Heures des repas et risque de cancer: rôle médiateur de la dérégulation métabolique, de l'inflammation et du stress oxydant – TICTOC
Le développement du cancer est multifactoriel, impliquant la dérégulation métabolique, le stress oxydatif et l'inflammation. Les modes de vie modernes, caractérisés par de longues heures de travail et un manque de temps, ont contribué à des changements involontaires et généralisés des habitudes alimentaires, notamment les repas tardifs, des horaires de repas irréguliers et le saut du petit-déjeuner. D'autre part, des nouvelles tendances alimentaires axées sur le moment des repas, notamment le jeûne intermittent et l’alimentation à horaires restreints (TRE), gagnent en popularité, surtout pour la prévention et la prise en charge du surpoids. Cependant, leur impact sur le risque de cancer reste incertain. Les résultats des essais randomisés à court terme sont contradictoires et les études observationnelles à long terme sont rares, car il est difficile d’évaluer les comportements alimentaires circadiens dans les cohortes. Les liens entre les horaires des repas, les rythmes de sommeil et le risque de cancer ainsi que les mécanismes sous-jacents restent mal compris. Pourtant, les preuves des modèles expérimentaux suggèrent un lien important des heures des prises alimentaires dans la régulation des horloges biologiques.
De plus, les habitudes horaires alimentaires détaillées de la population française n'ont jamais été explorées.
Nous émettons l'hypothèse que, au-delà de la qualité nutritionnelle, il existe des moments et des durées optimaux dans la journée pour la prise alimentaire, permettant de réduire le risque de cancer. Nous postulons que les liens entre les horaires des repas et du sommeil et la survenue du cancer sont médiés par plusieurs voies, incluant la dérégulation métabolique, l'inflammation et le stress oxydatif, avec des proportions de médiation spécifiques à chaque mécanisme. Ce projet décrira les habitudes horaires alimentaires des Français, à travers l'enquête représentative Esteban, et étudiera, dans la cohorte NutriNet-Santé (n=105 000), les associations entre ces horaires et les cancers (avec 1200 cancers incidents du sein, 500 de la prostate, 350 colorectaux, 2250 cancers liés à l’obésité). Grâce à des questionnaires alimentaires de 24-heures répétés incluant des données précises sur les heures et la composition des prises alimentaires, à une biobanque, et à un suivi de 15 ans, ce projet permettra d'étudier le rôle de la perturbation circadienne liée aux heures des repas et du sommeil, dans l'apparition des cancers. Nous analyserons le rôle de la dysrégulation métabolique (syndrome métabolique, leptine, adiponectine), de l'inflammation (CRP, interleukines, TNF) et du stress oxydatif (isoprostanes) dans ces associations.
Ce projet pourrait enrichir les recommandations nutritionnelles pour la prévention du cancer en intégrant des données validées sur les rythmes alimentaires et le sommeil, à travers une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents, pouvant même guider de futures interventions.
Coordination du projet
Bernard Srour (Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques - Equipe EREN)
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Partenariat
CRESS - EREN Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques - Equipe EREN
Aide de l'ANR 383 889 euros
Début et durée du projet scientifique :
janvier 2026
- 42 Mois