Exposition de soi, Privacy et Réseaux d'Interaction – ESPRI
Les problèmes liés à la collecte de données personnelles et à l’intrusion de la vie privée (privacy) ont pris une ampleur nouvelle avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux numériques. L’utilisation d’Internet comme plateforme d’interactions sociales pose en effet de manière nouvelle les problèmes de privacy.
La collecte de données personnelles s’est considérablement décentralisée, Internet se présentant comme une mine à ciel plus ou moins ouvert de données sur les individus. Ceux-ci ont par ailleurs des comportements ambivalents, demandeurs d’une protection et prompts dans la pratique à donner volontairement ou involontairement des données sensibles. Ces transformations tiennent ce que le Web a évolué vers un Web participatif.
Que deviennent les problèmes de privacy et comment les réguler lorsque la cession de données personnelles est le produit d’interactions sociales sur des plateformes numériques dont l’économie repose sur l’exploitation de ces données ?
Pour être en mesure de traiter cette question, nous avons fait deux choix : l’interdisciplinarité et la focalisation sur l’analyse des comportements.
Les problèmes de privacy soulèvent des questions économiques, juridiques, sociologiques, techniques et bien d’autres encore. Ces questions étant étroitement liées, il est difficile de les comprendre par une stricte approche disciplinaire. Nous avons souhaité développer une interdisciplinarité raisonnée en nous limitant aux SHS et à l’intérieur de ce champ à l’économie, au droit et à la sociologie.
Notre second choix porte sur l’analyse des comportements. L’hypothèse d’une transformation en cours des problèmes de privacy nous conduit à nous intéresser aux pratiques réelles des offreurs et des utilisateurs de services d’interaction sur le Net.
Concernant les problèmes de privacy vus sou l’angle des offreurs, nous analyserons deux sources de données, les chartres de privacy mises en place par les offreurs et une base de données sur les plaintes recueillies par la CNIL depuis 30 ans. L’analyse des chartes fait l’objet de plusieurs méthodologies : exploitation économétrique des données, jeux expérimentaux en laboratoires, entretiens qualitatifs. L’analyse quantitative des plaintes doit permettre de tester l’hypothèse d’une évolution au cours du temps des problèmes de privacy.
Le deuxième aspect porte sur l’exposition de soi sur Internet. Comprendre ce comportement, est un facteur essentiel de compréhension des problèmes actuels de privacy. Nous analyserons les déplacements de l’impudeur sur les réseaux sociaux numériques. Le relâchement du sentiment de pudeur prenant plusieurs formes, il s’agit d’analyser à l’aide d’entretiens qualitatifs les motivations des diverses formes d’impudeur sur le Net. Cette étude est prolongée par une analyse économique du dilemme entre les risques et les avantages (services rendus) que comporte l’exposition de soi sur les réseaux numériques, en recourant à diverses méthodologies (enquête quantitative auprès de deux types de population, étude expérimentale en laboratoire et entretiens qualitatifs). Enfin, une dernière étude s’attachera à analyser les comportements individuels face à l’appropriation des services de géolocalisation qui posent de redoutables problèmes de traçabilité des individus.
La phase finale du projet consiste à élaborer des scénarios juridiques adaptés aux problèmes de privacy sur les réseaux numériques en cherchant de nouveaux points d’équilibre entre l’évolution des comportements individuels, les modèles économiques des services offerts et le respect de principes généraux.
Le résultat escompté du projet est de contribuer à orienter la nécessaire régulation des problèmes identifiés. Un grand nombre d’options sont en effet possibles, de l’autorégulation à la nécessité de nouvelles réglementations.
Coordination du projet
Alain Rallet (UNIVERSITE DE PARIS XI [PARIS- SUD])
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
ADIS UNIVERSITE DE PARIS XI [PARIS- SUD]
CERDI UNIVERSITE DE PARIS XI [PARIS- SUD]
FT FRANCE TELECOM
Aide de l'ANR 376 184 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 24 Mois