Le Corps mort : Recherches sur l'histoire des Pratiques et du Statut du cadavre dans l'Europe méridionale XVIIIe – milieu XXe siècle – coRPS
L'objectif du projet CoRPS est de replacer dans une perspective historique c'est-à-dire évolutive, les statuts, les usages et les pratiques sociales dont le corps mort a été et est l'objet dans l'espace méditerranéen (France, Italie, Espagne, Portugal), à l'époque moderne et contemporaine, en particulier au moment de la mise en place, entre le milieu du XVIIIe siècle et le milieu du XXe siècle, d'un « nouveau régime de la mort », suivant des modalités et une chronologie assez différentes selon les pays. Ce projet se situe au confluent des recherches menées sur l'histoire des attitudes collectives face à la mort et de recherches plus récentes sur l'histoire du corps. Son originalité réside justement dans cet aspect concret de l'objet d'étude, qu'est le corps devenu cadavre ; il s'agit de restituer au plus près les gestes et les pratiques qui l'ont entouré pour percevoir en amont quelles logiques et quelles représentations les sous-tendent. Le projet entend ainsi contribuer à apporter aux recherches actuelles des sciences sociales sur la place des morts dans nos sociétés une épaisseur historique et une approche évolutive qui leur font souvent défaut. Ce projet est porté par une équipe d'historiens modernistes et contemporanéistes travaillant sur l'ensemble de l'aire méditerranéenne (France, Italie, péninsule ibérique), complétée de philosophes, juristes, anthropologues, sociologues, médecins, ayant une solide expérience du travail collectif, comme en témoigne leur implication dans des actions antérieures de recherche et de publications (voir fiche publication infra). Les principaux axes de recherche envisagés sont - La prise en compte évolutive de l'ensemble des rites mortuaires et des lieux où ils se déroulent (derniers moments, soins, préparation et présentation du corps mort, veille) - L'étude, peu explorée jusqu'ici, des procédés de conservation des corps. - L'étude des différentes utilisations, en particulier scientifiques (de la dissection à la préparation de pièces de musées) et mémorielles (diverses formes de reliques), du cadavre et une première exploration problématique de certaines de ses représentations religieuses (une spécificité de la représentation du corps mort du Christ ?) et fictionnelles (au théâtre et à l'opéra). - La « gestion sociale courante » des corps morts : les rites funèbres (acteurs des pompes funèbres, rituels d'obsèques, modes de transport du corps, formes d'inhumation, de crémation) - L'organisation des sépultures (naissance et développement du cimetière contemporain entre hygiène et imaginaire social). Le problème de l'exhumation. Celui de la ritualité de la crémation. - Les cas spécifiques seront également envisagés; formes de marginalisation des corps (corps anonymes de la morgue, corps des condamnés à mort, foetus) ; cas de mort en masse (guerres, massacres, mortalités aiguës épidémiques, catastrophes) ; corps absents (morts en mer ou en montagne ; corps des disparus politiques). Le problème des cénotaphes et mémoriaux. - Enfin la gestion des restes des animaux de compagnie nous a semblé pouvoir être un intéressant révélateur de sensibilités.
Coordination du projet
Université
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Partenariat
Aide de l'ANR 76 128 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois