BIOTECS - Biotechnologie pour la Santé 2010

Sécurisation des composés sanguins vis-à-vis de la transmission du prion lors des transfusions sanguines – BLOODSECUR

Résumé de soumission

La variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (v-MCJ) est liée à la transmission de l’agent de l’Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB) à l’Homme, vraisemblablement par voie alimentaire. Initialement identifiée en Grande-Bretagne en 1986, cette maladie aurait pu toucher jusqu’à un demi-million de consommateurs selon les premières estimations. On estime à près de 2 millions le nombre de bovins contaminés et non diagnostiqués entrés dans l’alimentation humaine. L’exposition humaine au risque fut excessivement hétérogène : les cas cliniques reportés jusqu’à présent (plus de 215 à l’échelle mondiale) correspondraient aux individus exposés à de très fortes doses, tandis que 10 à 100.000 fois plus de consommateurs auraient été exposés à des doses d’autant plus faibles. La situation exacte de ces individus vis-à-vis du prion (non infectés, porteurs sains, patient en incubation longue) reste cependant à définir.
En parallèle du risque alimentaire, la présence d’agent infectieux dans les organes périphériques des patients atteints de v-MCJ a rapidement suggéré la possibilité d’une transmissibilité secondaire inter-humaine, par le biais d’instruments médicaux contaminés, de greffes d’organe ou de produits sanguins. C’est cette dernière source qui a pour le moment été observée, avec la description en Grande-Bretagne de 4 cas de contaminations potentielles par transfusion sanguine de concentrés de globules rouges (à l’époque non déleucocytés). Pour l’un d’entre eux, le donneur développa la maladie plus de trois ans après le don incriminé, suggérant une longue période à risque silencieuse en l’absence de tests diagnostiques sanguins à ce jour.
Le spectre s’est étendu avec la découverte en 2009 d’un cas de vMCJ chez un patient britannique hémophile, surveillé pour avoir été traité avec des dérivés d’un lot de plasma dont l’un donneurs a développé ultérieurement une vMCJ. Ce cas suggère que, malgré les étapes de dilution liées aux pools des plasmas et les différentes étapes mises en place pour sécuriser les produits plasmatiques, ceux-ci sont exposés au risque.
En l’absence de test efficace des donneurs en incubation silencieuse de vMCJ, cette sécurisation passe nécessairement par la mise en place de méthodes d’élimination des prions, comme recommandé il y a quelques mois par un comité d’experts indépendants britannique.
Au cours d’un précédent projet financé par l’ANR (RIB2005 PRIONSECUR), un filtre (P-CAPT) a été développé et validé pour sécuriser les concentrés de globules rouges. Le projet actuel a pour but de renforcer la sécurité des produits sanguins en complétant la validation du filtre P-CAPT sur la base de l’infectiosité sanguine endogène dans un modèle expérimental unique de primate, considéré comme le modèle le plus pertinent de la situation humaine.
En parallèle, nous proposons de développer et de valider, selon la même approche et la même méthodologie, de nouveaux outils pour sécuriser le plasma. En effet, la sûreté du plasma et de ses dérivés vis-à-vis des prions est à ce jour hétérogène.
Enfin, l’administration de faibles doses infectieuses au primate a permis de confirmer dans ce modèle l’existence de porteurs sains et d’ individus sub-cliniques potentiellement sources de contaminations supplémentaires. Parmi ces individus, certains ont récemment développé des tableaux cliniques atypiques et les tests classiques sont négatifs, ce qui suggère que ces formes échapperaient au diagnostic chez l’homme. Ces animaux modélisent la majeure partie de consommateurs exposés à un faible risque, ce qui suggère un problème de santé publique majeur si la situation était identique chez l’Homme. Nous proposons, dans le cadre de ce projet, d’évaluer la pertinence de ce risque, et de s’assurer de l’efficacité des outils précédemment développés et proposés ici vis-à-vis de ces nouvelles formes de maladies à prion.

Coordination du projet

CHRYSLAIN SUMIAN (MACO PRODUCTION)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

MACO MACO PRODUCTION
CEA CEA - DIRECTION DU CENTRE DE FONTENAY-AUX-ROSES

Aide de l'ANR 980 830 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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