JCJC - Programme "Jeunes chercheuses et jeunes chercheurs" 2006

Migrations entre AFrique et Europe : pour une comparaison internationale – MAFE

Résumé de soumission

L'interaction entre migrations internationales et développement occupe depuis quelques temps une place de premier choix dans l'agenda des institutions internationales et des gouvernements nationaux du Nord comme du Sud. Ce contexte politique a encouragé la communauté scientifique à produire des états de la question sur les différents aspects des relations migrations-développement (fuite des cerveaux, transferts financiers, fonctionnement des réseaux transnationaux, etc.). Trois faits majeurs ressortent de ces analyses : le handicap constitué par le manque de données ; un bilan des coûts et bénéfices de la migration internationale très controversé ; la nécessité d'une analyse des migrations internationales en termes de circulation. Le projet « Migrations entre Afrique et Europe : pour une comparaison internationale » (MAFE-CI) s'inscrit dans la continuité de ces observations dans la mesure où il vise à produire des données quantitatives permettant d'appréhender à la fois la circulation des migrants et l'impact des migrations dans le pays d'origine. Ce projet entend également s'appuyer sur un raisonnement comparatif dans le but de dépasser le stade des études de cas et de proposer des généralisations de portée scientifique. Côté africain, le Sénégal et le Congo offrent des observatoires à la fois comparables et complémentaires de la migration internationale : dans des contextes assez dissemblables, on y observe à la fois une prévalence croissante de l'émigration internationale, une nette orientation des flux d'émigration vers l'Europe, des systèmes migratoires en pleine mutation. Côté européen, la comparaison se justifie parce que les choix de destination des migrants africains se sont diversifiés dans un contexte politique particulièrement intéressant de tension entre l'établissement progressif de règles communes pour la gestion des migrations et la permanence de politiques nationales en matière d'accueil des migrants. Trois axes de comparaison prioritaires ont été identifiés : (1) Le premier axe porte sur les causes de la migration ou plutôt sur « les logiques migratoires », dont on voudrait montrer qu'elles sont moins individuelles que collectives, ce qui justifie la permanence de liens entre zones de départ et d'arrivée. Les deux axes suivants abordent, quant à eux, les conséquences de la migration dans les pays de départ. (2) L'axe « Migrations internationales et développement urbain à Dakar et Kinshasa » s'intéresse à un domaine géographique particulier : les grandes villes, qui apparaissent désormais comme des lieux privilégiés d'investissement des migrants internationaux en même temps qu'elles sont les points focaux du développement des économies nationales. (3) L'axe « Pratiques migratoires et mutations sociales » s'intéresse aux transformations sociales induites par les migrations internationales, notamment en matière de systèmes familiaux et de rapports de genre. Par des biais différents, ces trois axes abordent des thèmes à la fois émergents (et peu documentés) dans l'étude des migrations internationales et plutôt sensibles sur le plan politique.Le projet MAFE-Ci vise à produire ses propres données pour alimenter les analyses comparatives ci-dessus évoquées. Mais en matière de migrations internationales, la collecte des données soulève de multiples problèmes de méthode : d'une part, les échantillons sont difficiles à constituer et, d'autre part, les données sont par nature délicates à collecter (informations sur les clandestins, sur les transferts financiers...). Face à ces difficultés, le projet MAFE-CI propose de mettre en œuvre des méthodes innovantes qui cherchent à repousser les limites des expériences antérieures de collecte sur les migrations internationales. En bref, nos enquêtes reposeront sur les caractéristiques suivantes : des échantillons transnationaux (portant à la fois sur les pays de départ et sur les pays de destination) et des données rétrospectives individuelles et contextuelles à plusieurs niv..

Coordination du projet

Organisme de recherche

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Aide de l'ANR 110 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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