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Flores – Flores

Flores

Connaissance et reconnaissance des plantes sauvages

Objectifs

Les objectifs du projet sont de réaliser un générateur de livret de médiation botanique servant de support à des animations autour de la reconnaissance des plantes. Ces livrets composés d'une clé de détermination (reconnaissance) et d'une liste de fiche d'espèces (connaissance) permettent aux participant.e.s d'observer par eux même les plantes et de tenter de les identifier en relative autonomie. Le rôle de l'animateur.ice est d'aider à l'observation ainsi que de répondre aux questions des participants suscitées lors de l'observation des plantes. Techniquement, il s'agit de réaliser une plateforme qui agrège une base de connaissance des plantes sur les traits utiles au grand public (morphologie, écologie, ...) et d'un générateur de livret à partir de ces données.

Pour réaliser cette plateforme et cette base de connaissance, nous avons élaboré une méthode originale. Le projet est structuré autour d'une base de connaissance *située*. Cela signifie que la base de connaissance accommode différents points de vue sur les plantes et permet de traduire entre eux au travers de langage de domaine spécifique (DSL). Deux points de vue sont importants pour nous à ce stade : le point de vue botanique (scientifique) et le point de vue vernaculaire.

 

Le point de vue vernaculaire est utilisé pour la réalisation de la clé et des fiches et permet de représenter les questions de la clé. Le point de vue botanique est utilisé pour le remplissage des données par des botanistes experts ou amateurs, et l'utilisation de ces données scientifiques. Une traduction permet d'expliciter le passage du point de vue botanique au point de vue vernaculaire. Les données botaniques ainsi traduites sont transformées en clé de détermination par l'intermédiaire d'un algorithme de génération d'arbres de décision.

Nous avons réussi à produire un premier prototype démontrant l'effectivité de notre approche. Ce premier prototype consiste en une plateforme, botascopia.inria.fr, déjà utilisé par une diversité d'acteurs (collectivités, associations, animateur.ices nature) dans leurs animations.

 

Cela nous a demandé de réaliser :

- un langage de metadescription des plantes (langage du schéma)

- un langage de traduction entre metadescriptions qui traduit les descriptions

- une metadescription des plantes (listes de traits organisées dans une hierarchie)

- un algorithme de génération de clé

- une plateforme web qui permet de manipuler ces choses.

Le développement du projet durant les deux années financées, et notamment la réflexion approfondie menée sur la formalisation de la description d’une plante sous tous ses aspects a amené l’équipe à considérer des utilisations multiples de la base de connaissances au-delà de la botanique.

 

– Le schéma descripteur inclut une rubrique “écologie” dans laquelle les affinités physico-chimiques sont importées directement de Baseflor, donnant accès à des indices couramment utilisés en écologie pour évaluer le type de milieu dans lequel une plante peut se développer. Cette rubrique inclut également des champs en lien avec la pollinisation et la dispersion des semences. Cela ouvre la porte à deux utilisations possibles de la base de connaissances : (1) une utilisation en médiation écologique, calquée sur l’utilisation actuelle en médiation botanique mais centrée sur l’écologie des plantes plutôt que sur leur morphologie, (2) une utilisation pour contribuer au diagnostic écologique d’un milieu à partir des communautés végétales présentes et de leurs caractéristiques écologiques.

 

– Le niveau de détail de la caractérisation morphologique permet d’envisager l’extraction de données de la base de connaissances pour répondre à des questions d’ordre évolutif, par exemple pour reconstruire les états ancestraux de caractères donnés, et pour tester des corrélations entre caractères.

 

– Les outils générés à partir des informations contenues dans la base de connaissances (aujourd’hui des livrets de type flore) peuvent servir de moyen pour évaluer l’évolution de la perception de la nature via l’observation des plantes, par des approches relevant des sciences humaines et sociales et des sciences de l’éducation.

Le projet FLORES propose l'élaboration d'un système de (re)connaissance des plantes et de leur milieu, en lien étroit entre partenaires académiques pluridisciplinaires, associations de naturalistes, collectivités locales et autres communautés impliquées en faveur de la biodiversité.
Le système conçu est celui de flores (livres numériques ou papiers) adaptées à un écosystème ou un milieu en particulier (du jardin agroécologique au milieu régional), co-construites avec les actrices et acteurs locaux concernés. Ces flores comprendront d'une part, une description morphologique précise et uniforme des espèces présentes dans le milieu considéré, permettant de les connaître ; et d'autre part de clés de détermination, produites automatiquement à partir des fiches, permettant de les reconnaître. Évolutifs et fondés sur un renseignement participatif d’informations, ces outils représenteront la diversité des formes à tous les niveaux d’organisation, plants, population, espèces, et seront résilients aux erreurs et incertitudes grâce à une modélisation probabiliste des caractères morphologiques et à un fonctionnement bayésien.
Simples, compréhensibles, et déployables par des petites communautés, ils seront conçus pour garantir l’autonomie des actrices et acteurs vis-à-vis de la technologie et des groupes sociaux qui la possèdent. Nous comptons ainsi accompagner l’établissement d’un rapport entre les humains et les plantes basé sur l’attention et la (re)connaissance plus que sur la domination et l’éloignement, qui ont leur part de responsabilité dans le franchissement de plusieurs limites planétaires.

Coordination du projet

Simon Castellan (Centre Inria de l’Université de Rennes)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Centre Inria de l'Université de Rennes Centre Inria de l’Université de Rennes
UPSaclay - ESE Université Paris-Saclay - Écologie, systématique et évolution
TELA BOTANICA TELA BOTANICA
Centre Inria de Lyon Centre Inria de Lyon

Aide de l'ANR 128 554 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2023 - 24 Mois

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