Risques de Revenu et Partage de Risques entre Ménages: Théories et Analyses Empiriques. – RISK_SHARING
La question du partage des risques de ressources entre ménages est centrale en économie du développement puisqu'elle est au cœur de la construction de politiques économiques luttant contre la pauvreté et de l'évaluation des effets que ces politiques induisent sur le bien être des ménages. L'accès au crédit et à l'assurance par les ménages à travers des institutions traditionnelles est crucial et nous avons besoin d'une meilleure compréhension des mécanismes que les ménages utilisent pour partager les risques entre eux ou au cours du temps. C'est un thème très étudié dans la littérature scientifique en économie. Le projet a trois objectifs : premièrement développer l'analyse économique théorique et empirique du partage des risques de revenu entre ménages, en particulier dans les économies en voie de développement ; deuxièmement, produire des thèses sur ce sujet ; troisièmement, attirer les meilleurs chercheurs mondiaux dans ce domaine pour exposer leurs recherches à Toulouse dans un séminaire régulier et dans une conférence. L'objectif général est de stimuler la recherche sur un domaine actif au niveau international mais peu en France. Quand les ressources sont incertaines, les mécanismes de partage de risque permettent d'allouer les biens pour la consommation d'une meilleure manière que ne le sont les ressources. Pour atteindre l'efficience et ne laisser subsister que le risque agrégé, il faudrait que la structure des marchés permette l'assurance de tous les risques sur les ressources qui sont propres aux ménages. En pratique, cela n'est pas le cas car les institutions qui rendent exécutoires les contrats d'assurance ou de dettes manquent ou parce que l'existence d'information asymétrique limite les possibilités contractuelles. La plupart des analyses empiriques rejettent les prédictions des modèles où l'assurance est parfaite mais il reste à construire des alternatives théoriques crédibles. Plusieurs directions seront envisagées. Le premier argument avancé dans la littérature est l'impossibilité d'engagement des agents entre eux quant au remboursement de prêts par exemple car il n'y a pas d'institutions légales qui assurent cet engagement. La présence d'information asymétrique entre les agents est un deuxième argument pertinent pour comprendre pourquoi les marchés sont incomplets. Nous modéliserons d'abord l'incomplétude des marchés dans le cas où les ménages ne peuvent s'engager à effectuer des transferts entre eux si une récolte est catastrophique ou certains membres du ménage sont malades par exemple. A partir de cette matrice, nous développerons une classe de modèles qui intègrent l'existence de contrats formels à côté de contrats informels, pour étudier ce que change la possibilité d'engagement partiel. Puis nous prendrons en compte, l'information asymétrique sous la forme d'actions cachées ou aléa moral qui, dans les zones rurales, semble plus pertinent que la présence d'antisélection. Nous nous intéresserons au rôle de l'intervention extérieure (Etats, ONG, etc) sur le partage et la prévention des risques de pauvreté. Nous nous interrogerons en particulier sur les effets pervers que peuvent comporter de telles interventions lorsqu'elles rendent plus difficiles l'engagement des agents. La deuxième partie de notre projet est l'analyse des conditions théoriques sous lesquelles il y a identification de l'importance des arguments théoriques et qui permettent le test des théories. Dans ces modèles, les ménages ont des ressources et des préférences hétérogènes qui restent partiellement cachées pour l'observateur. Des analyses micro-économétriques sur des données portant sur les consommations et les revenus des ménages suivis au cours du temps dans des vilages d'Asie du Sud-Est compléteront notre projet. A côté de l'analyse de la pertinence des arguments théoriques, nous chercherons à savoir quelles sont les caractéristiques des populations qui supportent le plus de risques et le niveau géographique le plus p...
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
Aide de l'ANR 111 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois