CE21 - Alimentation et systèmes alimentaires 2025

REcyclage des biodéchets non autorisés par la mouche soldat noire : bénéfices et risques – REFLY

Résumé de soumission

Alors qu’environ 1/3 des aliments produits dans le monde est perdu ou gaspillé chaque année, avec des coûts environnementaux, économiques et sociaux estimés à près de 2.4 milliards d’€, il est urgent en plus de limiter les pertes et de favoriser la réutilisation, d’explorer des approches innovantes de bioéconomie circulaire pour recycler les nutriments, et relever ainsi les défis de la sécurité alimentaire et de la durabilité. Des travaux récents montrent l’intérêt de la mouche soldat noire, Hermetia illucens (MSN), dont la larve peut se développer sur un large éventail de substrats organiques, pour convertir les biodéchets en aliments pour animaux, engrais ou biocarburants. Après une période dynamique, marquée par des évolutions réglementaires décisives qui ont permis à des nouvelles entreprises de produire des insectes sur des substrats nutritifs standardisés (sous-produits céréaliers, coproduits de l’agroalimentaire) ou plus rarement sur des biodéchets végétaux, la croissance de la filière connaît actuellement un net ralentissement. Celui-ci s’explique principalement par la forte compétition pour l’utilisation des substrats avec d’autres secteurs d’activité bien implantés. Afin de se relancer, la filière doit rapidement s’orienter vers de nouveaux substrats; l’exploitation de biodéchets à la fois abondants, disponibles, nutritionnellement adaptés, et non utilisés par les secteurs concurrents, constitue sans doute la piste la plus prometteuse. Mais des restrictions réglementaires de l’UE limitent à l’heure actuelle l’éventail des gisements utilisables pour l'élevage de larves de MSN.
L'objectif de REFLY est d'évaluer les bénéfices et les risques de l'entomoconversion, par les larves de MSN, des biodéchets alimentaires non autorisés les plus prometteurs afin de fournir aux pouvoirs publics et aux entreprises des filières « biodéchets » et « insectes » des données objectives pour reconsidérer, ou au contraire maintenir, les restrictions réglementaires actuelles. Les résultats obtenus devraient permettre de préciser pour chaque gisement étudié, le type d’exploitation qui pourra éventuellement en être faite et fournir des recommandations pour y parvenir.
Afin d’atteindre ces objectifs, la première phase de REFLY sera consacrée à définir, sur une base multicritère, les biodéchets interdits à prioriser, à les collecter et à les entomoconvertir en produits d’insectes potentiellement valorisables sur les marchés des aliments pour animaux, biocarburants ou fertilisants. La seconde phase du projet consistera à analyser les produits obtenus pour permettre une évaluation objective de 1/ leur sécurité sanitaire biologique (prion), microbiologique (micro-organismes pathogènes) et chimique (micropolluants, composés néoformés toxiques, microplastiques), 2/ de leur qualité nutritionnelle (macro et micronutriments), 3/ de leur acceptabilité vis à vis des consommateurs et des acteurs des filières et 4/ de leur rentabilité économique. La troisième phase du projet consistera à réaliser pour chaque type de biodéchet non autorisé étudié une analyse bénéfices-risques multicritère et multi-acteur. Des méthodes récentes d’analyse automatique de texte seront explorées pour analyser les données volumineuses issues d’une veille scientifique sur le sujet, et les intégrer à l’analyse bénéfices-risques de plusieurs scénarios étudiés par REFLY. Cette analyse, s’appuyant sur différents critères (sanitaire, nutritionnel, sociologique, économique, réglementaire …) et différentes parties prenantes (recherche, industrie, pouvoirs publics, consommateurs…), s’intéressera notamment aux effets d’amplification et d’atténuation des bénéfices et risques interagissant dans un système bioéconomique circulaire.
Coordonné par INRAE-QuaPA, REFLY implique un consortium très pluridisciplinaire de 6 unités de recherche réunissant des spécialistes en nutrition, microbiologie, toxicologie alimentaire, sociologie, économie et ingénierie des connaissances.

Coordination du projet

Erwan Engel (INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

QuaPA INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT
C2VN Centre de recherche en CardioVasculaire et Nutrition
INRAE PACA - SQPOV INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT - Centre de Recherche PACA - SQPOV
IATE INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT
MIAT INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT
IRISSO INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE POUR L'AGRICULTURE, L'ALIMENTATION ET L'ENVIRONNEMENT

Aide de l'ANR 599 670 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2026 - 48 Mois

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