
Ce n’est pas moins de 43 publications qui ont été faites. Un des résultats majeurs du projet a été la mise à disposition de codes publics de calcul du spectre à l’ordre dit NNLO (deuxième corrections après l’ordre linéaire),
www-utap.phys.s.u-tokyo.ac.jp/~ataruya/regpt_code.html
ou encore le calcul de fonctions de distribution de probabilité de densité, LSSFast,
cita.utoronto.ca/~codis/LSSFast.html
que l’on illustre ici.
Le projet COSMO@NLO est un projet de recherche fondamentale coordonné par le CEA. Le projet a commencé en janvier 2013 et a duré 48 mois. Il a bénéficié d’une aide ANR de 343 k€ pour un coût global de l’ordre de 2 M€.
Le mécanisme de développement des instabilités gravitationnelles menant à la formation des grandes structures de l’univers est encore loin d'être élucidé dans tous ses détails. Pourtant, avec l'avènement d'une nouvelle génération de projets de cosmologie observationnelle, comme le LSST ou EUCLID, visant à mesurer les propriétés de l’énergie noire avec l'observation de ces grandes structures, il devient nécessaire de caractériser leurs propriétés avec une grande précision et ce de manière contrôlée. Les simulations numériques N-corps permettent d'apporter des réponses ponctuelles à ces questions, mais ce ne peut être que pour un nombre très restreint de modèles et de paramètres cosmologiques. Les objectifs scientifiques des projets mentionnés s'appuient pourtant largement sur notre capacité à faire ces prédictions pour un ensemble de modèles très divers. Il devient dès lors nécessaire d’affiner nos connaissances théoriques sur le développement des instabilités gravitationnelles dans une large variété de cas.
L'objectif de ce projet est de développer des outils de prédiction et de calcul du spectre du champ de densité, de son bispectre (fonction de corrélation à trois points), pour un ensemble varié de modèles cosmologiques incluant par exemple aussi bien l’impact de neutrinos massifs que celui d’un fluide d’énergie noire. Plus précisément nous souhaitons pouvoir disposer d'outils permettant de calculer ces quantités analytiquement, avec une précision contrôlée, dans le régime quasi-linéaire - donc dans un régime qui précise et qui étend largement le régime linéaire - et développer des codes de calcul rapides et robustes pour un ensemble bien définis d’observables : champ de distorsion gravitationnelle, densité en espace des redshifts, etc. On se propose aussi d’élaborer des modèles phénoménologiques permettant d’élucider des relations entre champ de densité de la matière (dans ses différentes composantes) et densité de halos.
Les approches privilégiées dans ce projet s’appuient sur la mise en œuvre de techniques de calcul mises en avant récemment qui permettent la re-sommation de grandes classes de diagrammes. Ces approches s’appuient explicitement ou implicitement sur l’approximation dite eikonale. Ces approches permettent une mise en œuvre contrôlée de la théorie des perturbations pour de grandes classes d’observables comme les spectres, et les bispectres, etc. Notre projet vise à produire à l’intention de la communauté scientifique un ensemble de packages - écrits en fortran de manière à être facilement portable d’un système à un autre - permettant le calcul rapide des spectres et bispectres en théorie des perturbations et au delà du régime linéaire. Plus précisément on se propose de calculer les spectres jusqu’à l’ordre de deux boucles (NNLO) et les bispectres, ou les observables d’ordre trois qui y sont reliées, jusqu’à l’ordre d’une boucle (NLO).
Coordination du projet
Francis BERNARDEAU (Institut de Physique Théorique, CEA Saclay)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
IPhT Institut de Physique Théorique, CEA Saclay
Aide de l'ANR 343 672 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2012
- 48 Mois