ENTR - Entreprises et formes d'organisation économique 2007

– REBEL

Résumé de soumission

Les recherches des vingt dernières années sur l'étendue et la sophistication grandissantes du pouvoir managérial ont pu faire douter certains chercheurs de l'intérêt même du concept de résistance. L'objectif du projet REBEL est néanmoins de contribuer au renouveau des recherches sur la résistance en privilégiant l'idée que les individus ont aujourd'hui des possibilités renouvelées de contester l'hégémonie managériale. Nous faisons l'hypothèse que, ce faisant, les individus contribuent largement à transformer les organisations. Nous cherchons alors à conceptualiser la notion de résistance créative afin d'analyser comment des actes de résistance peuvent constituer les moyens principaux de changement des organisations. Nous faisons aussi l'hypothèse que les dynamiques sociales et politiques significatives des organisations seront de plus en plus opérées via des actes singuliers et critiques (actes de résistance) et que les grands mouvements unitaires ne permettent plus de rendre compte de façon exhaustive de ces dynamiques. Partant de la critique de l'orthodoxie de la pensée 'défaitiste' qui considère la résistance comme une figure du passé, le projet REBEL va analyser comment des populations particulièrement qualifiées (experts et managers) peuvent réinventer les formes de travail à travers la contestation de certaines règles du jeu prévalentes dans les organisations actuelles. Nous analyserons plus particulièrement deux situations de résistance. D'abord, les exits, volontaires et contraints, à travers lesquels des 'inflexions cognitives' à moyen et long terme sont susceptibles de modifier profondément les règles du jeu. Le départ d'un individu 'clé' peut laisser des traces profondes et durables que nous chercherons à identifier et comprendre. Nous nous intéressons en second lieu aux enclaves non-conformistes, c'est-à-dire aux groupes d'individus qui rejettent certaines règles du jeu, et qui challengent publiquement ces règles sans chercher pour autant à détruire l'organisation ou à remplacer ses leaders. Ce type de situation permettra d'analyser des résistances plus collectives d'une part, et endogènes d'autre part, c'est-à-dire supposant par définition la présence 'physique' au sein même des systèmes contestés. L'étude des "exits" et des "enclaves non-conformistes" se fera pas la promotion d'une méthode fondée sur le repérage et l'analyse d'histoires de résistance. Notre méthode s'appuie sur l'argument selon lequel résister suppose de faire un diagnostic personnel sur un contexte social, et de s'appuyer sur ce diagnostic pour enclencher un mouvement de contestation de ce qui est supposé donné, immuable dans les relations de pouvoir. Les histoires nous révéleront comment les individus, dans des contextes donnés, voient les structures managériales comme reliées soit à des opportunités d'agir, et pas uniquement à des nécessités d'obéir, soit à des obligations difficilement négociables. L'analyse des exits et des inflexions cognitives consécutives se basera sur des interviews de personnes ayant quitté les organisations et sur des interviews avec des observateurs privilégiés de ces exits à savoir: Directeurs de Ressources Humaines ou gestionnaires de carrières, managers, collègues de travail. Les enclaves seront analysées à travers des monographies d'entreprises au sein desquelles des enclaves non-conformistes auront pu être identifiées : interviews avec les leaders de ces groupes, avec des acteurs de ces groupes voire des individus 'observateurs' fourniront le matériau permettant de comprendre les conditions dans lesquelles des sous groupes résistants peuvent produire des transformations durables ou des innovations significatives et acceptées par la hiérarchie. 100 histoires d'exits et une dizaine de monographies seront réalisées. Le projet se déploiera via la création d'un Observatoire de la Résistance dans les Environnements Economiques (OREE). Cet observatoire servira à la fois de lieu de collecte et d'accumulation d'histoires singulières de résistance et de lieu d'échange et d'organisation d'évènements académiques et non académiques autour des phénomènes contemporains de résistance. Un site internet sera crée afin de recueillir un maximum d'histoires dans toute leur diversité. Celles, jugées significatives par rapport à notre concept de résistance créative, seront l'objet d'approfondissements. Une conférence européenne sera organisée à la fin du projet. Des publications seront par ailleurs réalisées tout au long du projet, et un rapport pour l'ANR sera rédigé et remis en juillet 2009. Chaque année, nous organiserons une conférence à destination d'un public de chercheurs et de non chercheurs afin de débattre de nos résultats et d'envisager le caractère massif de la résistance comme mode non seulement de contestation des règles, mais comme mode de promotion de règles et de valeurs alternatives. La volonté de créer un observatoire de la résistance qui perdure dans le temps vise à nous donner les moyens de repérer des dynamiques dans les conceptions sous-jacentes de la résistance, notre hypothèse étant celle d'une 'revalorisation progressive' de la résistance dans les sociétés occidentales.

Coordination du projet

Université

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 140 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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