FRAL - Programme franco-allemand en SHS

<i>Dictionnaire Étymologique Roman</i> (DÉRom). Deuxième phase : le noyau panroman 2 – DÉRom

Dictionnaire Étymologique Roman (DÉRom)

Deuxième phase : le noyau panroman 2

Objectifs

L’objectif principal du projet DÉRom (Dictionnaire Étymologique Roman) consiste à rebâtir l’étymologie du noyau commun (quelque 500 étymons, dont environ 200 ont été traités durant la première phase du projet) du lexique héréditaire roman selon la méthodologie de la grammaire comparée-reconstruction – méthode jugée jusque là peu rentable en romanistique en raison du témoignage massif du latin écrit – et d’en présenter l’analyse phonologique, sémantique et stratigraphique sous une forme lexicographique-informatique.

Reconstruction comparative

Le principal résultat concerne la rédaction du dictionnaire. Le DÉRom porte cependant en lui un aspect qui lui est congénital et qui le dépasse pourtant : le projet s’est aussi mis au service de la poursuite d’enjeux stratégiques, qu’il s’agisse du changement de paradigme à impulser, de la fédération des forces vives ou de la formation de la relève en étymologie romane. En un mot, le DÉRom n’est pas qu’un dictionnaire : c’est aussi un mouvement.
Le DÉRom apparaît en effet comme le vecteur d’un changement de paradigme en cours en étymologie romane, où la méthode traditionnelle, fondée sur les données du latin écrit, est en train d’être remplacée par celle de la grammaire comparée-reconstruction. Si le DÉRom détient le monopole de la pratique de l’étymologie panromane, le débat théorique bat son plein au sein de l’ensemble de la communauté scientifique des romanistes.
Formé au départ par une équipe de 13 personnes, le DÉRom a bénéficié d’un vaste mouvement d’adhésion au sein de la communauté romaniste. Le projet joue ainsi un rôle fédérateur au sein d’une communauté scientifique qui se présentait auparavant sous une forme assez fortement dispersée. Ainsi, un des résultats stratégiques les plus déterminants du DÉRom réside dans le fait qu’en l’espace de quelques années, le nombre de linguistes romanistes qui ont une activité de recherche portant sur l’ensemble des langues romanes a très fortement augmenté : l’espèce du Vollromanist, quasiment menacée d’extinction en 2007, semble de nouveau avoir de beaux jours devant elle.
Enfin, la formation de la relève est un des objectifs déclarés du projet, car à l’heure où le paysage de la recherche et de l’enseignement supérieur européens est soumis à des restructurations en profondeur, il paraît important d’œuvrer pour le maintien et le développement du savoir-faire en étymologie romane de la France et de l’Allemagne, qui en représentent les deux principaux acteurs.

Publication de l'ouvrage «Le Dictionnaire Étymologique Roman (DÉRom).
Genèse, méthodes et résultats« chez De Gruyter en 2014.

- Bastardas i Rufat, Maria Reina, Buchi, Éva & Cano González, Ana María (2013) : « Etimoloxía asturiana ya etimoloxía romance : aportaciones mutues nun contestu de camudamientu metodolóxicu pendiente ». Lletres Asturianes 108, 11-39.
- Bastardas i Rufat, Maria Reina, Buchi, Éva & Cano González, Ana María (accepté) : « La etimología (pan-)románica hoy : noticias del Dictionnaire Étymologique Roman (DÉRom) ». Revista de Filología Románica.
- Buchi, Éva (2012) : « Des bienfaits de l’application de la méthode comparative à la matière romane : l’exemple de la reconstruction sémantique ». In : Vykypel, Bohumil & Bocek, Vít (éd.) : Methods of Etymological Practice, Prague, Nakladatelství Lidové noviny, 105-117.
- Buchi, Éva, González Martín, Carmen, Mertens, Bianca & Schlienger, Claire (accepté) : « L’étymologie de FAIM et de FAMINE revue dans le cadre du DÉRom ». Le français moderne.
- Buchi, Éva & Schweickard, Wolfgang (accepté) : « Per un’etimologia romanza saldamente ancorata alla linguistica variazionale : riflessioni fondate sull’esperienza del DÉRom (Dictionnaire Étymologique Roman) ». In : Boutier, Marie-Guy, Hadermann, Pascale & Van Acker, Marieke (éd.), Variation et changement en langue et en discours, Helsinki, Société Néophilologique.
- Florescu, Cristina (2012) : « The Academic Dictionary of the Romanian Language (‘Dictionarul academic al Limbii Române’ – DLR). Lexicological Relevance and Romanic Context ». Philologica Jassyensia 8, 19-26.
- Schweickard, Wolfgang (2012) : « Le Dictionnaire Étymologique Roman (DÉRom) entre tradition et innovation ». In : Trotter, David (éd.) : Present and future research in Anglo-Norman : Proceedings of the Aberystwyth Colloquium, 21-22 July 2011, Aberystwyth, The Anglo-Norman Online Hub, 173-178.

L’objectif principal du projet DÉRom (Dictionnaire Étymologique Roman) consiste à rebâtir l’étymologie du noyau commun (quelque 500 étymons, dont environ 200 ont été traités durant la première phase du projet) du lexique héréditaire roman selon la méthodologie de la grammaire comparée-reconstruction – méthode jugée jusque là peu rentable en romanistique en raison du témoignage massif du latin écrit – et d’en présenter l’analyse phonologique, sémantique et stratigraphique sous une forme lexicographique-informatique.

Le DÉRom porte cependant en lui un aspect qui lui est congénital et qui le dépasse pourtant : le projet s’est aussi mis au service de la poursuite d’enjeux stratégiques, qu’il s’agisse du changement de paradigme à impulser, de la fédération des forces vives ou de la formation de la relève en étymologie romane. En un mot, le DÉRom n’est pas qu’un dictionnaire : c’est aussi un mouvement.

Le DÉRom apparaît en effet comme le vecteur d’un changement de paradigme en cours en étymologie romane, où la méthode traditionnelle, fondée sur la grammaire historique et les données du latin écrit, est en train d’être remplacée par celle de la grammaire comparée-reconstruction. Si le DÉRom détient (bien malgré lui) le monopole de la pratique de l’étymologie panromane, le débat théorique bat son plein au sein de l’ensemble de la communauté scientifique des romanistes.

Formé au départ par une équipe de 13 personnes, le DÉRom a bénéficié d’un vaste mouvement d’adhésion au sein de la communauté romaniste, jusqu’à réunir aujourd’hui 53 membres. Le projet joue ainsi un rôle fédérateur au sein d’une communauté scientifique qui se présentait auparavant, en dépit de l’existence de deux centres de gravité principaux, le Französisches Etymologisches Wörterbuch (FEW) et le Lessico Etimologico Italiano (LEI), sous une forme assez fortement dispersée. Ainsi, un des résultats stratégiques les plus déterminants de la première phase du DÉRom réside dans le fait qu’en l’espace de trois ans, le nombre de linguistes romanistes qui ont une activité de recherche portant sur l’ensemble des langues romanes – non seulement sur l’italien, le français et l’espagnol, mais aussi sur le roumain, le dalmate, le sarde, le portugais etc. – a très fortement augmenté : l’espèce du Vollromanist, quasiment menacée d’extinction en 2007, semble de nouveau avoir de beaux jours devant elle.

Enfin, la formation de la relève est un des objectifs déclarés du projet, car à l’heure où le paysage de la recherche et de l’enseignement supérieur européens est soumis à des restructurations en profondeur, il paraît important d’œuvrer pour le maintien et le développement du savoir-faire en étymologie romane de la France et de l’Allemagne, qui en représentent les deux principaux acteurs.

Coordinateur du projet

Madame Eva BUCHI (CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE CENTRE-EST) – eva.buchi@atilf.fr

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CNRS/ATILF CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE CENTRE-EST

Aide de l'ANR 179 861 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2011 - 36 Mois

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