JCJC - Jeunes chercheuses et jeunes chercheurs 2008

– GENIUS

Résumé de soumission

Le projet porte sur la notion de généricité et son expression en langue. Depuis la parution de l'ouvrage collectif 'The Generic Book' (Carlson et Pelletier (éds.), 1995), les recherches sur la généricité se sont développées dans des directions très diverses. Le principal mérite du 'Generic Book' fut de mettre en place une terminologie unifiée, permettant ainsi d'ouvrir la voie à des études spécifiques dont les résultats devaient être cumulatifs. Les recherches que ce livre a suscitées se sont centrées sur l'étude de la syntaxe et de la sémantique de la généricité et ont connu des avancées importantes. Cependant, l'élargissement du domaine empirique et le développement d'outils théoriques de plus en plus puissants font qu'il est aujourd'hui devenu impossible de faire l'impasse sur les interfaces entre syntaxe et sémantique avec les nouvelles logiques (comme la logique plurielle, aspect central pour la compréhension de la généricité) ou d'ignorer des débats ayant lieu dans la littérature philosophiques autour des notions de capacité ou disposition. D'autre part, l'intérêt croissant pour la syntaxe et la sémantique a laissé peu de place à la pragmatique de la généricité : on ne trouve pas de vraie caractérisation des contextes favorisant l'émergence d'une interprétation générique, ni d'étude poussée sur les relations entre généricité et prosodie. L'ambition de notre projet est de renouveler la problématique en articulant des questions proprement linguistiques (syntaxe et sémantique) à la logique (pour les choix de modélisation) et à la philosophie du langage (pour la pragmatique). Nous voulons en particulier : (i) Reconsidérer les questions ontologiques liées à la généricité, à la lumière des travaux des philosophes et des logiciens sur les pluralités et les propriétés. Doit-on postuler à côté des individus particuliers, des espèces ? Les espèces sont-elles des entités primitives, ou simplement le résultat de constructions mobilisant des opérations nouvelles ? Quelles différences existe-t-il entre une espèce et un ensemble d'individus ? Entre une espèce et un ensemble de propriétés ? Faut-il opter pour une ontologie riche, avec des espèces et/ou des propriétés, ou pour une ontologie pauvre, quitte à enrichir les opérations? Avant de répondre à ces questions, il faut mesurer les conséquences théoriques des différents choix, et c'est pourquoi la collaboration entre linguistes et logiciens est cruciale. L'investigation de cette question mettra le groupe nominal sujet au centre du débat. (ii) Revenir sur la distinction entre les quantificateurs 'GEN' et 'HAB'. Alors que l'on identifie traditionnellement deux domaines de quantification, les individus et les événements, sur lesquels opèrent respectivement GEN et HAB, nous nous demandons (i) si cette distinction est suffisante, et (ii) quels sont les domaines empiriques de son application. En confrontant les travaux récents des linguistes sur les types de prédicats pouvant donner lieu à des phrases génériques (la distinction entre prédicats 'stage-level' et 'individual-level' ayant montré ses limites) aux travaux des philosophes sur les dispositions, sur la différence entre propriétés essentielles et accidentelles, ainsi qu'aux travaux menés dans le cadre des logiques de l'action (qui conduisent à poser l'existence de capacités dite dépendantes de l'action), on peut largement renouveler les recherches sur ces deux questions. Nous nous consacrerons, là, essentiellement au groupe verbal. (iii) Enfin, sur le plan linguistique, il nous semble essentiel d'articuler les questions de syntaxe et sémantique avec une perspective pragmatique. On sait qu'il n'existe pas dans les langues de formes dédiées à l'expression de la généricité, seul le contexte permet de distinguer l'interprétation générique de l'interprétation spécifique d'un énoncé comme 'Les chiens aboient'. Il est générique s'il est suivi de 'alors que les chats miaulent', et spécifique s'il est suivi de 'et ça empêche le bébé de dormi

Coordination du projet

Organisme de recherche

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 79 329 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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