CES - Contaminants Ecosystèmes et Santé 2008

Flux de contaminants et fonctionnement des écosystèmes littoraux provençaux: transferts sol-eau-biocénose – MARSECO

Résumé de soumission

Dans le contexte de l’exceptionnelle richesse floristique du littoral méditerranéen, les problèmes d’urbanisation et de pollution pèsent lourdement sur l’environnement. En effet, le littoral méditerranéen, «hotspot» de biodiversité, est également un «hotspot» de croissance démographique humaine et constitue ainsi un des exemples phares pour le suivi du devenir des espaces sensibles. Dans l'état actuel des choses, le littoral méditerranéen est bien ancré dans une situation paradoxale : les formations végétales littorales péri-urbaines, remarquables et originales, présentent un taux élevé d'endémisme et/ou de rareté, et pourtant les habitats et les espèces qui leurs sont inféodés sont soumis à des perturbations environnementales et anthropiques croissantes. Une illustration flagrante de ce paradoxe est la présence de nombreuses espèces patrimoniales rares et menacées sur des sites présentant un fort taux de pollution, comme c’est le cas pour la rade sud-est de Marseille. Aux portes du massif des Calanques, la végétation se trouve prise en étau entre les pollutions de l’ancien site industriel de l’Escalette et celles de l’émissaire de Cortiou dont les contaminants organiques et inorganiques se retrouvent associés aux embruns. Une présence non négligeable d’éléments traces métalliques a été détectée dans les sédiments marins situés en bordure du site. Une étude des risques sanitaires réalisée par l'INVS (2004-2005) a montré que le fait de résider dans cette zone pouvait entraîner un risque pour la population. De plus, malgré une politique européenne contraignante en matière d’environnement, les effluents urbains de Marseille sont évacués au cœur du massif des Calanques, après un simple traitement physico-chimique basé sur une séparation physique des composantes liquides et solides des effluents et l’ajout de floculants chimiques. Ce procédé est efficace pour abattre la charge volumique en particules, mais il ne permet pas d’éliminer la charge organique dissoute et biodégradable. Ceci entraîne ainsi un accroissement des sols pollués et des embruns chargés en hydrocarbures et tensio-actifs le long des côtes et des îles et aggrave considérablement les impacts de ces embruns sur les formations végétales. Malgré les améliorations apportées récemment par le dernier étage de biofiltration de la station d’épuration GEODE, il subsiste 15% des agents tensio-actifs rejetés à la mer qui agissent à la fois sur le milieu marin et le milieu littoral par le biais des embruns. Face à la complexité de cette situation (sites post-industriels dans une zone de forte biodiversité, zone habitée et affluence touristique saisonnière, embruns marins pollués) ce projet se propose d’étudier dans sa globalité la pollution des divers compartiments (sol, eau et biocénose), les flux des contaminants (éléments traces métalliques et polluants organiques) et la compréhension des relations entre organismes de la biocénose (notamment l’écologie microbienne et la phytocénose) dans une vision intégrative. Les résultats de ces travaux devront déboucher sur la compréhension du fonctionnement de ces écosystèmes et ouvrir vers des voies de conservation des espèces rares et de réhabilitation du site et de sites similaires multipollués. In fine, l’objectif de ce projet sera, à la lumière des connaissances acquises sur les diverses pollutions du site, leur compartimentation dans l’écosystème et les transferts de pollution, d’évaluer le risque pour la santé humaine sur le site.

Coordination du projet

Université

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 750 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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