Effets de la consommation d'édulcorants sur les voies gustatives sucrées, les comportements associés au goût et le métabolisme du glucose – SWEET-ME
Dans notre société moderne, la nourriture riche en sucres ajoutés est présente partout et facilement accessible. L’attrait pour cette nourriture fait qu’elle est souvent consommée en absence de besoin énergétique, contribuant à l’émergence dans le monde de l’obésité et du diabète. Pour contrer ce phénomène, les sucres ajoutés sont remplacés par des édulcorants non nutritifs (ENN), qui produisent une perception sucrée sans apporter de calories. Cependant, les effets de la consommation régulière des ENN sur la santé humaine ne sont pas bien compris. Notamment, déterminer si les ENN produisent un goût sucré sans induire de complication métabolique, même sans apporter de calories, est l’une des problématiques les plus controversées.
Chez les mammifères, la perception du goût sucré est médiée par le récepteur T1R2+T1R3, qui lie entre autres les sucres simples et les ENN. Toutefois, des réponses résiduelles au niveau comportemental et au niveau des nerfs gustatifs sont observées spécifiquement pour le glucose en absence de T1R2+T1R3 chez les humains et les rongeurs. De plus, suite à une administration orale de glucose, une élévation rapide d’insuline, indépendante du signal T1R3 mais qui nécessite des nerfs gustatifs intacts, est détectée. Récemment, des senseurs spécifiques du glucose ont été localisés dans le système gustatif. Ils sembleraient jouer un rôle dans l’intégration du signal sucré avec la prise alimentaire et/ou les réponses métaboliques. Cependant, l’impact de la consommation régulière des ENN sur ces voies gustatives spécifiques au glucose n’est pas connu. Avec SWEET-ME, nous posons l’hypothèse que les voies gustatives mettant en jeu ces senseurs du glucose sont impactées par une consommation régulière d'ENN, amenant à une altération de la perception du glucose et du métabolisme glucidique. L’objectif de SWEET-ME est donc d’analyser le rôle de ces senseurs linguaux du glucose dans les perturbations induites par les ENN pour les réponses liées au goût et à la régulation glycémique.
Coordination du projet
Sandrine Chometton (INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT)
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Partenariat
CSGA INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT
Aide de l'ANR 320 606 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2025
- 48 Mois