Entrepôts et structures de stockage dans le monde gréco-romain antique – Entrepots
Le programme « Entrepôts et structures de stockage dans le monde gréco-romain antique » propose une étude des systèmes de stockage et des bâtiments servant d'entrepôts dans le monde antique. Cette étude est au cœur de l'histoire économique de civilisations qui ont dû gérer l'approvisionnement de leurs populations non rurales dans des conditions techniques (rendements agricoles, système de transports par terre et par voie d'eau, nécessité de prévoir des périodes de soudure...) requérant le stockage à moyen ou long terme d'une partie des réserves alimentaires. Si l'historiographie s'intéresse depuis une vingtaine d'années à ces problèmes (voir entre autres P. Garnsey, Famine et approvisionnement dans le monde gréco-romain, Paris, 1996 (trad. de l'éd. anglaise de 1988) et P. Erdkamp, The Grain Market in the Roman Empire, Cambridge, 2005), les systèmes de stockage et les entrepôts, au cœur du dispositif, ont été peu étudiés depuis la synthèse ancienne de G. Rickman (Roman Granaries and Store Buildings, Cambridge, 1971) qui ne concerne que le monde romain. Pourtant, les études de terrain se multiplient ces dernières années, mais restent le fait d'équipes isolées, se centrent sur l'enquête archéologique et prennent peu en compte les données historiques d'ensemble. Dans ce contexte, le programme, prévu sur quatre ans, a un triple objectif. - Il prévoit d'une part des enquêtes de terrain ciblées, portant sur des bâtiments déjà dégagés et jamais publiés, dont on veut éclairer par l'étude des structures encore en place et la reprise des archives des fouilles précédentes l'insertion spatiale, les différentes phases du bâti, l'organisation interne, la nature des activités qui s'y déroulaient et les moyens mis en œuvre pour la conservation des denrées. Trois sites ont été retenus : à Ostie – Portus (Italie), l'enquête, de portée générale, sera plus spécialement centrée sur un complexe d'Ostie (les horrea d'Hortensius) et un bâtiment de Portus (les magasins de Trajan) ; à Hergla (Horrea Caelia, Tunisie), l'étude concerne un ensemble à cour centrale situé en bord de mer, relevé au cours de l'enquête sur le littoral tunisien menée dans les années 1990 par P. Trousset (CNRS-CCJ) et H. Slim (INP de Tunis) ; à Délos (Grèce), il s'agit de reprendre l'examen des édifices commerciaux considérés comme des entrepôts depuis l'époque des fouilles dans le quartier du théâtre, celui de Skardhana et le quartier Sud. - Ces études sont destinées à entrer d'autre part dans une synthèse des connaissances actuelles sur les entrepôts antiques, qui constitue le second objectif de ce programme. L'ambition est de fédérer les recherches de terrain actuellement menées par différentes équipes internationales et de les intégrer aux questions historiques qui se posent à propos des édifices de stockage. Qui sont les propriétaires des entrepôts ? C'est le problème de la part des autorités publiques et des personnes privées dans le ravitaillement antique qui est soulevé. Quelles sont les modalités de gestion de ces bâtiments ? L'enquête épigraphique sur les personnels travaillant dans ces magasins doit être menée de manière systématique. Ces locaux étaient-ils tous spécialisés dans le stockage, ou stockage et distribution pouvaient-ils coexister et selon quelles modalités ? Pour répondre à cette question, il convient de croiser les données de terrain avec les sources écrites. Il est prévu de traiter entre autres ces problèmes par l'organisation de deux colloques généraux et de quatre tables rondes thématiques. - Enfin, le dernier objectif est d'assurer la diffusion des résultats acquis et de créer un instrument de travail permettant d'accompagner les recherches futures sur les entrepôts que le présent programme a l'ambition de susciter au-delà de son terme. Il ne s'agit donc pas seulement de prévoir une publication des résultats majeurs acquis au cours de ces rencontres, mais d'ouvrir un site en ligne constituant un inventaire des entrepôts du monde gréco-romain, comporta
Coordination du projet
Catherine VIRLOUVET (ECOLE FRANCAISE DE ROME)
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Partenariat
EFR ECOLE FRANCAISE DE ROME
Aide de l'ANR 319 994 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois