– NDBCA
Au cours des 25 dernières années, l'analyse macroéconomique a connu un bouleversement théorique et méthodologique majeur. De nouveaux outils ont été développés pour l'évaluation quantitative des modèles. Parmi ces outils, les modèles stochastiques d'équilibre général dynamiques (DSGE) ont fait l'objet d'une attention particulière. Ces modèles fournissent en effet un cadre d'analyse microéconomiquement fondé et reposant sur des comportements optimisateurs de la part des agents. La génération récente des modèles DSGE se distingue tout particulièrement dans la mesure où, au-delà de son intérêt théorique, elle est dotée d'une capacité prédictive qui en fait un outil privilégié pour l'évaluation des politiques économiques. Toutefois, à la suite d'un certain nombre d'échecs et de difficultés à rendre compte des faits, de nombreuses critiques ont été adressées à ces modèles. Ces critiques sont loin d'être anecdotiques dans la mesure où l'utilisation du modèle pour l'analyse de la politique économique impose, comme pré-requis, que ce modèle soit capable d'expliquer les données. L'objet de ce projet est précisément de fournir de nouveaux éclairages théoriques de de nouveaux outils permettant d'améliorer (i) la capacité de ces modèles à rendre compte des faits, et (ii) notre capacité à les évaluer quantitativement. Nous proposons de mener cette recherche en réunissant des chercheurs de diverses institutions. Le projet est organisé autour de deux thèmes majeurs: les nouveaux chocs et les nouvelles techniques de validation. Chacun de ces thèmes soulève des questions théoriques, méthodologiques et empiriques, et conduisent à des développements tant pour l'analyse macroéconomique que pour l'analyse des politiques économiques, et en particulier monétaires. Les chocs sont au coeur de l'analyse des fluctuations macroéconomiques. Dans ce projet nous proposons donc de revisiter la notion de choc et revenons sur leur mesure et leur identification. Plus particulièrement, nous posons une question simple : Les chocs technologiques qui occupent une place centrale dans l'analyse surprennent-ils véritablement les agents, ou sont-ils annoncés avant leur occurrence réelle ? Beaudry et Portier (2005, 2006) ont en effet montré que les données indiquent plutôt la seconde situation. Portier propose d'analyser la robustesse de ce fait sur un ensemble plus large de pays (le G7), Collard Fève et Matheron souhaitent étendre cette analyse aux chocs de politiques monétaire de façon à évaluer l'impact des annonces de la part du gouverneur de la banque centrale sur l'économie. Cette recherche nécessite le développement de nouveaux outils économétriques afin de révéler ces nouveaux chocs et de proprement les identifier. Au-delà de ces aspects méthodologiques, la question de ces chocs a des implications théoriques importantes. En effet, il est possible d'interpréter ces chocs comme des chocs sur les anticipations des agents, et de réconcilier ainsi la tradition keynésienne et l'analyse néoclassique. En particulier, dans ce cadre, l'annonce d'une amélioration des conditions technologiques peut entraîner une expansion tout autant qu'une récession. Nous proposons alors d'évaluer le potentiel de cette approche pour expliquer le comportement d'agents hétérogènes (Beaudry et Portier), la transmission internationale des chocs (Dupaigne et Portier), les épisodes de type « ruée vers l'or » (Beaudry, Collard et Portier), l'effet des annonces de politique économiques (Collard, Fève et Matheron; Collard et Dellas), ou la dynamique sur le marché du travail (Gilles Saint-Paul). Notons également que ces annonces peuvent ne pas se réaliser effectivement. Une telle propriété redonne à la problématique du coût en bien-être des fluctuations tout sont intérêt dans la mesure où les annonces peuvent engendrer des situations largement sous optimales. L'approche retenue se veut explicitement quantitative, il s'agira donc de développer des modèles qui seront confrontés aux données. L'a...
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
Aide de l'ANR 245 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 48 Mois