Milieu de vie et santé: la gestion des maladies transmissibles vectorielles à la réunion à partir de l'exemple du Chikungunya – ANTHROPO-MTV
MILIEU DE VIE ET SANTE : LA GESTION DES MALADIES TRANSMISSIBLES VECTORIELLES A LA REUNION A PARTIR DE L’EXEMPLE DU CHIKUNGUNYA Le chikungunya est une infection par un virus de la famille des arboviroses transmis par un moustique du genre aedes, l’aedes abopictus, considérée comme une maladie bénigne jusqu’au pic épidémique du printemps 2006 à l’Île de la Réunion. L’épidémie a surpris par son intensité, l’apparition de formes graves et a laissé les professionnels de santé et les populations relativement démunies face à l’absence de traitements appropriés. Elle a d’ailleurs suscité nombre d’interrogations de la part de la population sur les moyens de prévention et leur efficacité, l’immunité acquise, les personnes à risque… Si l’on considère les maladies transmises par des moustiques qui ont sévit à la Réunion (paludisme, filariose lymphatique), qui émergent (chikungunya), ou qui ont réémergé (dengue), on constate qu’il y a sur le plan médical une symptomatologie commune avec de la fièvre, des céphalées, des arthralgies et qu’en l’absence de chimioprophylaxie, les discours privilégient un paradigme environnemental (mesures antivectorielles au niveau individuel et au plan collectif), sans prendre en compte la diversité culturelle et sociale des populations sur l’île, ni leurs savoirs et représentations de la santé et de l’environnement naturel. Dans ce contexte il nous semble nécessaire de comprendre comment interagissent, dans la gestion du risque par la population et les professionnels de santé, deux ordres de facteurs : ceux liés aux représentations et aux savoirs sur la maladie et ceux liés à la perception d’un environnement tropical. L’objectif de notre recherche est d’étudier dans la perspective de ré-émergences, comment s’opère la gestion des maladies transmissibles vectorielles et en particulier du Chikungunya par les populations qui vivent à la Réunion. Nous proposons pour cela de faire une recherche à dominante anthropologique qui s’inscrira dans la continuité de nos travaux précédents sur les comportements face au paludisme des populations et des professionnels de santé vivant en zone tropicale et sur les collaborations interdisciplinaires que nous avons établies avec des démographes, des médecins tropicalistes et des entomologistes. Nous faisons l’hypothèse générale que la réaction des populations à l’épidémie de chikungunya est dépendante de la conception qu’elles ont de leur qualité de vie, c'est-à-dire de leur capacité à réagir au niveau individuel et collectif en fonction de leur culture et de leur milieu de vie. En tenant compte des recommandations de la Cellule Nationale de coordination de recherches sur le chikungunya l’étude portera sur les aspects suivants : - les représentations et comportements de santé au niveau familial (symptômes, conception de la fièvre, de l’immunité, personnes à risque, mémoire des épidémies) - la gestion de l’environnement domestique (déchets, eau, perceptions et représentations des moustiques, hygiène, notion de propre et de sale etc…) - les pratiques des professionnels de santé et les relations soignants-soignés (discours de prévention, itinéraires diagnostiques et thérapeutiques, reconnaissance de la pathologie et modalités de prise en charge de la douleur par le personnel de santé, etc…) - l’analyse de la mobilité des populations et des structures familiales Au plan méthodologique nous prendrons la famille, à la fois comme cadre et comme objet d’étude, pour étudier les activités domestiques au sein de l’habitation et la gestion de la santé dans l’univers familial. La recherche sera réalisée dans différentes communes ainsi qu’à l’Est et à l’Ouest en raison des disparités géo-climatiques. Les sites seront choisis en liaison avec l’équipe d’entomologistes du LIN/UR016. Un questionnaire s’attachera essentiellement à décrire les structures des familles enquêtées et l’essentiel de la recherche s’appuiera sur des approches qualitatives (entretiens et observation des pratiques aupr
Coordination du projet
Université
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
Aide de l'ANR 250 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 24 Mois