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Stockage de grains et denrées : co-conception d’innovations locales, résilientes et bas carbone en capitalisant sur les techniques ancestrales, savoir-faire paysans et intelligences collectives. – LocaStock

Mobiliser les savoir-faire ancestraux et présents pour un stockage de grains résilient

Stocker des grains et des denrées alimentaires dans des conditions locales, saines, bas carbone est un enjeux de sécurité alimentaire dans un monde instable. Et si on développait des solutions innovantes en s’inspirant des technologies ancestrales et du bon-sens paysan ?

Stocker des grains et des denrées alimentaires dans des conditions locales, saines, bas carbone, un enjeux pour demain

Stocker localement des grains et des denrées alimentaires de façon sécurisée et sans recours aux énergies fossiles et produits de protection de synthèse est un enjeu majeur, non seulement pour la sécurité et la souveraineté alimentaire mais aussi pour la protection de l’environnement et l’atténuation des changements climatiques. Pourtant, très peu de références scientifiques et techniques sont disponibles sur cette thématique. Sécheresses, inondations, ouragans, tremblements de terre, pandémies, invasions de ravageurs, troubles géopolitiques et bien d'autres événements encore menacent la sécurité alimentaire. Non seulement la production de matières agricoles primaires mais aussi leur mode de stockage impactent l’approvisionnement et sont très sensibles à ces événements. Les céréales et les légumineuses représentent la première catégorie de denrées alimentaires consommées dans le monde et leur stockage est la principale source de gaspillage et perte. L’amplification de la présence d’ insectes granivores dans les silos de grains récoltés, oblige les organismes stockeurs à développer des techniques toujours plus énergivores. Un autre risque majeur est lié à l’accumulation de mycotoxines. Actuellement la gestion sanitaire des stocks utilise la réfrigération active ou l’utilisation d’une ventilation forcée et l’application de traitements phytosanitaires.. Développer des systèmes de stockage des céréales et autres productions agricoles primaires à dépenses énergétiques très faibles voire nulles et déployables localement, est un moyen de résilience pour faire face à des chocs imprévus primordial dans un contexte de changement climatique et de pratiques agricoles.

Des producteurs de céréales biologiques, des paysans meuniers et boulangers, une régie de quartier défavorisé, des archéologues experts de silos moyenâgeux souterrains, des pathologistes des céréales, des généticiens et agronomes de la diversité cultivée, des biochimistes, ont décidé d’œuvrer ensemble pour IMAGINER des idées innovantes de stockage, alternatives aux techniques actuelles, EXPÉRIMENTER des silos souterrains pour stocker les récoltes chez des agriculteurs tout en mesurant avec des techniques modernes les conséquences sur la qualité sanitaire et technologique des grains et des farines et ESSAIMER leur réflexions et résultats.

S’appuyer sur des techniques ancestrales, pour répondre aux urgences du présent et aux enjeux du futur est au cœur de ce projet de deux ans. Il a embarqué un collectif d’acteurs aux regards, compétences et disciplines très diverses, et a facilité l’émergence d’une intelligence collective en sollicitant des citoyens d’horizons variés pour viser des retombées sociétales opérationnelles à court terme.

 

Les expérimentations menées chez des agriculteurs et un lycée agricole ont permis de confirmer qu’il est possible de conserver des céréales dans des fosses souterraines mais qu’il est nécessaire d’avoir une bonne protection contre l’entrée d’humidité et d’adapter la durée de stockage aux conditions locales. Un guide du stockage souterrain et l’expertise acquise sont disponibles pour les agriculteurs qui souhaitent adapter cette méthode à leurs conditions spécifiques.

Lors d’ateliers de recueil de témoignages auprès de personnes ayant connus « l’avant tout frigo » et de réflexion sur un futur sans recours aux énergies fossiles, des systèmes intégrés dans une économie locale ont été proposés par les participants. Les résultats sont disponibles pour les personnes impliquée dans le développement des territoires.

Un travail de synthèse bibliographique associé à des interviews de professionnels du stockage sera publié sous forme d’un livre sur les héritages, enjeux et perspectives du stockage des grains et semences en Occitanie.

 

Malgré les avantages environnementaux et de résilience du stockage en fosses souterraines applicable pour des exploitations, il reste des optimisations à apporter pour rendre la méthode plus sure et économiquement intéressante. elles pourront être réalisée par des agriculteurs volontaires et curieux.

Stocker des grains et des denrées alimentaires dans des conditions locales, saines, résilientes, bas carbone, et sans utiliser d’énergie fossile est un enjeu majeur non seulement pour la sécurité et la souveraineté alimentaire mais aussi pour le fameux « One Health ». Pourtant, très peu de références scientifiques et techniques sont disponibles sur cette thématique. Dans le sud de la France, des producteurs de céréales biologiques, des archéologues experts de silos moyenâgeux souterrains, des pathologistes des céréales, des généticiens et agronomes de la diversité cultivée, des biochimistes, des paysans meuniers et boulangers, une régie de quartier défavorisé, des artisans céréaliers et une artiste , décident, pour ce projet, d’œuvrer ensemble pour IMAGINER (coconcevoir des idées innovantes de stockage, alternatives aux techniques actuelles), EXPERIMENTER (coconstruire des silos souterrains pour stocker les récoltes chez des agriculteurs et des artisans, évaluer l’effet des conditions de stockage sur la qualité sanitaire et technologique des grains et des farines ) et ESSAIMER depuis l’Occitanie vers d’autres territoires.
S’appuyer sur des techniques ancestrales, pour répondre aux urgences du présent et aux enjeux du futur est au cœur de ce projet qui vise à embarquer un collectif d’acteurs aux regards, compétences et disciplines très diverses, et à déployer des méthodes d’animations et de communication pour faciliter l’émergence d’une intelligence collective aux retombées sociétales opérationnelles à court terme.

Coordination du projet

Jean-Michel Savoie (Mycologie et Sécurité des Aliments)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

INRAE-MycSA Mycologie et Sécurité des Aliments
Inrap-DST Inrap, Direction scientifique et technique
BIOCIVAM 11 BIOCIVAM de l'Aude
INRAE-DiaScope INRAE, UE DiaScope
INRAE-IATE INRAE - Centre Occitanie Montpellier - UMR IATE
GS-RQ Garros Services - Régie de Quartier

Aide de l'ANR 141 845 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2024 - 24 Mois

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