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POUR UNE HISTOIRE COMPAREE ET TRANSNATIONALE DES DESTINES AUX EXILES ET REFUGIES POLITIQUES DANS L'EUROPE DU XIXE SIECLE (1815-1870) – AsileuropeXIX

AsileuropeXIX - Pour une histoire européenne de l'exil et de l'asile politiques au XIXe siècle

L’Europe du xixe siècle a vu l’institutionnalisation de l’exil comme forme de mobilisation et d’engagement politique. Afin de cerner au plus près cette mutation, ce projet de recherche se concentre sur les années 1830-1870, période décisive pour la définition progressive de l’exil et de l’asile politiques, mais aussi pour la mise au point de dispositifs d’accueil réservés aux victimes étrangères d’une répression.

Le programme AsileuropeXIX veut proposer une histoire européenne de l’asile au XIXe siècle en s’intéressant aux dispositifs d’accueil des exilés politiques étrangers dans six pays européens.

Après le Congrès de Vienne, l’augmentation du nombre d’opposants chassés de leur pays pour des motifs politiques a induit de profondes transformations des politiques migratoires adoptées en Grande-Bretagne, en France, en Belgique, en Suisse, et dans une moindre mesure, dans le Royaume du Piémont-Sardaigne et en Espagne, qui représentaient les principaux pays concernés par l’accueil d’exilés politiques entre 1815 et les années 1870. Le projet de recherche consiste en une étude comparative et transnationale des dispositifs de sélection et de réception mis en œuvre dans ces six États pour recevoir les exilés politiques. L’exil a été alimenté par la répression d’insurrections libérales et radicales (insurrections italiennes du début des années 1820 et du début des années 1830, insurrections polonaises de 1830-1831, de 1846 et de 1863, Communes du début des années 1870, mais aussi par les guerres d’indépendance et les guerres civiles (guerre d’indépendance grecque dans les années 1820, ou encore guerres carlistes espagnoles entre 1833-1839 et 1872-1876). Quels ont été les pays précurseurs du point de vue de l’accueil des exilés politiques en Europe ? Est-ce que les décalages dans le temps sont à mettre au compte d’une inégale construction de l’appareil étatique et administratif, ou encore de facteurs idéologiques, culturels et même religieux ? Comment les exilés eux-mêmes ont-ils pu influencer le cours de ces politiques, en particulier par le biais du pétitionnement, et plus largement par leurs modes de mobilisation en exil ? Enfin, quelles ont été les réactions et initiatives observées au sein de la société civile pour recevoir les exilés et réfugiés politiques, ou au contraire pour dénoncer leur présence ? Telles sont les questions auxquelles ce projet s'emploie à répondre avec le concours d’une équipe forte de douze chercheurs.

Le programme AsileuropeXIX, « Pour une histoire européenne de l’exil et de l’asile politiques dans l’Europe du XIXe siècle », s’inscrit dans une démarche d’histoire comparative et transnationale. Le terrain d’enquête retenu pour analyser l’exil et l’asile sous l’angle des politiques migratoires intègre les principaux pays européens qui ont accueilli des exilés étrangers entre 1815 et les années 1870 (France, Grande-Bretagne, Suisse, Belgique, Espagne et Piémont-Sardaigne). Le projet de recherche consiste en une étude comparée des dispositifs de sélection et de réception mis en œuvre par les États européens pour recevoir une immigration d’origine politique et de nature contrainte. Mais il s’attache également à dépasser les approches traditionnelles de l’histoire politique en proposant une histoire « par le bas » des dispositifs d’accueil, une dimension qui doit permettre de mieux comprendre les liens entre exilés et sociétés civiles.

Quatre axes ont été définis pour guider les travaux collectifs du projet. Il s’agit tout d’abord d’établir un lexique européen de l’exil et de l’asile au XIXe siècle par le biais d’une analyse lexicométrique du vocabulaire juridique et administratif à l’appui d’un large corpus de dictionnaires, de codes et de textes législatifs et ministériels. Un second axe est consacré à l’étude du contrôle administratif et sanitaire des exilés aux frontières. Cette approche vise à interroger la surveillance des exilés par les autorités au sein des espaces frontaliers en s’intéressant aux instruments d’identification comme le passeport. Il est aussi envisagé d’appréhender les dispositifs publics et privés d’accueil destinés aux réfugiés en réalisant une typologie des initiatives prises par les pouvoirs publics et les sociétés civiles. Enfin, un dernier pan du programme de recherches propose d’étudier le contrôle migratoire a posteriori sous ses diverses formes : recours à l’expulsion ou encore bannissements vers l’espace colonial.

Entre 2016 et 2018, l’équipe du programme AsileuropeXIX a obtenu de premiers résultats :
_ Deux journées d’études ont été organisées en janvier 2017 (« Les mots de l’exil dans l’Europe du XIXe siècle », Musée national de l’histoire de l’immigration, Paris) et en janvier 2018 (« Éloigner les étrangers au XIXe siècle. Expulsions, déportations, relégations » et organisées, Colegio de España de la Cité internationale universitaire de Paris). La première a donné lieu à la publication d’un numéro de la revue Hommes & Migrations.
_ Un site Internet destiné à un large public a été conçu et créé : il héberge des notices lexicographiques (10 textes actuellement en ligne) ; des notices iconographiques (16 textes en ligne présentant des images sélectionnées par l’équipe) ; cartes commentées réalisées par des membres de l’équipe (19 en ligne) ; mais aussi des frises chronologiques sur les pays couverts par le programme. Ce site diffuse de nombreuses actualités relevant d’une veille scientifique sur l’histoire des migrations et exils au XIXe siècle. Chaque publication en ligne est relayée par un tweet du compte Twitter @asileurope qui compte plus de 500 abonnés.
_ Une base de données sur les étrangers expulsés hors de France au XIXe siècle a été conçue et alimentée par des recherches collectives. La base « ExpulsionsXIX » regroupe les informations nominatives de 2 573 étrangers expulsés par voie administrative de 1815 à 1870. Les données ont été compilées à partir de dossiers d’expulsion conservés dans plusieurs fonds des Archives nationales (Pierrefitte-sur-Seine), des Archives du ministère des Affaires étrangères (La Courneuve) et de plusieurs Archives départementales (Bas-Rhin, Bouches-du-Rhône, Calvados, Gironde, Nord, Somme). Les utilisateurs trouvent sur le site Internet une présentation de la base de données et peuvent interroger celle-ci à partir d’un formulaire de recherche multi-critères.

L’équipe d’AsileuropeXIX poursuit plusieurs objectifs jusqu’en mars 2020 :
- Le numéro de revue issu des travaux de la deuxième journée d’études du programme, « Éloigner les étrangers au XIXe siècle. Expulsions, déportations, relégations », est en cours de préparation. Coordonné par Delphine Diaz et Hugo Vermeren, il sera publié dans la revue à comité de lecture Diasporas. Circulations, migrations, histoire (2019/1).
- L’équipe prépare la rédaction d’un livre de synthèse, intitulé _Les Réprouvés. Sur les routes de l’exil dans l’Europe du XIXe siècle_, coordonné par Sylvie Aprile et Delphine Diaz. Participeront à la rédaction de l’ouvrage Sylvie Aprile, Constance Bantman, Fabrice Bensimon, Delphine Diaz, Alexandre Dupont, Antonin Durand, Laure Godineau, Romy Sánchez et Hugo Vermeren.
- Le site Internet du programme continuera d’être alimenté par la mise en ligne de nouveaux textes et ressources : en particulier de nouvelles cartes ainsi que des ressources lexicographiques pour nourrir la rubrique du site sur le vocabulaire de l’exil.
- L’équipe d’AsileuropeXIX prépare enfin l’organisation du colloque international de clôture du programme, qui s’intitulera « Exil, genre et famille au XIXe siècle », qui se tiendra à Reims, les 5-7 septembre 2019 (comité d’organisation : Delphine Diaz, Antonin Durand, Alexandre Dupont et Hugo Vermeren). Il s’intéressera au long XIXe siècle en adoptant une perspective mondiale.

L’équipe d’AsileuropeXIX a d’ores et déjà publié deux numéros spéciaux dans des revues à comité de lecture :
- Delphine Diaz et Catherine Brice, « Mobilités, savoir-faire, innovations », Revue d’histoire du XIXe siècle, n° 53, 2016/2 (plusieurs articles ont été traduits en anglais avec l’aide de l’Agence nationale de la recherche et mis en ligne sur le portail Cairn International) ;
- Delphine Diaz et Alexandre Dupont, « Les mots de l’exil dans l’Europe du XIXe siècle », Hommes & Migrations, n° 321, avril-mai-juin 2018.

Notre site Internet hébergé par la plateforme Huma-Num (https://asileurope.huma-num.fr/) contient des ressources pédagogiques sur le vocabulaire européen de l’exil et de l’asile au XIXe siècle, près de vingt cartes sur des itinéraires migratoires d’exilés à travers l’Europe, mais aussi des cartes commentées mettant en scène des réfugiés de cette époque. Le site donne également accès à une base de données nominative sur les étrangers expulsés depuis la France entre 1815 et 1870.

L’Europe du XIXe siècle a vu l’institutionnalisation de l’exil comme forme de mobilisation et d’engagement politique, aussi bien parmi les membres de « l’internationale libérale » qui s’est constituée et s’est renforcée après le congrès de Vienne, que parmi ceux de « l’internationale blanche » contre-révolutionnaire. Afin de cerner au plus près cette mutation, ce projet de recherche se concentrera sur le premier versant du siècle, période décisive pour la définition progressive de l’exil et de l’asile politiques, mais aussi pour la mise au point des dispositifs d’accueil réservés aux victimes étrangères d’une répression.
Après le Congrès de Vienne, l’augmentation du nombre d’opposants chassés de leur pays pour des motifs politiques a induit de profondes transformations des politiques migratoires adoptées en Grande-Bretagne, en France, en Belgique, en Suisse, et dans une moindre mesure, dans le Royaume du Piémont-Sardaigne et en Espagne, qui représentaient les principaux pays concernés par l’accueil d’exilés politiques entre 1815 et les années 1870. Le projet de recherche consiste en une étude comparative et transnationale des dispositifs de sélection et de réception mis en œuvre dans ces six États pour recevoir les exilés politiques. L’exil a été alimenté par la répression d’insurrections libérales et radicales (insurrections italiennes du début des années 1820 et du début des années 1830, insurrections polonaises de 1830-1831, de 1846 et de 1863, Communes du début des années 1870), mais aussi par les guerres d’indépendance et les guerres civiles (guerre d’indépendance grecque dans les années 1820, ou encore guerres carlistes espagnoles entre 1833-1839 et 1872-1876). Quels ont été les pays précurseurs du point de vue de l’accueil des exilés politiques en Europe ? Est-ce que les décalages dans le temps sont à mettre au compte d’une inégale construction de l’appareil étatique et administratif, ou encore de facteurs idéologiques, culturels et même religieux ? Comment les exilés eux-mêmes ont-ils pu influencer le cours de ces politiques, en particulier par le biais du pétitionnement, et plus largement par leurs modes de mobilisation en exil ? Enfin, quelles ont été les réactions et initiatives observées au sein de la société civile pour recevoir les exilés et réfugiés politiques, ou au contraire pour dénoncer leur présence ? Telles sont les questions auxquelles ce projet s’emploiera à répondre.
Le projet s’attachera d’abord à reconstituer le lexique utilisé pour qualifier les exilés et réfugiés, en prêtant attention aux nouvelles catégories élaborées en Europe afin de désigner les acteurs des migrations politiques au XIXe siècle. À travers cette approche lexicale il s’agira également d’étudier les termes utilisés pour désigner les pratiques juridiques et administratives appliquées aux exilés et réfugiés. Un second pan des recherches entreprises portera sur les contrôles des exilés aux frontières, étudiés à partir de sources administratives et policières d’une part et d’archives personnelles d’autre part (mémoires d’exil, autobiographies, correspondances). Quant à l’analyse des dispositifs d’accueil mis en œuvre à l’égard des réfugiés, elle se fera à travers l’histoire des politiques publiques – dispositifs de sélection, d’assistance, d’assignation à résidence des réfugiés – mais aussi par l’étude des réactions des sociétés civiles européennes face à cette présence étrangère d’un genre particulier. Enfin, le projet s’intéressera au contrôle a posteriori des migrations politiques dans l’Europe du XIXe siècle : différent du contrôle a priori exercé aux frontières grâce à l’usage coercitif du passeport, le contrôle a posteriori reposait sur le recours à des mesures d’expulsion et sur des incitations au départ vers les colonies européennes.

Coordinateur du projet

Madame Delphine Diaz (UNIVERSITE DE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

URCA UNIVERSITE DE REIMS CHAMPAGNE-ARDENNE

Aide de l'ANR 232 200 euros
Début et durée du projet scientifique : avril 2016 - 36 Mois

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