Evaluation de l'utilisation de peptides antimicrobiens d'origine marine en aquaculture : une alternative à l'usage des antibiotiques – Peptides antimicrobiens
Selon les prévisions de la FAO, l’aquaculture devrait jouer un rôle de plus en plus important au niveau de la satisfaction des besoins alimentaires des populations au cours des prochaines décennies. En 2030, l'aquaculture serait la principale source d'approvisionnement en poisson. Les maladies infectieuses représentent un facteur limitant majeur en aquaculture car elles sont à l’origine de pertes économiques considérables pour ce secteur d’activité. Les professionnels ont alors souvent recours à l’utilisation d’antibiotiques pour prévenir ou traiter les maladies. Cependant, il est maintenant largement reconnu que cette utilisation massive d’antibiotiques peut avoir des impacts négatifs en terme d’environnement et de santé publique. La FAO a d’ailleurs qualifié le développement de la résistance des bactéries aux antibiotiques comme « un des risques les plus graves pour la santé humaine à l’échelle mondiale ». Dans ce contexte, le projet de recherche proposé vise à faire émerger une approche susceptible de faciliter l’adaptation de l’aquaculture aux contraintes et objectifs du Développement Durable. En effet, l’objet du projet est d’évaluer le potentiel d’application de peptides antimicrobiens en aquaculture, en alternative à l’usage des antibiotiques. Ces molécules sont des effecteurs de l’immunité innée que l’on retrouve à l’état naturel chez les organismes et dont le large spectre d’activité permet d’envisager des applications pour le traitement des infections bactériennes et fongiques. De plus, leur mode d’action sur les membranes est susceptible de générer moins de résistance de la part des microorganismes. Du fait de leurs propriétés, les peptides antimicrobiens sont considérés comme « la famille la plus originale d’agents anti-infectieux découverte au cours de ces 25 dernières années ». Les objectifs de ce projet sont de montrer qu’en condition réelle d’élevage aquacole, ces molécules pourraient se substituer aux antibiotiques et conférer un effet protecteur aux animaux et à la conservation des aliments, sans induire de résistance bactérienne ni d’accumulation de résidus dans l’environnement ou l’animal. Trois partenaires travailleront ensemble pour réaliser les différentes phases expérimentales du projet : l’unité mixte de recherche (UMR 5171 ; Ifremer-CNRS-Université de Montpellier II), une équipe de la Station expérimentale Ifremer de Palavas ainsi qu’une équipe du CIRAD Montpellier. Le projet se décompose en 2 étapes : (1) une phase de production des peptides antimicrobiens, (2) une 2ème phase pendant laquelle des essais expérimentaux seront réalisés en bassin à la station expérimentale Ifremer de Palavas (France) et pendant laquelle seront analysés : l’effet protecteur des peptides antimicrobiens sur les poissons d’élevage, l’effet du traitement peptidique sur la microflore des animaux, la qualité microbiologique de l’eau du bassin d’élevage. Nous vérifierons aussi que les traitements n’entraînent pas de développement de résistance des bactéries de l’environnement aquacole (aux peptides eux-mêmes et aux antibiotiques). L’objectif final du projet est de convaincre un partenaire industriel de s’investir dans le développement et de transférer cette innovation au secteur aquacole.
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
Aide de l'ANR 50 000 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 18 Mois