Impact environnemental des résidus de dégradation des nanomatériaux (RDNs) commercialisés: devenir, biotransformation et toxicité vis à vis d'organismes cibles d'un milieu aquatique – AgingNano&Troph
L’avènement des nanotechnologies laisse augurer des développements technologiques, scientifiques, et commerciaux à un niveau tel que certains considèrent que nous sommes en train de vivre une véritable révolution technologique, industrielle et peut-être même sociétale. Mais suite à de nombreuses crises sanitaires, la société ne manifeste pas seulement de l’enthousiasme aux progrès promis par les nanotechnologies mais elle se pose aussi de nombreuses questions quant à l’innocuité environnementale et pour la santé humaine. Même si quelques travaux scientifiques existent la compréhension des mécanismes de dispersion dans l’environnement et de toxicité des nanomatériaux n’est que parcellaire. De plus il existe une certaine confusion entre les termes nanoparticules et nanomatériaux. Un récent article de revue (sept 2007) indique que les 428 articles recensés traitant des effets biologiques (toxicité et cytotoxicité principalement) n’expérimentent que des nanoparticules modèles dispersées. Or une grande partie des nanoparticules mises sur le marché, subissent des traitements et surtout elles sont principalement incorporées au sein de matrices. On peut citer les exemples des nanoparticules de TiO2 recouvertes d’AlOOH et de polydiméthylsiloxane pour leur utilisation dans des crèmes solaires, ou de nanoparticules de CeO2 ou TiO2 incorporées en surface de verres pour les rendre autonettoyants etc... Ainsi, en parallèle des travaux concernant l’impact de nanoparticules modèles dispersées, il devient urgent de s’intéresser à l’impact environnemental et sociétal de nanomatériaux ou nanocomposites déjà commercialisés pour lesquels nous ne disposons d’aucune donnée. L’objectif de notre projet AgingNano&Troph est de mettre en place un groupe pluridisciplinaire (physico-chimistes, chimistes, biologistes, micro-biologistes, écotoxicologues, médecins génotoxicologues) afin de déterminer les mécanismes de dégradation de quatre catégories de nanomatériaux commercialisés (parmi les 7 existantes)1 et de caractériser la nature, la structure et les propriétés physico-chimiques des Résidus formés. A partir de cette description, le comportement de ces résidus de dégradation sera étudié sur un ensemble de cibles biologiques (micro-organismes, algues, invertébrés, poissons, cellules humaines via des des modes d’exposition et de transfert par l’eau et la nourriture. Il s’agira à la fois de caractériser les bio-transformations des Résidus de Dégradation des Nanomatériaux (RDN) (bioaccumulation, biodégradation, biopersistence), de déterminer leurs effets biologiques pour des expositions chronique de faibles doses. La toxicité et écotoxicité au niveau moléculaire, cellulaire et des individus des RDNs sera comparée aux nanoparticules modèles dispersées.
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
CEA MARCOULE
COMMISSARIAT A L'ENERGIE ATOMIQUE CENTRE D'ETUDES NUCLEAIRES DE FONTENAY AUX ROSES
INSTITUT NATIONAL DE L'ENVIRONNEMENT INDUSTRIEL ET DES RISQUES
Aide de l'ANR 550 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois