Le travail scientifique interdisciplinaire : réalités et contraintes – TRASCINTER
Notre travail consiste à questionner la réalité du travail interdisciplinaire. Plus précisément, nous cherchons à décrire les activités des chercheurs issus des différentes disciplines, s'opposent en se repliant sur leurs positions, défendent leurs spécificités et territoires, s'efforcent de dialoguer, parviennent (ou non) à produire des nouvelles connaissances, dans des institutions labellisées « interdisciplinaires »… Pour répondre à cette exigence de saisir les modalités du travail interdisciplinaire, nous construirons un espace de variation avec une relative unité garantissant la co-existence de plusieurs disciplines souhaitant dialoguer. Nous avons choisi de porter l'analyse sur un objet qui convoque une pluralité de disciplines : les sciences du sport. Le sport, unanimement qualifié d'objet pluridisciplinaire, présente l'avantage de figurer comme un enjeu théorique et empirique pour les sciences dites « dures » (comprenant la valence « technique » induite par les « sciences de l'ingénieur » mais aussi des liens avec des questions de santé) et pour les sciences humaines et sociales. Pour mener à bien ce projet, nous proposons de partir des travaux menés par les trois laboratoires associés et de créer des outils informatiques collaboratifs visant à comparer nos données et nos analyses, d'enrichir collectivement le matériau empirique nécessaire et de construire l'espace de raisonnement nécessaire pour la production de nouvelles connaissances sur cet objet. Ainsi, la proposition vise simultanément deux objectifs : saisir les tensions et les processus qui sont liés à l'engagement de plusieurs disciplines convoquées sur des objets appartenant à un même domaine (le sport) ; se doter d'outils permettant un travail collaboratif entre différentes équipes. Nous souhaitons, ainsi, participer au renouveau du développement d'outils pour les sciences humaines et sociales, partager des métrologies qui permettent de réaliser des expériences sur des corpus de textes et d'assurer ainsi une traçabilité du raisonnement (Chateauraynaud, 2003). Notre projet de se doter d'outils collaboratifs dépasse la volonté de créer un « espace virtuel de travail » où l'on s'échangerait des documents. Il s'agit de construire les dispositifs visant non seulement à partager des fichiers mais à permettre de raisonner collectivement. Pour ce faire, nous tenons à tirer parti des avancées récentes en socio-informatique qui portent sur le développement d'un investigateur sociologique. Les chercheurs mobilisés sur ce projet disposent de deux ressources majeures : d'une part, ils possèdent des corpus sur des « dossiers sportifs » constituant un espace de variation pertinent pour l'approche de ces questions liées à l'interdisciplinarité. D'autre part, ils possèdent des outils communs. Fort de ces deux atouts, il convient à la fois de consolider les corpus afin de rendre visibles les propriétés interdisciplinaires et de faire évoluer ces instruments vers une meilleure collaboration afin d'envisager des modèles permettant de saisir notre objet. Sept corpus sont proposés. 1) Un corpus historique dans lequel la question de l'interdisciplinarité dans les sciences du sport a conduit à une série de controverses depuis les années 1970 interrogeant la multidisciplinarité organisée autour de l'éducation physique et du sport. 2) Un corpus concernant les recherches sur la performance sportive (inventaire des thèses depuis 1945, rapports d'activités de laboratoire, entretiens avec des directeurs de laboratoires). 3) Un corpus sur les résultats publiés de la recherche (actes des congrès des sociétés savantes, revues et périodiques scientifiques ou plus vulgarisés). 4) Un corpus sur l'enseignement et la formation (écrits relatifs à des prises de position des acteurs sur la discipline STAPS, le contenu de la formation, la recherche, entretiens et notes prises dans le cadre d'une observation ethnographique menée depuis plusieurs années sur diverses scènes de la discipline STAPS). 5)
Coordination du projet
Université
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Partenariat
Aide de l'ANR 280 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois