Partages, usages et modélisation de la donnée publique. Le vélo et la marche comme cas d'étude. – PUMDP
Une des conditions d'un fonctionnement plus durable des villes est une plus grande maîtrise des usages des ressources et infrastructures urbaines. Ce qui est en jeu c'est l'adaptation continue et dynamique de leurs capacités et taux d'occupation, et l'adéquation optimale entre la demande et l'offre urbaine. L'information, et, plus précisément, la donnée, est une des matières premières de cette maîtrise. Et cette maîtrise s'obtient le plus souvent lorsque des données de sources différentes se croisent pour fournir une vue plus complète du système : on pense à l'information multimodale sur les transports.
La donnée n'est pas neutre. Elle peut avoir un caractère personnel (même indirect). Elle dévoile quelque chose sur un environnement, un individu, un processus... Comme toute information, elle donne du pouvoir, ne serait-ce que du pouvoir d'agir. Le mouvement émergent et croissant du partage de la donnée est ainsi susceptible d'introduire de nouveaux pouvoirs et contre-pouvoirs, de nouveaux conflits, de nouveaux besoins et de nouvelles régulations. Parmi ces pouvoirs, il est fondamental de s'interroger sur le rôle du citadin. En tant que processus, la maîtrise des usages urbains peut en effet se traduire en aliénation pour les individus.
L'enjeu de la ville durable est tel que l'individu peut perdre progressivement des capacités de choix, qu'il doit assumer d'être un simple rouage et observé comme tel. Ou bien, le partage de l'information inclut l'individu comme agent actif et autonome et vise à l'impliquer dans la production de décisions individuelles et collectives qui contribuent à la ville durable. Cette alternative reste cependant à analyser et à comprendre. L'objectif de ce projet de recherche est donc d'identifier les conditions pertinentes d'un partage "gagnant-gagnant" de la donnée, où les enjeux systémiques et les motivations des acteurs sont tous les deux pris en compte.
La marche et le vélo sont des cas d'étude originaux et pertinents pour répondre à ces problématiques. L'information est l'un des prérequis essentiels à leur pratique massive. En effet, marche et vélo font intervenir une multitude de services informationnels centrés sur l'usager : cartographies et assistants de navigation, disponibilité en temps réel des vélos en libre-service, pollution de l'air, taux de circulation, accidentologie, accessibilités urbaines, etc. Destinataires privilégiés de la donnée, les marcheurs et cyclistes deviennent aussi producteurs de données, pour une large part inédites, via les capteurs numériques qui les équipent.
Le partage et la réutilisation de la donnée, à la fois pour définir de nouveaux outils de gestion des villes mais également de nouveaux services urbains soulèvent de nombreuses questions. Quels sont les effets escomptés des initiatives d'ouverture de la donnée sur les pratiques individuelles ? Comment mesurer ces effets ? Les réponses à ces questions sont des préalables nécessaires à la construction de nouveaux outils et services.
Le projet privilégie une approche territoriale.
* Les partenaires seront ainsi à même de rechercher les différentes données pertinentes au regard du cas d'étude et sur des territoires pilotes. Une analyse systémique de la fonction et de la circulation de la donnée sera proposée.
* Dans un second temps, une approche sociologique et prospective sera privilégiée pour investiguer les conditions nécessaires à un partage "gagnant-gagnant" de la donnée dans la perspective de la ville durable.
* Une recherche expérimentale sera conduite sur cette base en vue d'élaborer un outil de simulation et d’analyse des déplacements en milieu urbain et de représentation cartographique. Des méthodes d’évaluation de ce système de mobilité et de ses impacts environnementaux, économiques et sociaux seront ensuite élaborées.
Les différents résultats de ce projet de recherche fourniront des outils innovants pour une meilleure maîtrise d'usage de la ville.
Coordination du projet
Bruno MARZLOFF (MEDIA MUNDI (MM))
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
MM MEDIA MUNDI (MM)
FING FONDATION INTERNET NOUVELLE GENERATION
UTBM UNIVERSITE DE TECHNOLOGIE DE BELFORT-MONTBELIARD
Aide de l'ANR 136 964 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 18 Mois