CE15 - Immunologie, Infectiologie et Inflammation 2025

Rupture de tolérance B envers des autoantigènes liée au gain de fonction de STING – BOOSTING

Résumé de soumission

Des défauts de clairance et/ou une détection accrue de l'ADN, activant la voie cGAS/STING, sont associés à la production d'autoanticorps dans les interféronopathies de type I telles que le SAVI (STING Associated Vasculopathy with onset in Infancy). Le SAVI est causé par des mutations gain de fonction (GOF) de STING, entraînant une activation constitutive de cette voie. Les patients souffrent d’une maladie auto-inflammatoire sévère avec atteintes cutanée et pulmonaire associées à une mortalité élevée, et produisent des autoanticorps. Une hyperplasie des cellules B folliculaires est également observée au niveau des poumons des patients. Les souris STING GOF (V154M/N153S), modélisant les mutations SAVI les plus fréquentes, présentent une survie réduite, une inflammation pulmonaire avec fibrose, et un phénotype hyperactivé des lymphocytes T et B. De plus, l'analyse de quelques souris N153S a révélé la production d'autoanticorps. Toutes ces données soulèvent la question fondamentale du rôle de la voie cGAS-STING dans la rupture de la tolérance des cellules B, qui doit être étudiée plus en détail, à la fois dans le contexte murin et humain. En outre, un rôle des cellules stromales dans la pathogenèse des maladies auto-immunes est fortement suspecté. De manière intéressante, la mutation V154M dans les cellules stromales déclenche la production d’autoanticorps. Notre projet vise à étudier le rôle de STING dans la rupture de tolérance B.
En utilisant des modèles uniques de souris STING GOF (V154M et N153S) et en ayant accès à des échantillons de sang frais de patients SAVI, ainsi qu'à des lignées de cellules souches pluripotentes inductibles (iPS) dérivées de patients et déjà générées, notre projet a le potentiel de démontrer le rôle de la voie STING dans la rupture de la tolérance des cellules B en trois axes. Premièrement, nous allons analyser la rupture de tolérance des lymphocytes B dans différents modèles murins STING GOF, par des approches complémentaires : analyse extensive de la production d'autoanticorps à l’aide de « puces » à autoantigènes, du phénotype/transcriptome des cellules B autoréactives, et étude des mécanismes de tolérance et du développement de l'auto-immunité chez des souris STING GOF exprimant un BCR transgénique anti-ADN bien caractérisé dans la littérature (56R) (Objectif 1). Deuxièmement, nous allons évaluer le rôle du stroma dans la rupture de la tolérance des cellules B chez les souris STING GOF, par des expériences de transfert de moelle osseuse, et l'analyse du transcriptome des cellules stromales des organes (objectif 2). Enfin, nous transposerons les données obtenues chez la souris dans le contexte humain du SAVI avec l’étude d’échantillons sanguins de patients et de modèles issus de cellules humaines dérivées d’iPS. La production d'autoanticorps et le phénotype des cellules B totales/autoréactives seront analysés. Des cellules stromales seront différenciées à partir des iPS de patients SAVI et mises en coculture avec des cellules B afin d'analyser leur impact sur la maturation et l'activation des cellules B, et d'identifier les principaux acteurs impliqués de ces effets.
Notre consortium réunit des compétences complémentaires en biologie cellulaire humaine/murine, dans l’étude de la biologie et de la rupture de tolérance des cellules B, en détection des autoanticorps, dans l’étude des mécanismes des interféronopathies, en modélisation cellulaire dérivée des iPS, et en immunologie clinique, avec un accès unique à des échantillons de patients SAVI. Notre projet permettra d'élucider un nouveau rôle de la voie STING dans la rupture de tolérance des cellules B. En outre, notre projet pourrait améliorer les soins des patients grâce au développement de biomarqueurs pour le diagnostic et/ou le suivi des patients SAVI, et ouvrir la voie au développement de thérapies ciblées pour le SAVI, mais aussi pour des maladies auto-immunes plus fréquentes, telles que le lupus.

Coordination du projet

Pauline Soulas-Sprauel (INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Inserm_U1109_IRM INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE
Imagine IMAGINE -INSTITUT DES MALADIES GÉNÉTIQUES

Aide de l'ANR 495 768 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2025 - 42 Mois

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