Les sous-types de neutrophiles dans le développement de la parodontite – Su-Per
Largement répandue, la parodontite constitue un enjeu majeur de santé publique, entraînant la destruction irréversible des tissus de soutien des dents. Au-delà de son impact local, elle est étroitement liée à des maladies inflammatoires systémiques. Cette pathologie résulte d'une inflammation chronique non contrôlée, induite par une dysbiose orale impliquant souvent Porphyromonas gingivalis. Ainsi, une surabondance de neutrophiles ou des altérations de leurs fonctions pourraient contribuer à la parodontite, soulignant l'importance d'une régulation précise pour maintenir l'homéostasie parodontale. Il est établi que P. gingivalis modifie les fonctions des neutrophiles, détournant leur rôle de l'activité bactéricide et de la réparation tissulaire vers une activité pro-inflammatoire et catabolique. Dans ce contexte, nous avons identifié des sous-populations distinctes de neutrophiles interagissant avec les cellules osseuses dans des modèles expérimentaux de parodontite, en fonction de la présence de P. gingivalis. Cependant, leur contribution à la sévérité de la maladie reste mal comprise. Nous formulons l'hypothèse que ces sous-populations jouent des rôles distincts aux différentes étapes de la parodontite, influençant ainsi la progression de la maladie et les lésions tissulaires. Notre projet translationnel vise à :
1. Identifier les phénotypes de neutrophiles prédictifs de la sévérité de la parodontite chez l’humain,
2. Déterminer les fonctions des sous-populations de neutrophiles dans la progression de la parodontite,
3. Caractériser les interactions entre les neutrophiles et P. gingivalis dans l’induction de l’inflammation et la résorption osseuse.
Ce projet adopte une approche innovante et globale pour l’étude de la parodontite, en proposant une analyse fonctionnelle de l’implication des neutrophiles grâce à des technologies de pointe (phénotypage immunitaire approfondi par immunohistologie hautement multiplexée, cytométrie en flux spectrale et protéomique). Il s’appuie sur des collections biologiques et des modèles expérimentaux pour explorer les mécanismes moléculaires et cellulaires de la perte osseuse associée à la parodontite. Bien que centré sur la parodontite, cette approche translationnelle permet une vision plus globale du comportement des neutrophiles, offrant de nouvelles perspectives sur leur rôle dans l’inflammation et la résorption osseuse, et constituant un modèle pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques contre les maladies inflammatoires impliquant les neutrophiles.
Coordination du projet
Jérôme Bouchet (Santé Orale)
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Partenariat
Santé Orale Santé Orale
IC Institut Cochin
Aide de l'ANR 467 847 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2025
- 42 Mois