R.&D., innovation et transformation des entreprises : validité et apports d'une théorie des régimes de conception – RITE
1- contexte scientifique et objectifs du projet 2- description du projet, méthodologie 3- résultats attendus Objectifs du projet Ce projet vise à développer et valider une théorie des régimes de conception permettant de mieux expliquer : 1. la variété et l'efficacité des formes de R&D et d'innovation dans les entreprises 2. les évolutions et les crises des entreprises confrontées à une compétition intensive par l'innovation ainsi qu'à de nouveaux rapports entre conception et fabrication 3. l'efficacité relative des politiques publiques de l'innovation selon les régimes de conception Contexte scientifique Ce projet est rendu nécessaire et possible par plusieurs évolutions scientifiques : - nécessaire en raison de l'épuisement, confirmé par la littérature, du paradigme de la production (trajectoires technologiques, dynamiques industrielles,…) pour expliquer l'accroissement et les mutations des activités de conception (essor des activités de R&D, de design, des bureaux d'études,…). Nécessaire aussi du fait des limites des approches classiques de l'innovation (réseaux, capacités dynamiques, etc.) pour comprendre les stratégies des entreprises. - possible en raison d'un développement important des travaux sur les activités de conception dans plusieurs équipes françaises et, pour les sciences de gestion, du potentiel scientifique de la théorie de la conception (Hatchuel et Weil 2001) qui offre une modélisation puissante et nouvelle de ces activités. S'opposant au modèle d'optimisation des facteurs, issu de la rationalisation classique du producteur, cette théorie explique la rationalité expansive des activités de conception (Hatchuel 2002) et la prolifération organisée des innovations dans les économies modernes. Cette théorie montre aussi que l'accroissement des connaissances n'explique pas la capacité de conception des entreprises. Celle-ci dépend de concepts projecteurs originaux dont l'exploration guide les processus collectifs d'innovation. En retour, le développement de concepts dépend de la production de connaissances originales. Etudier la conception au niveau d'une firme (ou de collectifs), c'est analyser les conditions cognitives, organisationnelles et sociales de cette double expansion des concepts et des connaissances. En théorie, on peut opposer un régime pur de « la mode » qui repose sur l'originalité des concepts, à un régime « scientifique » fondé sur la maîtrise accrue d'un phénomène. En réalité, entre ces extrêmes, il y a une variété de régimes de conception dont ce projet veut étudier les conditions d'existence et d'efficacité. Un programme empirique Le cadre formel de la théorie de la conception a reçu plusieurs validations. Il aide à distinguer les régimes de conception réglée des régimes de conception innovante plus adaptés à la compétition intensive par l'innovation et qui mettent à mal les équipes de R&D et les laboratoires universitaires (Le Masson, Weil, Hatchuel 2006). Sur ces bases, ce projet veut franchir une nouvelle étape : l'élaboration d'une typologie des régimes de conception innovante, en étudiant des entreprises soumises à des enjeux de conception différents par le rythme et l'ampleur d'évolution des concepts et des connaissances. Cet objectif a guidé le choix d'une méthodologie d'études de cas multiples (Eisenhardt et Graebner 2007). Six terrains empiriques présentant a priori des régimes de conception novateurs et différenciés ont été sélectionnés : 1. L'adaptation d'entreprises industrielles traditionnelles à de nouveaux concepts d'exploration-exploitation pétrolière (Vallourec et Schlumberger) 2. Une start up développant des nanothérapies anticancéreuses (Nanobiotix), 3. L'industrie du semi-conducteur au-delà de la loi de Moore : STMicroelectronics et le consortium ITRS 4. Une entreprise des NTIC confrontée à la convergence numérique (Sagem-Safran) 5. Les stratégies d'éco-conception dans l'automobile (Volvo) et la construction (Vinci). 6. Les industries du logiciel face aux communautés en open source (Thalés) Dans chaque cas, les évolutions des régimes de conception seront étudiées selon quatre descripteurs, originaux : les raisonnements de conception (dynamique des concepts et des connaissances), les logiques de gestion et d'organisation, les régulations inter-firmes ou publiques, les modèles d'usage et de consommation. Ces investigations devraient consolider une théorie socio-cognitive et contingente des régimes de conception. Un programme théorique interdisciplinaire Quoique situé en sciences de gestion, ce projet a de profondes implications en Economie de l'innovation, en Sociologie de l'entreprise et en Histoire industrielle. Aussi, prévoit-il un groupe de contrôle et d'investigation théoriques pluridisciplinaire permettant d'évaluer la cohérence et l'intérêt d'une théorie des régimes de conception et ses implications dans chacun de ces corpus. Résultats attendus En combinant renouvellement théorique et résultats empiriques inédits ce projet peut contribuer : i) à une avancée de la recherche en gestion et en économie sur des questions cruciales pour la compétitivité des entreprises et des territoires ; ii) à de nouvelles politiques de l'innovation visant le renforcement des capacités et des méthodes de conception innovante dans les entreprises, les laboratoires, ainsi que les Ecoles d'ingénieurs ou de gestion.
Coordination du projet
Université
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Partenariat
Aide de l'ANR 190 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois