Stéphanie Debette - #monANR

Stéphanie Debette, neurologue et épidémiologiste, directrice de l’Institut du Cerveau

 

Stéphanie Debette : Prévenir le risque d’AVC

Stéphanie Debette, neurologue et épidémiologiste, est spécialisée dans la génomique des maladies vasculaires cérébrales et notamment la maladie des petits vaisseaux cérébraux. Directrice générale de l’Institut du Cerveau depuis janvier 2025, et précédemment directrice inaugurale de l'IHU VBHI pour lequel elle a obtenu un financement IHU3 dans le cadre du Plan France 2030 opéré par l’agence, Stéphanie Debette a obtenu plusieurs autres financements de l’ANR. L'un d'entre eux venait financer un projet européen transdisciplinaire JPND (BRIDGET), sur les facteurs de risque et protecteurs des maladies neurodégénératives ("BRIDGET"). Stéphanie Debette dirige aussi le projet recherche hospitalo-universitaire (RHU) SHIVA et est également, depuis 2025, lauréate du dispositif « Chaires d’excellence en Biologie Santé », dans le cadre du Plan France 2030.

La maladie des petits vaisseaux est la cause d’un tiers des accidents vasculaires cérébraux (AVC). En approfondissant la compréhension des mécanismes moléculaires et génétiques en jeu, mes recherches ont notamment permis d’envisager des stratégies de prévention des AVC et d’étudier l’impact des maladies neurovasculaires sur la survenue de maladies neurodégénératives de type Alzheimer. » Stéphanie Debette, neurologue et épidémiologiste, directrice de l’Institut du Cerveau.

En quoi consiste votre projet de recherche, BRIDGET ?

Je travaille dans le domaine de l’épidémiologie, génétique et moléculaire, des maladies vasculaires du cerveau.

Le projet BRIDGET a permis d’étudier plus précisément l’impact des maladies neurovasculaires sur la survenue des maladies neurodégénératives, en approfondissant la compréhension des mécanismes moléculaires, en particulier ceux liés à la maladie des petits vaisseaux cérébraux. Il a également permis d’identifier pour la première fois des facteurs de susceptibilité génétiques associés à cette maladie. C’est en réalité un groupe de pathologies se manifestant, souvent, par un accident vasculaire cérébral (AVC), et constituant la cause d’un tiers d’entre eux. Or, leur diagnostic précoce, notamment grâce à l’IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique), donne accès à une fenêtre de prévention cruciale : il permet non seulement d’anticiper le risque d’AVC, mais aussi celui de démence et de déclin cognitif. Cela souligne la pertinence d’étudier les liens possibles entre ces maladies neurovasculaires et les maladies neurodégénératives de type Alzheimer, en ayant notamment recours au séquençage monocellulaire du tissu cérébral.

Qu’a permis ce financement de l’ANR ?

Il a été capital dans la constitution d’une équipe de recherche solide et dans le développement de consortiums internationaux toujours très actifs aujourd’hui. Grâce à cette dynamique, des collaborations interdisciplinaires ont pu se mettre en place, entre épidémiologistes, chercheurs en biologie expérimentale cardiovasculaire et experts en imagerie. Ensemble, ils ont trouvé des marqueurs diagnostiques précoces et plus précis, améliorant significativement la détection et la caractérisation de la maladie.

Quel impact ce projet de recherche va-t-il avoir sur la société ?

Ces projets ont déjà conduit à des avancées visibles pour les patients. Grâce à de nouveaux outils et à l’évolution de l’imagerie, nous pouvons désormais détecter plus précocement des personnes à risques. Il existe également des perspectives d’applications thérapeutiques, encore non commercialisées mais très prometteuses, grâce au repositionnement de certaines molécules déjà utilisées pour d’autres indications, qui pourraient devenir des traitements intéressants dans le cadre de la maladie des petits vaisseaux.

L’ANR a 20 ans. Avez-vous un mot pour définir l’ANR ?

Le rôle de l’ANR a été pour moi fondamental. Elle a eu une place essentielle, m’a permis de m’accompagner tout au long de mon parcours ; dès mon retour des États-Unis, à une époque où je n’avais pas encore de poste universitaire.

Puis elle m’a accompagnée dans des projets de plus en plus ambitieux. Je suis, par exemple, très satisfaite que l’ANR soutienne des projets à l’échelle européenne et internationale, impliquant un grand nombre de collaborateurs. Nous avons notamment collaboré avec des partenaires australiens et canadiens, avec un soutien important de l’ANR, afin de favoriser notamment le partage des données, un élément essentiel dans notre domaine de recherche.

 

En savoir plus :

Le projet BRIDGET sur le site de l’ANR

Le site du projet SHIVA 

Le site de l’Institut du cerveau 

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