Décodage du couplage sympago-pélago-benthique arctique : un élément essentiel pour comprendre la séquestration du CO2 et la dynamique des réseaux alimentaires. – DECOD-ARCTIC
En raison des conditions environnementales froides et extrêmes qui prévalent dans l'Océan Arctique (OA), sa production primaire repose principalement sur les algues associées à la glace de mer (algues sympagiques) et sur celles qui se développent dans les eaux libres (algues pélagiques). Ces microalgues jouent un rôle essentiel dans le maintien du réseau alimentaire, crucial pour les communautés inuites, tout en contribuant à la séquestration du carbone grâce à leur apport significatif aux flux verticaux de matière organique (MO) de la surface vers les sédiments, dans un processus appelé couplage sympago-pélago-benthique (SPB). Cependant, bien que l’OA se réchauffe près de quatre fois plus vite que le reste du globe, il est actuellement impossible de prédire avec précision l'avenir de son couplage SPB.
En effet, les mécanismes d'exportation et de dégradation de la MO, en particulier sympagique, demeurent mal appréhendés. Le projet DECOD-ARCTIC a ainsi pour ambition de caractériser les processus qui modulent la contribution des algues sympagiques au couplage SPB. Pour ce faire, trois tâches principales sont définies : (1) analyser les processus de dégradation des algues dans la glace, (2) suivre les voies d'exportation des algues et leur impact sur la sédimentation, et (3) comprendre le devenir de cette MO dans les sédiments : séquestration du CO2 ou soutien du réseau trophique benthique.
La méthodologie s'appuie sur une approche multiproxy innovante basée sur des biomarqueurs lipidiques, combinée à des expériences in vitro et à des échantillonnages in situ sur le brise-glace NGCC Amundsen ainsi qu’à la station de recherche de Qikiqtarjuaq (Nunavut). Les résultats combleront nos lacunes dans la compréhension du couplage SPB et offriront des perspectives clés sur l'évolution des écosystèmes arctiques, essentielles pour les communautés inuites dont la subsistance dépend des ressources marines.
Coordination du projet
Rémi Amiraux (TAKUVIK)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
TAKUVIK TAKUVIK
Aide de l'ANR 338 473 euros
Début et durée du projet scientifique :
septembre 2025
- 48 Mois