Blanc Inter II SVSE 7 - Blanc International II - SVSE 7 - Biodiversité, évolution, écologie et agronomie

L'effet mâle chez les ongulés: applications agronomiques et mécanismes neuroendocriniens – MALE-EFFECT

Résumé de soumission

Chez les ongulés (ovins, caprins...) la reproduction est saisonière, c'est-à-dire qu'au cours de l'année, les animaux passent par une phase d'activité sexuelle intense (en période jours courts, novembre- avril) à laquelle succède une phase de repos sexuelle (ou phase d'anoestrus en période de jours longs, mai-octobre). Lors de la saison de repos sexuel, les femelles sont quiescentes sur le plan reproducteur, c'est-à-dire qu'elles n'ont ni cycle ovarien, ni ovulation. Toutefois si au cours de cette période les femelles sont en contact avec un mâle, elles subissent alors une réactivation complète de l'axe gonadotrope mesurée via une reprise de la pulsatilité de LH (réponse à court-terme) menant à une ovulation (réponse à long-terme). Cet effet est appelé "effet mâle" et constitue une technique intéressante de contrôle de la reproduction dans un contexte de développement durable ("clean, green and ethical"). En effet, l'utilisation de l'effet mâle permet de maitriser la reproduction des animaux en évitant le recours à des hormones exogènes qui sont autant de source de pollution environnementale lorsqu'elles se retrouvent dans l'environnement (perturbateurs endocriniens). Par ailleurs, cette technique constitue également une solution peu couteuse à mettre en oeuvre pour obtenir une reproduction en contre-saison (lors de la période d'anoestrus) où du fait de la saisonalité de la reproduction, les mises-bas et les produits dérivés (lait, viande etc...) sont rares. Toutefois, l'utilisation de l'effet mâle en élevage reste encore limitée. Dans ce contexte, nos différents laboratoires (Physiologie de la Reproduction et des Comportements, France, Universidad Autonoma Agragrio Antonio Narro, Mexique et Universidad Nacional Autonoma de Mexico) ont montré récemment (Bedos et al., Hormones & Behavior, accepté) que 4h de contact journalier avec un mâle sexuellement actif pendant 15 jours (au lieu d'un contact permanent avec les femelles) suffisait à induire un effet mâle efficace, c'est-à-dire induisant 100% de gestation chez les chèvres femelles. Ce résultat ouvre de nouvelles perspectives tant en terme d'application en élevage que de mécanismes neuroendocriniens sous-jacents. Ainsi ce projet se propose tout d'abord d'étudier les paramètres (durée minimale de contact journalier, nombre de groupe de femelles stimulées) afin de réaliser un effet mâle chez un nombre maximal de femelles. Dans une seconde partie, nous voulons comparer les mécanismes neuroendocriniens induisant une réactivation de l'axe gonadotrope en fonction de la période de contact: intermittente versus permanente. Dans ce cadre, nous utiliserons différentes mesures (dosage de la pulsatilité de LH, mesure des activations cérébrales par imagerie cérébrale fonctionnelle, et carcatérisation neurochimiques de population neuronale par immunocytochimie).

Coordinateur du projet

INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE - CENTRE DE RECHERCHE DE TOURS (Divers public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE - CENTRE DE RECHERCHE DE TOURS

Aide de l'ANR 277 496 euros
Début et durée du projet scientifique : novembre 2011 - 36 Mois

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