La Mésopotamie et sa périphérie: transmission et adaptation d'une culture au Bronze récent – MESPERIPH
« Il est des langues qui semblent porter dans leur destin la vocation à l'universalité. L'akkadien fut sans doute la première d'entre elles. (...) Il l'est non pas à la façon d'un jargon bâtard que des soldats vainqueurs essaiment sur leur passage ou que les marchands propagent autour de leur comptoir, mais sous la forme la plus relevée qui soit, une langue de haute culture qu'adoptent volontairement les chancelleries, les cercles politiques, les juristes et les savants ». Depuis que R. Labat a écrit ces lignes en 1962, aucune étude de synthèse n'a été réalisée sur la diffusion de la langue akkadienne (assyro-babylonienne) son apprentissage dans les centres à la périphérie de la Mésopotamie ni sur la façon dont les scribes l'ont adaptée aux besoins locaux. Entre 1600 et 1000 av. J.-C., six empires se partagent le Proche et Moyen-Orient : en Mésopotamie, la Babylonie kassite et l'Assyrie ; dans le nord de la Mésopotamie et en Syrie, le Mittani ; en Iran, l'Élam ; au Levant sud, l'Égypte ; et en Anatolie et en Syrie, le Hatti. Cette époque marque l'apogée de la diffusion de l'écriture et de la langue mésopotamiennes : la langue internationale est l'akkadien et dans chaque cour se trouvent des scribes de formation mésopotamienne. L'aire géographique définie couvre les régions périphériques de la Mésopotamie où sont attestés des textes mésopotamiens, c'est-à-dire l'ensemble du Proche et du Moyen-Orient. Chacune de ces régions fait l'objet de recherches spécifiques, mais aucune étude systématique n'a été entreprise sur l'impact de la diffusion de la culture mésopotamienne sur sa périphérie. Notre projet a pour objectif la mise en œuvre d'une approche globale fondée sur l'étude des textes, objets, techniques ou motifs iconographiques. Celle-ci permettra de mettre en évidence les mécanismes de l'implantation de cette culture importée par les érudits et potentats locaux. L'équipe constituée pour ce projet réunit des chercheurs de disciplines diverses : épigraphistes, archéologues ou spécialistes de la glyptique et toutes les régions périphériques sont représentées, ainsi que la Mésopotamie. Cette perspective large nécessite une collaboration internationale (8 chercheurs français, 4 américains et 1 espagnol). Une recherche dans ce domaine trouve naturellement sa place en France. Le site de Ras Shamra-Ougarit (fouilles franco-syriennes) est le meilleur exemple pour la problématique étudiée puisqu'il atteste l'activité de scribes locaux bigraphes et bilingues. En outre, 5 membres de cette mission participent à ce projet. Les moyens demandés permettront des séances de travail communes en France ou à l'étranger ou des missions de terrain. Le travail sera divisé en sous-équipes. Au bout de deux ans, celles-ci présenteront leurs résultats devant l'ensemble de l'équipe réunie à Lyon. La troisième année, une table-ronde sera organisée. Enfin, la quatrième année donnera naissance à un ouvrage où chaque sous-équipe sera chargée d'un chapitre faisant la synthèse de ses recherches. La première étape de ce projet sera une mise en place d'une plate-forme de références. Elle intègrera une base de données déjà existante et opérationnelle, ABDU (Akkadien sur Base de Données pour Ugarit), dans laquelle sont enregistrés tous les textes akkadiens mis au jour à Ras Shamra. Dans le cadre du projet présenté ici, cette base sera élargie d'une part à la documentation textuelle et d'autres parts aux données archéologiques des autres sites périphériques retenus. Trois axes de recherches ont été définis. - Réception du fonds culturel mésopotamien Le premier objectif sera de déterminer comment se font la réception et l'adoption de la culture écrite mésopotamienne avec une définition des « écoles » babyloniennes en Périphérie tant du point de vue épigraphique (enseignants, cursus...), qu'archéologique. On définira ensuite les fonctions des scribes akkadisants et leur place dans ces sociétés. - Voies de transmission et identification de ses acteurs Les tex
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
Aide de l'ANR 100 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois