BLANC - Programme blanc 2006

POUR UNE APPROCHE ECOLOGIQUE DES COMPORTEMENTS ELECTORAUX (Des Présidentielles de 1974 aux Présidentielles de 2007) – PAECE

Résumé de soumission

L'objectif de ce projet est de contribuer au renouvellement des modèles d'analyse des comportements électoraux à l'occasion des six tours de scrutin qui se tiendront entre le printemps 2007 et le printemps 2008 : élections présidentielles, législatives et municipales. Ces trois scrutins majeurs constituent, en effet, une occasion remarquable de tester les modèles aujourd'hui disponibles d'analyse des comportements électoraux et de développer une perspective innovante, tant du point de vue théorique que des méthodes empiriques utilisées. Notre objectif est de montrer la fécondité d'une perspective inspirée des analyses dites écologiques du vote. Par ce terme, nous entendons les approches qui accordent une attention toute particulière à l'influence des environnements sociaux sur la production des mobilisations électorales et sur l'orientation des votes. Le vote ne peut en effet à nos yeux être pleinement compris en dehors des influences contextuelles auxquelles sont exposés les électeurs. Loin d'être réductible à un acte purement individuel, il doit être considéré, dans sa dimension collective, comme le fruit d'appartenances spécifiques (ce que suggère, bien sûr, l'analyse des variables lourdes ) mais aussi comme un produit de l'environnement social. Sur la base de ce postulat théorique, comprendre les mobilisations électorales doit conduire à identifier, notamment, le rôle et l'influence de structures d'encadrement plus ou moins explicitement politiques (partis et réseaux militants, syndicats, mais aussi associations, Églises, etc.), et l'importance des groupes, plus ou moins informels, au sein desquels sont susceptibles d'évoluer les électeurs potentiels : cercles familiaux, amicaux, professionnels, relations de voisinage... L'analyse écologique se fixe, en effet, pour objectif d'identifier les interactions qui se produisent au sein de ces groupes afin de mettre en évidence les capacités très inégales des divers environnements sociaux à produire des incitations à voter, dans le cadre de micro-influences contextuelles et sous la forme de communications et d'influences interpersonnelles. Prendre en compte cette dimension environnementale amène à considérer que les mobilisations électorales résultent de la combinaison de trois facteurs principaux : 1) des effets de l'offre et des campagnes électorales, 2) des prédispositions durablement incorporées par les électeurs potentiels et 3) des capacités des environnements sociaux à produire des micro-pressions et des incitations à voter. La prise en compte de cette dimension environnementale, souvent suggérée mais rarement étudiée empiriquement, appelle des méthodes innovantes en matière de sociologie électorale . L'analyse écologique nous paraît, en effet, induire deux conditions méthodologiques : 1) étudier l'acte électoral dans son contexte de production effectif et 2) mener l'analyse sur de petites échelles, de manière à pouvoir reconstituer avec suffisamment de précision et de finesse les logiques environnementales à l'œuvre lors des campagnes électorales. L'impératif de représentativité des enquêtes par questionnaire risque en effet de décontextualiser le vote, et ce faisant d'individualiser l'analyse de ses déterminants sociaux. C'est pourquoi nous avons fait le choix de réaliser des observations intensives à partir d'un nombre réduit de sites localisés. Ce sont, en effet, sept sites électoraux, répartis sur l'ensemble du territoire national, qui constitueront le principal terrain empirique de cette recherche. Le dispositif expérimental s'articulera dans ce cadre autour de la combinaison de méthodes quantitatives (reconstitution des itinéraires de participation des inscrits, questionnaires, analyse statistique multi-niveaux) et de méthodes qualitatives (observation ethnographique, entretiens non directifs).

Coordination du projet

Organisme de recherche

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR PARIS A

Aide de l'ANR 256 622 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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