La polyvalence catégorielle: un paramètre linguistique universel? Approches grammaticales, sémantiques et cognitives – Polycat
L'objectif principal de ce projet est d'évaluer l'hypothèse de la polyvalence catégorielle comme paramètre linguistique, en considérant ses implications d'un point de vue morphosyntaxique, sémantique, typologique et cognitif. L'équipe comprend des chercheurs français et internationaux, de différentes perspectives théoriques et domaines linguistiques (morphosyntaxe, sémantique, acquisition du langage, psycholinguistique, ethnolinguistique, cognition), experts de langues amérindiennes, austronésiennes, sémitiques, romanes et germaniques. Ce projet de nature comparative et pluridisciplinaire constituera une importante contribution, à la fois empirique et théorique, au débat actuel sur les processus de catégorisation, la nature des racines lexicales et du lexique mental. Nous définissons la polyvalence comme une position théorique selon laquelle, dans une langue donnée, à un certain niveau de représentation, certaines formes sont non-spécifiées quant à leur catégorie lexicale. La polyvalence s'applique en particulier aux formes polycatégorielles, qui sont celles employées pour différentes catégories lexicales sans changement morphophonologique (ou avec un changement minimal et/ou prévisible). L'hypothèse de travail est qu'il existe un paramètre de polyvalence selon lequel les langues varient de différentes façons : (i) extension du phénomène (ii) niveaux et processus morpho-phonologiques et morphosyntaxiques de réalisation catégorielle (iii) restrictions contraignant les sens des formes polycatégorielles (iv) catégories lexicales (sp. verbe/nom), fonctions et domaines sémantiques affectés (v) classes lexicales propres à certaines langues La nature, l'universalité des catégories lexicales ainsi que leurs critères définitoires ont fait depuis longtemps l'objet d'importants débats. Face à de notables variations entre les langues, certains ont contesté la nature première et non équivoque des parties du discours, pour proposer des catégories neutres, mixtes ou de frontières floues. Les approches théoriques récentes (lexicalistes, fonctionnalistes, générativistes cf. Morphologie Distribuée et Baker 2003, sémantique cognitive) adoptent des positions contrastées sur la question. En outre, les études récentes en psycholinguistique et neurosciences interrogent le lien intime entre les catégories lexicales et certaines caractérisations sémantiques, apportant des arguments en faveur de l'hypothèse que la polyvalence est une propriété possible des racines lexicales. Une des nouveautés du projet est la perspective adoptée sur les formes considérées comme problématiques, les formes polycatégorielles. Leur analyse comparative dans une douzaine de langues apportera un éclairage nouveau sur la typologie et la représentation théorique des niveaux et des processus grammaticaux d'attribution et de changement catégoriel. Un autre aspect original du projet est de combiner l'analyse morphosyntaxique à une analyse sémantique approfondie, introduisant des critères cruciaux mais souvent négligés pour évaluer l'hypothèse d'indétermination catégorielle. La recherche suivra deux axes principaux: 1) Quels sont les critères sémantiques nécessaires pour considérer que la polycatégorialité observée relève de la polyvalence ? 2) Existe-t-il des invariants sémantiques de la polycatégorialité et de la polyvalence à travers les langues ? Pour 2) nous procéderons à une analyse comparative des modes de lexicalisation d'un ensemble varié de concepts proches, à partir d'un corpus d'une centaine de racines par langue (élaboration d'une base de données générale avec informations grammaticales et sémantiques). L'hypothèse de polyvalence sera aussi évaluée sous l'angle nouveau de l'acquisition du langage. Il sera procédé à une analyse interlangue de la flexibilité catégorielle des mots dans les premières phases de l'acquisition, tenant compte de critères morphosyntaxiques et de l'ontologie des entités/événements nommés. L'étude se fera en contexte spontané e...
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR EST
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A
Aide de l'ANR 177 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois