Sciences et capitales européennes : revisiter les origines de l'espace public des savoirs (XVie-XViIe siècle) – savoirs-cités
1-Les grandes métropoles européennes ont longtemps été des références dans le monde scientifique et ont contribué depuis la Révolution scientifique à l'émergence des sciences modernes. Cependant on sait assez peu de choses sur les mécanismes et les modalités de cette domination intellectuelle. A travers l'exploration de différentes capitales européennes, on souhaiterait comprendre comment elles ont pu concrètement devenir un territoire pour les sciences à travers la mise en place des équipements, des institutions, comme à travers l'attraction et la polarisation des savants réputés. L'équipe de recherche se propose de comprendre la fonction scientifique de ces capitales européennes en mesurant le développement d'un espace public des savoirs aux XVIIIe et XIXe siècles, où la science circule dans des lieux non scientifiques sous la forme de spectacles. En saisissant cet engouement des citadins des grandes capitales européennes pour les savoirs scientifiques, il s'agit de montrer l'impact des sciences modernes sur la reconnaissance des capitales européennes parmi les villes-phares. Plusieurs renouvellements récents en sciences sociales invitent à rouvrir ce dossier. En premier lieu, le monde anglo-saxon a clairement affiché sa volonté de reprendre une réflexion sur les rapports entre « Sciences, technologies et cité » selon des modalités qui excluent les périodes plus anciennes. La phase d'émergence de cet espace public des sciences devient un point aveugle. En second lieu, en France, en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne comme dans les Pays-Bas, la question des capitales trouvent de nouvelles formulations en histoire urbaine. Elles abordent à nouveau frais la relation à la centralité de l'organisation scientifique. Comment s'articulent espace politique et centre de savoirs ? Enfin, en science politique, les recherches récentes sur les conditions de possibilité d'une « démocratie technique», invitent à s'interroger sur les origines de cette association entre science et espace public à l'époque moderne. 2-Les objectifs du projet de proposer une réflexion d'ensemble sur les origines de cet espace public des sciences au seuil de la modernité dans le sillage de la Révolution scientifique et des Lumières. Pour ce faire, on ne proposera pas un nouveau grand récit, mais on souhaite questionner cette thèse à partir de quatre chantiers : l'examen de la production des territoires des sciences et de la formation des publics ; l'étude de la visibilité des savoirs dans les espaces métropolitains à partir des pratiques de comparaison et des récits de voyage ; l'étude des amateurs de sciences et de l'importance des objets et de la matérialité des savoirs dans le succès de cette diffusion ; les formes de l'expertise dans les capitales européennes. Chacun de ces thématiques sera pris en charge par un des participants et se déclinera en études de cas précises. 3-Parmi les résultats attendus : réalisation d'un atlas électronique des sciences dans les capitales européennes ; mises en place de deux séminaires à Paris : Techniques et publics au XVIIIe siècle ; Sciences, capitales et expertises ; organisation d'un colloque international en 2007. Réalisation d'un sité internet sur Sciences et capitales avec circulation de ressources électroniques : outre l'atlas, bibliographies, articles, reader books, inventaire et guides de recherche sur les différentes thématiques.
Coordination du projet
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A (Divers public)
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Partenariat
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A
Aide de l'ANR 30 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois