One Health - Animaux, humains, environnement, l'ANR engagée pour "une seule santé"

L’approche One Health - « une seule santé » - est fondée sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. Adopter cette vision globale dans la recherche est essentiel pour mieux anticiper, prévenir et gérer les risques sanitaires. À l’occasion du One Health Summit, organisé du 5 au 7 avril 2026 à Lyon, l’ANR revient sur plus d’une décennie d’engagement en faveur de la recherche relevant de l’approche One Health. 
 
Dans ce dossier, l’ANR met aussi en lumière 8 porteurs et porteuses de projets interdisciplinaires, soutenus dans le cadre du Plan d’action et de France 2030, sous le prisme de quatre thématiques scientifiques relevant d’une approche One Health : résistance antimicrobienne, réservoirs zoonotiques et maladies transmissibles, systèmes alimentaires durables et exposition aux pollutions, abordées lors du One Health Summit.

Éditorial de Claire Giry

La santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes sont profondément interdépendantes. L’approche One Health – « une seule santé » – s'appuie sur un principe selon lequel la compréhension et la prévention des risques sanitaires passent par une prise en compte conjointe des interactions entre les êtres vivants et leur environnement. Face aux défis croissants que représentent les zoonoses et les maladies vectorielles, la résistance aux antimicrobiens, la sécurité alimentaire ou encore les pollutions environnementales, cette approche intégrée s’impose désormais comme un cadre essentiel pour la recherche et l’action publique.

Depuis sa création, l’Agence nationale de la recherche (ANR) soutient des projets scientifiques qui s’inscrivent dans cette perspective interdisciplinaire et systémique, notamment dès 2005, via des appels à projets dans le cadre du programme Santé Environnement. Par ailleurs, depuis 2018, l’ANR a mis en place un comité de pilotage de la programmation (CPP) « One Health » de l’Appel à projets générique (AAPG) qui regroupe trois agences de programmes1 et plusieurs ministères concernés.

En effet, la recherche constitue un levier fondamental pour comprendre les mécanismes à l’origine des crises sanitaires, anticiper leurs évolutions, et développer des réponses durables. Entre 2014 et 2025, 776 projets relevant de l’approche One Health (pour les domaines de la résistance aux antimicrobiens, des systèmes alimentaires durables, des maladies zoonotiques et vectorielles et de la pollution) ont ainsi été financés par l’ANR dans le cadre de son Plan d’action, pour un montant total de 322 millions d’euros.

Cette dynamique s’inscrit pleinement dans les priorités nationales d’investissement dans la recherche et l’innovation. Dans le cadre du plan France 2030, l’ANR opère, pour le compte de l’État, plusieurs programmes structurants dédiés notamment aux maladies infectieuses émergentes, à l’antibiorésistance ou encore aux systèmes alimentaires durables. Sur la période 2010-2025, 84 projets, représentant plus de 240 millions d’euros d’investissements, contribuent ainsi à renforcer les capacités de recherche, à structurer les communautés scientifiques, et à accélérer le transfert des connaissances vers les politiques publiques et les innovations.

L’ensemble de ces projets soutenus par l’ANR mobilise un large éventail de disciplines – biologie, médecine, écologie, agronomie, sciences humaines et sociales ou encore sciences de l’environnement – et illustre la capacité des communautés scientifiques à travailler de manière décloisonnée.

Cette mobilisation se traduit également par une forte dynamique internationale et partenariale. Plus d’un quart des projets soutenus s’inscrivent dans des programmes européens (notamment les partenariats du programme-cadre Horizon Europe) ou internationaux, renforçant la compétitivité et l’intégration des équipes françaises dans les grands réseaux de recherche. Les dispositifs de financement couvrent par ailleurs l’ensemble du continuum de la recherche, depuis les projets portés par de jeunes chercheuses et chercheurs jusqu’aux initiatives collaboratives de grande ampleur associant laboratoires publics, acteurs socio-économiques et partenaires institutionnels.

Ces projets soutenus par l’ANR contribuent, entre autres, à structurer la recherche autour de quatre grands enjeux scientifiques et sociétaux, au cœur de cette publication : la lutte contre la résistance aux antimicrobiens ; les maladies infectieuses, zoonotiques et vectorielles ; la durabilité des systèmes alimentaires ; et, enfin, les pollutions chimiques et environnementales.

Les résultats de ces projets témoignent de l’impact scientifique et sociétal croissant de ces recherches. Pour les projets soutenus par l'ANR dans le cadre de son Plan d'action et relevant d’une approche One Health pour les quatre thématiques étudiées dans cette revue, 3 860 publications ont été identifiées, dont 86 % sont disponibles en accès ouvert, favorisant la diffusion des connaissances. Par ailleurs, plus de 38 % des projets ayant des publications ont vu leurs travaux cités dans des documents de politique publique, illustrant la contribution directe de la recherche à l’élaboration de stratégies sanitaires, environnementales et agricoles. C’est considérable, et cela illustre l’importance de la science comme fondement des politiques publiques.

Dans cette revue, l’ANR donne la parole à plusieurs chercheurs et chercheuses soutenus à travers des financements via le Plan d’action et/ou France 2030, afin de mettre en lumière la richesse et la diversité des travaux menés par les équipes de recherche françaises et leurs partenaires internationaux. Ces projets illustrent la manière dont la science permet de comprendre les mécanismes sanitaires et environnementaux en jeu, d’anticiper les risques, d’éclairer les décisions et d’accompagner les transformations nécessaires pour préserver la santé globale.

Plus que jamais, face aux défis globaux contemporains, l’approche One Health rappelle que la santé de l’humanité est indissociable de celle des animaux et des écosystèmes. En soutenant une recherche ambitieuse, interdisciplinaire et ouverte sur la société, l’ANR entend poursuivre son action afin de contribuer pleinement à l’émergence de solutions scientifiques pour la santé de demain.

Claire Giry
Présidente-directrice générale de l’Agence nationale de la recherche

Chiffres clés

Plan d’action

  • 776 projets pour 322 M€ sur la période 2014-2025, dont 13 % relèvent de deux ou trois thématiques. La tendance depuis 2014 est à une augmentation du nombre de ces projets au fur et à mesure des éditions (en moyenne près de 25 % d’augmentation annuelle), avec 28 projets en 2014 et 128 projets en 2025.
     
  • Dont :
    • 28 % – projets issus d’appels internationaux ou d'appels visant à stimuler la participation et la compétitivité des équipes françaises dans Horizon Europe 
    • 15 % – projets Jeunes chercheurs, jeunes chercheuses (JCJC) de l’AAPG 
    • 9 % – projets financés sur des instruments visant à contribuer à l’innovation et encourager les partenariats public/privé

Publications*

  • Pour les projets relevant d’une approche One Health et des quatre thématiques présentées dans cette revue, 3 860 publications ont été identifiées, ce qui représente une moyenne de 8,7 publications par projet ayant publié. Les projets les plus récents n’ayant pour la plupart pas encore de publications associées.
     
  • Parmi les publications dont l'information du Field Weighted Citation Impact (FWCI) est disponible dans OpenAlex (72% des publications identifiées), 35% figurent parmi les 10 % les plus citées et 5% appartiennent au top 1 %. Le citation percentile obtenu à partir du FWCI tient compte de la thématique "topic", du type de document et de l'année de publication.
     
  • 15,4 % des publications sont citées dans des documents de politique publique.
     
  • Plus de 38 % des projets ayant des publications ont vu leurs travaux cités dans des documents de politique publique. Le délai moyen entre l’année d’obtention d’un projet et la citation d’une de ces publications dans un document de politique publique est de 5,7 années.
     
  • 86 % des publications sont en accès ouvert.

France 2030

  • 84 projets pour plus de 240 M€ d’aide France 2030 sur la période 2010-2025.
     
  • Dont :
    • 80 M€ - Pôles de recherche et de formation par la recherche (Labex, Excellence sous toutes ses formes, Institut de convergence, Écoles universitaires de recherche – EUR, etc.)
       
    • 76 M€ - Programmes de recherche (PPR & PEPR)
       
    • 44 M€ - Infrastructures / Equipements (Infrastructures Nationales en Biologie et Santé (INBS), Equipex, Plateformes, etc.)
       
    • 23 M€ - Pôles de santé (Instituts Hospitalo-Universitaires - IHU)
       
    • 17 M€ - Formation (Compétences et Métiers d’Avenir)

Ces aides ont généré près de 190 M€ de financements additionnels (collectivités, Europe, entreprises, etc).

Publications*

  • Pour les projets relevant de la thématique One Health et des quatres thématiques de cette revue, 890 publications ont été identifiées. 47 % d’entre elles figurent parmi les 10 % les plus citées dans leurs domaines respectifs. Par ailleurs, 11 % appartiennent au top 1 % des articles les plus cités dans leurs thématiques (FWCI -  Source OpenAlex).
     
  • 24 % des publications sont citées dans des documents de politique publique.
     
  • 59 % des projets ayant des publications ont vu leurs travaux cités dans des documents de politique publique. 
     
  • 81 % des publications sont en accès ouvert.

data anr

Sur data anr, la plateforme interactive dédiée au partage des données ouvertes de l’Agence, retrouvez une visualisation regroupant les données sur les projets ANR financés autour de l’approche One Health et de ces quatre thématiques dans le cadre du Plan d’action et de France 2030, et consultez tous les projets en ligne sur anr.fr.

Consultez la page dédiée

 

*Analyse réalisée sur l’ensemble des publications, avec ou sans DOI, identifiées à partir des rapports des projets, ainsi que d’OpenAlex, HAL et WebOfScience. Les documents de politique publique sont retrouvés à partir des publications associées à un DOI (URL pérenne).

Résistance aux antimicrobiens

L’approche One Health, une nécessité dans la lutte contre les pathogènes résistants

Systèmes alimentaires durables

One Health : une approche essentielle pour la durabilité des systèmes alimentaires

Maladies transmissibles : zoonotiques et vectorielles

L’approche One Health, une nécessité pour suivre, prévenir et traiter les maladies infectieuses, zoonotiques et vectorielles

Exposition aux pollutions

Polluants chimiques, micro/nano-plastiques : l’engagement de l’ANR dans le cadre d’une approche One Health

L’approche One Health, une nécessité dans la lutte contre les pathogènes résistants

Si l’utilisation des antimicrobiens (antibiotiques, antifongiques, antiviraux et antiparasitaires) est un outil majeur de lutte contre les maladies infectieuses en santé humaine, animale et végétale, leur usage inapproprié et leur dissémination dans l’environnement ont favorisé l’émergence et la sélection naturelle de pathogènes résistants aux traitements. L’Organisation mondiale de la santé a par ailleurs classé, spécifiquement, la résistance aux antibiotiques  parmi les 10 plus grandes menaces pour la santé mondiale. Dès 2016, la France s’est engagée dans l’opérationnalisation de l’approche « Une seule santé » à travers la mise en œuvre d’une feuille de route interministérielle, actualisée en 2024, qui place la recherche au cœur de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Dans ce cadre, l’ANR a déployé un programme ambitieux et structurant : priorisation de la thématique dans les Appels à projets génériques (2019-2020), lancement de deux appels à projets spécifiques franco-allemands (2019-2020), participation à 17 appels internationaux dans le cadre des programmes JPIAMR et EUP OHAMR (2014-2025), mise en place d’un Programme prioritaire de recherche (PPR) en 2020 (France 2030 ; piloté par l’Inserm), publication d’un cahier et organisation d’un colloque en 2022.

Entre 2014 et 2025, 91 projets ont été financés pour un budget de 30,5 millions d’euros dans le cadre du Plan d’action. Plus de la moitié (63 %) relèvent de collaborations internationales (Programmes européens et internationaux, PRCI, bilatéraux spécifiques, MRSEI, SRSEI, T-ERC et Access ERC). Les chercheurs français ont ainsi collaboré avec des chercheurs de 50 pays, dont de nombreux pays européens, mais aussi des pays à revenu limité particulièrement touchés par le fardeau de l’antibiorésistance. Les projets financés par l’ANR s’articulent principalement autour de quatre thématiques : les mécanismes de sélection et de transmission de la résistance (35 %), la surveillance (28 %), les stratégies de décontamination, en particulier environnementale (25 %), et les déterminants – notamment sociaux – de l’usage des antimicrobiens en santé animale et en agronomie (10 %). Au total, 76 % des projets financés portent spécifiquement sur la résistance aux antibiotiques.

Le plan France 2030 a également renforcé le soutien à l’approche One Health dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens à hauteur d’environ 24 millions d’euros. Le financement de chaires senior et junior dans le cadre du PPR antibiorésistance a permis l’émergence, sur le territoire français, d’une nouvelle génération de chercheurs intégrant l’approche One Health dans leur stratégie de recherche tandis que le méta-réseau PROMISE a amélioré la coordination intersectorielle des stratégies de lutte contre l’antibiorésistance en France. Ces initiatives sont complémentaires d’autres dispositifs soutenus par France 2030, tels que les LabEx (dont IBEID), les IHU (dont l’IHU Méditerranée Infection) et les ÉquipEx (dont le récent Infectiotron).

Cette revue met en lumière des projets illustrant comment l’utilisation des antimicrobiens en santé animale et en agronomie, ainsi que leur dissémination environnementale, contribuent à l’émergence et à la transmission de pathogènes résistants, avec des répercussions directes sur la santé humaine.

L’approche One Health, une nécessité pour des systèmes alimentaires sains et durables

Un système alimentaire durable assure la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour tous, tout en préservant les fondements économiques, sociaux et environnementaux indispensables aux générations futures1. La sécurité alimentaire et nutritionnelle est atteinte lorsque tous les individus disposent, à tout moment, d’un accès durable à des aliments adéquats – en quantité, en qualité, sûrs et socioculturellement acceptables – leur permettant de mener une vie saine et active ).

Les systèmes alimentaires durables se situent au cœur des risques interdépendants qui affectent la santé humaine, la santé et le bien-être animaux, ainsi que les écosystèmes. Face aux menaces sanitaires mondiales liées à la dégradation de l’environnement, au changement climatique et à la pollution, l’approche One Health apparaît essentielle pour promouvoir des régimes alimentaires sains et durables tout en atténuant ces risques. Cette approche adopte une vision systémique du système alimentaire, de la production à la consommation, en incluant les étapes de stockage et de transformation, indispensables pour garantir la qualité sanitaire des denrées tout en limitant les pertes et le gaspillage. Les évolutions des pratiques de production, de stockage, de transformation et de consommation avec un meilleur ratio protéines végétales/protéines animales et une réduction des aliments ultra-transformés, constituent des axes majeurs pour renforcer la durabilité des systèmes alimentaires.

Depuis 2010, l'ANR a financé plus de 250 projets pour près de 110 M€ dans ce domaine (Plan d'action, France 2030), et 27 % de ces projets correspondent à des projets collaboratifs internationaux. Environ la moitié des projets est consacrée aux risques sanitaires dus à des pathogènes (Listeria, salmonelle...), à des toxines (mycotoxines, biotoxines marines), et autres contaminants chimiques (pesticides, métaux lourds, substances PFAS , micro/nano-plastiques). Plusieurs projets étudient les transitions agro-alimentaires favorisant la biodiversité végétale dans la production et la consommation. Dans le cadre de la stratégie nationale d’accélération « Alimentation durable et favorable à la santé » du plan France 2030, le programme de recherche (PEPR) « Alimentation – microbiomes (SAMS) » contribue, à hauteur de 5 M€, d'une part, à mieux comprendre le microbiome et ses interactions avec l’alimentation et la santé et, d'autre part, à trouver des conditions de mise en place de systèmes alimentaires durables, tandis que la mesure « Développer les protéines végétales et diversifier les sources de protéines » consacre plus de 6 M€ à la transformation des systèmes alimentaires dans une perspective One Health.

Dans le cadre des appels à projets, notamment à l'international (partenariats européens FutureFoodS et Agroecology), des efforts ont été récemment entrepris par les équipes de recherche françaises pour intégrer l’interdisciplinarité et une approche intégrative et trans-sectorielle dans une approche One Health, offrant un cadre politique essentiel pour la mise œuvre d‘actions cohérentes tant au niveau national que local. Cette approche est particulièrement pertinente aux Antilles où l'exposition des sols, des plantes, des animaux et des humains au chlordécone persiste, affectant l’ensemble du système alimentaire de ces territoires.

L’approche One Health, une nécessité pour suivre, prévenir et traiter les maladies infectieuses, zoonotiques et vectorielles

L’émergence, ou la réémergence, d’une maladie infectieuse est liée à des interactions complexes entre agents infectieux, leurs hôtes et les environnements dans lesquels ils évoluent ; les équilibres ont été modifiés sous des pressions diverses permettant le franchissement réussi de la barrière d’espèces. Ainsi, la pandémie de Covid-19, la plus grave de notre histoire récente, a été provoquée par un coronavirus émergent transmis à l’humain depuis l’animal. Cette pandémie a mis en lumière les liens étroits entre la santé humaine, animale et environnementale, dans un contexte de dégradation des écosystèmes, et de multiplication des contacts entre l’humain, le bétail et la faune sauvage.

La réduction des pressions sur l'environnement et l'intégration d'une approche One health se révèlent désormais être des leviers essentiels dans les activités scientifiques et opérationnelles de lutte et de prévention des émergences.

Mobilisée depuis de nombreuses années, l’ANR soutient des recherches fondamentales et appliquées consacrées aux maladies infectieuses, vectorielles et zoonotiques. Entre 2014 et 2025, l’Agence a financé plus d’une centaine de projets pour un montant total de près de 50 M€ dans le cadre de son Plan d’action. Ces financements ont été attribués majoritairement (62 %) via l’Appel à projets générique (axe thématique Maladies infectieuses et environnement), mais également à travers des appels spécifiques (FLASH COVID-19, RA-COVID-19) et des initiatives internationales telles que BiodivERsA ou ICRAD. Près de la moitié des projets soutenus portent sur les maladies vectorielles (45,7 %) et l'autre moitié (47,4 %) sur les zoonoses, hors maladies à transmission vectorielle. En ce qui concerne les maladies vectorielles, 68 % des projets concernent des pathologies transmises par les moustiques, la plus courante étant le paludisme.

Dans le cadre de France 2030, l’ANR constitue aussi un opérateur dans le déploiement de la stratégie d’accélération « Maladies infectieuses émergentes et menaces NRBC ». Lancée en 2021, la stratégie d’accélération a notamment vocation à prévenir, comprendre et contrôler les phénomènes d’émergence ou de réémergence de maladies infectieuses, et intègre pleinement le concept One health. Venue renforcer les efforts de financements et de structuration déjà existants sur cette thématique (PIA 1 à 3), on peut estimer, à ce jour, un soutien à la recherche et à la formation d’environ 148 millions d’euros à travers plus de quarante projets financés.

Dispositif phare du volet recherche de la stratégie d’accélération, le PEPR PREZODE, étroitement lié à l’initiative internationale du même nom, porte une vision pionnière de la prévention des risques de zoonoses, en amont du franchissement de la barrière d’espèces. Ce programme s’appuie sur une approche décloisonnée entre santé humaine, animale et environnement. Il mobilise des équipes de recherche pluridisciplinaires et des acteurs de la gestion opérationnelle, y compris des acteurs communautaires.

L’approche One Health, une nécessité pour répondre au défi de la pollution chimique mondiale

Le concept One Health, défini par l’OHHLEP  (2022) comme une approche intégrée visant à équilibrer durablement la santé humaine, animale et celle des écosystèmes, constitue aujourd’hui un cadre stratégique central pour répondre au défi de la pollution chimique mondiale.

Les polluants chimiques ainsi que les micro/nano-plastiques sont aujourd’hui omniprésents dans l’air, l’eau, les sols et l’alimentation. Plus de 100 000 substances sont actuellement commercialisées, alors qu’une fraction seulement a fait l’objet d’évaluations complètes en matière de toxicité et d’exposition. Les expositions sont multiples et peuvent entraîner des effets potentiellement inter- et transgénérationnels. Malgré les avancées scientifiques, d’importantes lacunes persistent concernant l’exposome  et les effets réels de ces contaminants sur la santé humaine, animale et environnementale.

L’ANR soutient des recherches fondamentales et appliquées sur ces thématiques. Depuis 2014, l’ANR a financé 442 projets pour un montant total d’environ 200 millions d’euros dans le cadre du Plan d’action, principalement via l’Appel à projets générique, mais également dans le cadre d’appels spécifiques (Chlordécone, Sargasses) et d’initiatives internationales (BiodivERsA et AquaticPollutants). Une augmentation régulière des projets consacrés aux micro/nano-plastiques est observée depuis 2014. Concernant les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), la moitié des projets relevant du champ One Health ont été financés au cours des cinq dernières années. Dans le cadre de France 2030, 13 projets pour un montant total de près de 48 M€ portent sur cette thématique, dont un consacré entièrement à l’exposome.

Ces recherches visent à mieux comprendre et caractériser les pollutions, notamment par le développement de nouvelles méthodes de détection et de quantification – par exemple pour la quantification des micro- et nano-plastiques dans différentes matrices environnementales et biologiques –, ainsi que par la cartographie spatiotemporelle des concentrations de divers polluants dans les différents compartiments de l’environnement. Les volets écotoxicologique et toxicologique des recherches explorent les effets des contaminants sur les organismes, depuis les mécanismes intracellulaires jusqu’aux impacts à l’échelle des populations. L’étude des effets combinés des polluants (« effets cocktails ») ainsi que de leurs interactions avec d’autres perturbations environnementales (notamment le changement climatique) est essentielle à la compréhension des impacts réels de la pollution de l’environnement sur les populations humaines. Enfin, le suivi de cohortes telles que E3N-Générations et RE-CO-NAI constitue un pilier majeur de l’approche One Health appliquée à l’étude des effets de la pollution de l’environnement sur la santé humaine.

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