Physiologie, diversité et évolution des interactions hôte-parasitoïde – EVPARASITOID
La réussite ou l'échec du parasitisme dépendent à la fois des systèmes de défense de l'hôte et des stratégies de virulence utilisées par les parasites. Dans le cas des insectes, la plupart des interactions parasitaires décrites impliquent des hyménoptères parasitoïdes, un groupe diversifié, comportant de très nombreuses espèces, et offrant un large spectre d'interactions au niveau complexité et spécificité. Paradoxalement, les interactions hôte-parasitoïde demeurent mal connues et les stratégies de virulence particulièrement peu décrites comparées à celles utilisées par d'autres agresseurs tels les bactéries. Le rôle majeur joué par les parasitoïdes dans le contrôle des populations d'insectes ravageurs ou vecteurs de maladies ainsi que l'utilisation potentielle des toxines de virulence isolées à partir des parasitoïdes justifient amplement cependant les recherches effectuées dans ce domaine. Par ailleurs, la caractérisation des facteurs de virulence des parasitoïdes est indispensable à une meilleure compréhension de la réponse anti-parasitaire chez les insectes. Cet aspect de la réponse immunitaire soulève un intérêt de plus en plus grand dans la communauté scientifique après que l'élucidation de la réponse anti-bactérienne chez la drosophile ait récemment conduit à la découverte de nouvelles voies de signalisation chez les mammifères. Le projet vise à analyser, par une approche comparée, les interactions hôte-parasitoïde au niveau des mécanismes moléculaires et cellulaires mais aussi à l'échelle évolutive. L'intérêt d'une perspective évolutive tient à la grande diversité des processus de virulence utilisés par des espèces parasitoïdes phylogénétiquement proches, certaines faisant appel par exemple à des partenaires procaryotes symbiotiques. Deux ordres majeurs d'insectes hôtes seront comparés, les diptères et les lépidoptères, ainsi que deux familles de parasitoïdes, les Ichneumonoidea et les Figitidae, les principaux objectifs à court terme étant : - de caractériser les facteurs de virulence utilisés dans différents types d'interactions ainsi que leur fonction biologique et d'utiliser cette approche comparative pour s'intéresser à l'évolution de la virulence. - d'analyser les bases moléculaires de la spécificité des facteurs de virulence contre différentes espèces hôtes - de comprendre l'origine et le fonctionnement de la symbiose parasitaire entre certaines espèces de guêpes hyménoptères et leurs partenaires procaryotes (polydnavirus). Nous utiliserons différentes techniques d'étude des protéines (purification, caractérisation, recherche des cibles protéiques en système double hybride et analyse des interactions) et des gènes codant ces protéines, des approches transcriptomiques (utilisation de puces à ADN) et des tests physiologiques permettant d'observer et de démontrer les effets des facteurs de virulence isolés (RNA interférence, injection de protéines recombinantes).
Coordination du projet
Organisme de recherche
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Partenariat
Aide de l'ANR 251 868 euros
Début et durée du projet scientifique :
- 36 Mois