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Démonstration d'efficience de pièges olfactifs connectés basés sur des diffuseurs ajustables – EffiTraps

Résumé de soumission

La communication chimique joue un rôle essentiel chez les insectes en leur permettant d’évaluer leur environnement et d’adapter leur comportement. Les insectes usent les sémiochimiques pour localiser leurs partenaires, leurs hôtes, leurs ennemis naturels, leurs compétiteurs et leurs sources de nourriture. Ils sont caractérisés par une exceptionnelle performance olfactive qui leur permet de détecter des doses infimes de molécules organiques volatiles. Certaines noctuelles détectent une simple molécule de la phéromone sexuelle féminine. Les sémiochimiques présentent donc l’avantage d’être utilisés pour une communication de messages à de grandes distances mobilisables au bénéfice du biocontrôle. L’usage de ces molécules volatiles en protection des cultures peut revêtir de nombreuses formes de mise en œuvre en raison de la nature variée des interactions intra- ou interspécifiques visées. Les phéromones sexuelles sont des attractifs couramment mis en oeuvre au niveau des pièges à insectes, que ce soit en vue du suivi épidémiologique ou du piégeage massif. Il est moins classique d’exploiter les kairomones. Ces sémiochimiques sont constitués de molécules organiques de différents poids moléculaires actifs à de très faibles concentration dans l’environnement, ce qui complique leur caractérisation chimique. L’INRA a développé une forte expertise dans ce domaine scientifique. En vue de valoriser ces connaissances au profit de l’agriculture, la start-up Agriodor fondée début 2019 développe le piégeage de la bruche de la féverole au moyen de kairomones. Les recherches ont permis de développer deux mélanges attractifs respectivement efficaces pour mimer la source de nourriture et l’hôte de la bruche de la féverole, soit la fleur et la gousse. Agriodor focalise ses efforts sur l’exploitation de ces attractifs pour développer le piégeage massif de la bruche. L’ambition est de limiter les dégâts induits par ce ravageur et ainsi éviter le recours aux insecticides problématiques pour les insectes non-ciblés.
Les efforts de recherche et développement d’Agriodor portent sur la maturation de cette solution de biocontrôle en vue de la rendre opérationnelle et compétitive. Les travaux ont montré lors de campagnes d’essais de terrain que l’évolution temporelle de la source passive de diffusion de la kairomone a une influence majeure sur l’attractivité du piège. Les améliorations de la matrice de stockage des composés organiques volatils ont permis de porter à trois semaines la période d’efficacité de l’attractivité. Le projet EffiTraps vise à changer de paradigme en passant de l’optimisation de diffuseurs de sémiochimiques passifs au développement de diffuseurs actifs par la mobilisation des compétences de l’UMR ITAP d’Irstea en agriculture numérique et en fluidique. Il s’agit d’une part de tirer profit des développements technologiques de l’internet des objets en agriculture et de leur appropriation croissante par le secteur agricole et d’autre part des possibilités nouvelles offertes dans le domaine de la micro-fluidique en contrôlabilité des microdébits pour délivrer le signal olfactif de manière optimale. Le projet cherchera à démontrer et quantifier les bénéfices de cette approche sur les perspectives d’adoption et guidera les développement technologiques ultérieurs. Les perspectives ouvertes par ce changement méthodologique sont: une sobriété de consommation de molécules sémiochimiques; une meilleure qualité du mélange diffusé durant la période de protection, une diminution de la densité de pièges nécessaire à niveau de protection équivalent, une limitation des interventions, de la charge de travail et de la charge mentale de l’agriculteur. Les résultats spécifiques à la lutte contre la bruche de la féverole pourront être par la suite être généralisés à d’autres sémiochimiques et contribueront ainsi de manière plus large à la l’efficience des méthodes de biocontrôle.

Coordinateur du projet

Monsieur Jean-Philippe TRANI (Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l'Environnement et l'Agriculture)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

AGRIODOR
IRSTEA Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l'Environnement et l'Agriculture

Aide de l'ANR 225 502 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2019 - 36 Mois

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