Dépendance aux drogues et récepteur des glucocorticoïdes ; caractérisation des cibles cellulaires et moléculaires des effets des glucocorticoïdes . – GRADA
L'étude expérimentale de la dépendance aux drogues chez les rongeurs a mis en évidence l'importance du stress et en particulier le rôle central de la libération d'hormones glucocorticoïdes (GCs). L'invalidation sélective du gène du récepteur des glucocorticoïdes (GR, l'un des deux récepteurs des GCs), ciblée dans le cerveau, nous a permis de montrer son rôle essentiel dans la mise en place d'une dépendance à la cocaïne. Toutefois, la nature des cellules impliquées, tout autant que les mécanismes moléculaires mis en jeu demeurent mal connus.
Dans le but d'identifier les types neuronaux dans lesquels l'activation du GR module la dépendance aux drogues, nous développons des modèles de souris transgéniques dans lesquels la fonction du GR est soit abolie par mutation (système Cre/loxP), soit exacerbée par surexpression (système Tet-OFF). Partant de l'hypothèse que l'activation du GR affecte la transmission dopaminergique, nous avons ciblé sa mutation uniquement dans les neurones dopaminergiques ou dopaminoceptifs. La surexpression conditionnelle du GR présente deux intérêts. Elle permet de mimer une activation soutenue du GR, rencontrée dans des situations de stress chronique et elle a l'avantage d'être réversible. Chez ces différents modèles animaux, nous étudions la réponse comportementale aux drogues dans les tests d'auto-administration et de sensibilisation. L'activité de la transmission dopaminergique sera analysée, aux niveaux pré- et post-synaptiques par des approches électrophysiologiques, neurochimiques et moléculaires.
Une étape essentielle dans la compréhension de la fonction du GR est d'identifier les gènes contrôlés par ce facteur de transcription. Une étude moléculaire comparative entre mutants et contrôles nous permettra de les caractériser. Pour les plus pertinents, leur implication dans la modulation de la dépendance aux drogues sera validée in vivo. Les conséquences de leur surexpression seront analysées et comparées à celles du GR.
Par ailleurs, on sait que le GR contrôle l'expression génique selon diverses stratégies. Il peut se fixer à l'ADN des gènes cibles ou agir via une interaction avec d'autres facteurs de transcription, tel Stat5, sans se fixer à l'ADN. Le phénotype d'animaux portant une mutation ponctuelle qui n'affecte que la fixation à l'ADN ou de mutants conditionnels de Stat5 dans le cerveau sera comparé à celui des mutants GR, afin de déterminer si la fixation à l'ADN ou l'interaction avec Stat5 est impliquée dans la modulation de la dépendance aux drogues.
Cette dissection génétique fine, couplée à des études électrophysiologiques, comportementales et moléculaires devrait nous permettre de définir les types cellulaires et les mécanismes moléculaires mis en jeu ainsi que les gènes cibles du GR impliqués dans la mise en place d'une dépendance. Ces informations seront essentielles pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
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Organisme de recherche
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Partenariat
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Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois