Protection et restauration de la biodiversité urbaine par l'amélioration des filtres plantés pour le traitement des surverses de déversoirs d'orage – OPRA
La révision de la Directive sur le traitement des Eaux Urbaines Résiduaires (DERU) oblige les États membres de l'UE à réduire considérablement les rejets non traités. Les charges polluantes des surverses de déversoir d'orage dans les milieux récepteurs ont été estimées dans plusieurs études, et pourtant, les effets de ces charges polluantes sur la biodiversité aquatique et riveraine restent encore peu étudiés. Pour traiter les surverses de déversoirs d’orage, le système le plus complet est actuellement assuré par les filtres plantés, qui constituent une couche filtrante de substrat technique avec un volume de rétention pouvant aller jusqu'à 2 m sur sa surface. Les plantes choisies sont des espèces locales adaptées aux conditions difficiles (en Europe, il s'agit souvent de Phragmites australis).
Toutefois, leur encombrement, les obstacles législatifs et la méconnaissance de leur fonction limitent leur application à grande échelle dans de nombreuses régions. La réduction de leur empreinte globale et la quantification de leurs co-bénéfices pour la biodiversité urbaine constituent donc une étape cruciale pour une meilleure protection des eaux de surface.
Le cœur du projet est centré sur l’évaluation des effets bénéfiques des filtres plantés, qui atténuent les charges de polluants et les pics hydrauliques provenant des déversoirs d’orage, sur la biodiversité en milieu urbain. Nous cherchons à déterminer dans quelle mesure les filtres plantés peuvent améliorer le peuplement des communautés de macroinvertébrés aquatiques benthiques ainsi que leur santé, et comment leur application peut être élargie pour répondre aux exigences de la DERU sur les eaux de surfaces, conformément à la protection et à l'amélioration de la biodiversité dans ces zones.
Pour cela, le consortium qui est composé de trois groupes de recherche de trois pays, d'une organisation à but non lucratif, d'un fournisseur de services urbains clés et d'une PME, utilisera une approche pluridisciplinaire. L'évaluation de la faune aquatique basée sur la biosurveillance classique et la mesure innovante des performances mitochondriales des macroinvertébrés apportera de nouvelles connaissances sur l'impact des décharges d'eaux usées sur ces organismes indicateurs sédentaires. Ces mesures seront associées à des essais sur le comportement et la physiologie des organismes et de leurs progénitures exposées à des surverses de déversoir d’orage traités et non traités dans les eaux de surface réceptrices. En outre, l'amélioration de la biodiversité des zones riveraines sera étudiée.
Les résultats obtenus concernant l'évaluation de la biodiversité seront utilisés dans un modèle holistique intégré qui prend en compte les systèmes d'évacuation des eaux pluviales, les performances des stations d'épuration des eaux usées, les milieux récepteurs et la biodiversité en tant que co-bénéfice supplémentaire. Cette dernière étape permettra un transfert direct aux urbanistes et aux autres parties prenantes, et favorisera l'évaluation multicritères.
Bien que les déversoirs d'orage puissent présenter des avantages pour la biodiversité par rapport aux infrastructures grises, l'espace requis est souvent un obstacle à leur mise en œuvre. Les limites annuelles actuellement estimées pour la charge de particules fines seront remises en question au cours du projet et des adaptations de la conception seront recherchées afin de réduire la surface requise dans les normes de conception.
L'implication des parties prenantes dès le début du projet garantit que les résultats du projet répondent à leurs besoins et identifient les défis pour les praticiens et les décideurs dans le secteur de l'eau urbaine. Un autre pilier du projet consistera à examiner les entraves à la législation et les pratiques courantes concernant la mise en œuvre des systèmes d'assainissement collectif et à essayer d'identifier, en échangeant avec les parties prenantes, la manière dont ces facteurs pourraient être surmontés.
Coordination du projet
Katharina Tondera (LABORATOIRE D'ECOLOGIE DES HYDROSYSTEMES NATURELS ANTHROPISES)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
LEHNA LABORATOIRE D'ECOLOGIE DES HYDROSYSTEMES NATURELS ANTHROPISES
ICRA Fundacio Institut Catala de Recerca de l'Aigua
BGEO BGEO Open GIS, S.L.
GRAIE GRAIE
UGent Universiteit Gent
Aquafin Aquafin NV
Aide de l'ANR 303 312 euros
Début et durée du projet scientifique :
novembre 2025
- 36 Mois