Dynamique des inégalités dans les pays en développement – DYNEG
La littérature économique sur la dynamique des inégalités porte désormais son attention sur la diversité des expériences nationales, en considérant les institutions comme un de leurs principaux déterminants sur le long terme. Dans cet esprit, ce projet analyse la dynamique des inégalités, à partir de données microéconomiques, dans quatre pays en développement en soulignant le rôle de trois types d'institutions (la famille, l'école et le marché du travail) dans la persistance ou l'évolution des inégalités. Les quatre pays considérés Brésil, Chine, Indonésie et Sénégal présentent des institutions contrastées. Ils ont aussi connu des chocs macroéconomiques et des choix de politique publiques qui ont eu des conséquences sur la distribution des ressources des agents comme sur la détermination du rendement de ces ressources. Les approches microéconométriques poursuivies mettent en œuvre toute une gamme d'outils empiriques, depuis l'utilisation d'expériences naturelles jusqu'à des microsimulations sur l'ensemble d'une économie, en passant par la modélisation structurelle des décisions au sein des ménages. Elles utilisent diverses données d'enquête, dans lesquelles la dynamique est appréhendée soit à partir de questions rétrospectives, soit à travers des structures de panel ou de pseudo-panel.La recherche sur le Sénégal, qui s'appuie sur des données exceptionnellement détaillées concernant les dynamiques familiales, analyse les effets de l'organisation familiale sur la transmission intergénérationnelle de l'éducation et des terres et, plus généralement, sur la mobilité sociale. On examinera, en particulier, les effets de la polygamie sur la mobilité sociale des enfants, selon la position de leur mère. On étudiera également les conséquences de la cohabitation avec les parents, dans un contexte où le placement des enfants, les divorces et les remariages sont fréquents. Les travaux sur l'Indonésie partent également de l'analyse de la transmission intergénérationnelle d'éducation, à partir de données de panel qui couvrent la crise asiatique. On insistera sur la notion d'inégalité d'opportunités, dont on évaluera la contribution à l'évolution des inégalités de revenu avec des méthodes de microsimulation. Des comparaisons avec des résultats obtenus sur le Brésil seront possibles. La partie de ce projet concernant le Brésil complète l'analyse des inégalités d'opportunités en approfondissant l'estimation de l'effet causal des ressources des parents sur l'éducation des enfants. En l'absence de dispositif expérimental, on se propose d'exploiter les fortes variations du salaire minimum, à la hausse et à la baisse, qui ont été observées des années 1970 à 1990, et qui constituent une source exogène de variation des revenus parentaux. Les données disponibles permettront ainsi d'évaluer les effets à long terme, sur les inégalités, des chocs de revenus survenus pendant l'enfance. L'expérience chinoise récente, objet de la dernière partie du projet, concentre un grand nombre de modifications profondes, non seulement de la structure éducative et familiale de la population (enfant unique), mais aussi du marché du travail. On analysera, à partir d'une série d'enquêtes rurales et urbaines, la contribution de ces différents événements à l'évolution des inégalités de revenu au cours des années 1990, d'abord en recourant aux méthodes de décomposition par microsimulation, ensuite en construisant des distributions de revenus contrefactuelles plus complètes, faisant intervenir des équilibres simulés du marché du travail. Ce projet s'inscrit dans le cadre du renforcement de l'équipe de recherche en économie du développement sur le site de Paris-Jourdan, tout en l'impliquant dans des réseaux de collaborations nationales et internationales (Chine, Banque Mondiale). Il doit aboutir, au terme des trois ans, à l'organisation sur ce site d'un atelier sur la dynamique des inégalités dans les pays en développement.
Coordination du projet
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A (Divers public)
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Partenariat
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A
Aide de l'ANR 105 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois