Environnement et ré-émergence de maladies infectieuses en bassin amazonien : risques sanitaires & évolution de pathogènes humains majeurs (Flavivirus de dengue Mycobactérium ulcerans, Plasmodium falciparum et P. vivax) – EREMIBA
La problématique « environnement et santé » fait appel à des changements d’échelles permanents et qui restent aujourd’hui peut abordés compte tenu du cloisonnement des disciplines et de la difficulté de constituer des programmes intégrés de recherche sur ce type de questions. Or, la santé des populations dépend aussi bien du milieu physique, support des hommes et de leurs activités, que de l’environnement considéré d’un point de vue plus général et incluant à la fois les éléments naturels (climat, végétation,…), humains (susceptibilité, comportement,…) et socio-économiques (amélioration de l’hygiène, transports, structures sanitaires, etc…). Les interactions entre ces éléments sont multiples et complexes ; ils peuvent interagir entre eux à des degrés divers selon des lois d’échelles que certaines disciplines scientifiques, commencent à bien appréhender aujourd’hui. C’est dans ce contexte de complexité des systèmes que s’inscrit ce projet de recherche EREMIBA (Environnement et (Ré-) Emergence de Maladies Infectieuses en Bassin Amazonien : Risques sanitaires et évolution de pathogènes humains majeurs…). Notre proposition vise à prendre en considération les paramètres environnementaux en relation avec les épidémies dans une approche intégrative et multi-scalaire faisant appel à cinq niveaux d’intégration : spatiale, fonctionnelle, temporelle, méthodologique et thématique. Sous l’expression « approche intégrative », nous entendons prendre en compte, de façon systémique, l’ensemble des composantes qui interagissent, à des degrés divers, sur la santé des populations. Pour ce faire, notre projet a pour ambition de mettre en place une recherche transversale centrée sur les interrelations entre environnement et santé à l’interface des milieux et des sociétés, et ce dans un contexte équatorial français, celui de la Guyane. Trois maladies humaines s’avèrent particulièrement d’excellents candidats sur lesquels se focaliser pour développer cette approche méthodologique : le paludisme, la dengue et l'ulcère de Buruli. Il s’agit de maladies pour lesquelles une forte empreinte environnementale a été déterminée être à l’origine de l’émergence, de la ré-émergence, du maintien dans l’environnement et/ou de la diffusion spatiale. En outre leur étude y bénéficie déjà (i) d’une surveillance clinique appelée à se poursuivre sur le long terme, (ii) d’une approche multidisciplinaire réussie notamment par certains des acteurs de la présente proposition, et (iii) d’une focalisation sur un petit nombre de ‘foyers-témoins’. Les méthodes de caractérisation de l’environnement par télédétection spatiale et l’intégration d’informations spatialisées, couplées avec les données épidémiologiques, génétiques, populationnelles et socio-économiques dans un Système d’Information Géographique doivent conduire à la mise en place d’un observatoire de santé publique en Amazonie française. Cet observatoire de recherche sur l’environnement et la santé, régulièrement mis à jour par les acquisitions de données d’observation de la terre (fournies par les stations de réception directe en basse et très haute résolution du projet SEAS Guyane de l’IRD), sera plus particulièrement orienté vers le suivi et la surveillance des zones à risque d’émergence et/ou de ré-émergence des maladies infectieuses. Il opérera dans un premier temps sur le territoire de la Guyane pour, à plus long terme, prendre une dimension régionale au travers de contacts établis avec des partenaires brésiliens, surinamiens et de l’arc antillais des Caraïbes. Cet observatoire régional français en zone équatoriale contribuera à un réseau d’observatoires internationaux permettant une meilleure quantification des risques sanitaires.
Coordination du projet
INSTITUT RECHERCHE POUR LE DEVELOPPEMENT (Divers public)
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Partenariat
INSTITUT RECHERCHE POUR LE DEVELOPPEMENT
INSTITUT PASTEUR CAYENNE
Aide de l'ANR 308 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois