CE22 - Transports et mobilités, constructions dans les territoires urbains et péri-urbains 2023

Contribution des arbres au microclimat et à la dispersion de polluants en milieu urbain de l’échelle locale à la ville – CITRY

Contribution des arbres au microclimat urbain et à la dispersion de polluants de l’échelle locale à la ville

Les arbres en ville sont une solution efficace pour réguler l’îlot de chaleur urbain et atténuer les vagues de chaleur mais ils peuvent aussi réduire la ventilation des rues et la dispersion des polluants émis localement. Une meilleure compréhension de l’influence des arbres sur le microclimat urbain et la dispersion de polluants est nécessaire pour proposer des stratégies de végétalisation urbaine les mieux adaptées pour améliorer le confort thermique tout en préservant la qualité de l’air.

Comprendre, modéliser et évaluer l’influence multi-échelles des arbres sur le microclimat et la dispersion de particules pour améliorer les modèles de qualité de l’air et la planification urbaine

Avec le réchauffement climatique et l'augmentation de la population urbaine mondiale, le confort thermique et les risques pour la santé dans les villes deviennent critiques pendant les vagues de chaleur. L'introduction d'arbres dans les villes est apparue comme l'une des solutions les plus efficaces pour atténuer l'îlot de chaleur urbain et les extrêmes microclimatiques (vagues de chaleur). Les arbres ont l'avantage de rafraîchir l'air par l’évapotranspiration et l'ombrage des surfaces, et d'améliorer la qualité de l'air par l'absorption et le dépôt des polluants anthropiques émis localement ou à longue distance. Cependant, ces effets positifs des arbres urbains ne sont pas si évidents, car les arbres peuvent aussi avoir un effet négatif sur le confort thermique et la dispersion des polluants en réduisant la ventilation à l'intérieur des rues ou des quartiers. En effet, les échanges de chaleur et de masse entre la canopée urbaine et l'atmosphère jouent un rôle clé dans la température et la qualité de l'air au niveau des piétons. Ces échanges sont régis par des mouvements turbulents qui se développent à différentes échelles, au sein de la canopée urbaine, dans la couche limite atmosphérique et à leur interface. La présence d'arbres dans les zones urbaines devrait modifier ces échanges turbulents en modifiant les bilans de quantité de mouvement, de chaleur et d'eau, la stratification thermique dans la basse atmosphère et les mouvements turbulents multi-échelles. Ainsi, la solution consistant à introduire davantage d'arbres dans les villes peut avoir un impact à différentes échelles sur le microclimat et la dispersion des polluants, et doit être pris en compte lors de l'évaluation de son efficacité globale. A ce jour, peu de travaux de recherche ont été consacrés à l’influence des arbres en ville en combinant les aspects microclimatique et de qualité de l’air, et en examinant le continuum d’échelles allant de la ville à la rue. Dans l'état actuel des connaissances, l'impact des arbres doit encore être clarifié pour que les urbanistes puissent définir les stratégies de végétalisation les plus appropriées pour traiter conjointement les problèmes de microclimat urbain et de qualité de l'air. À cette fin, les objectifs du projet CITRY sont les suivants : évaluer l'influence des arbres urbains, de l'échelle locale à l'échelle de la ville, sur le microclimat urbain et la dispersion des polluants, allant des particules ultrafines (polluants émergents) aux grains de pollen directement émis par la végétation, pour différentes stratifications thermiques de l'atmosphère ; fournir des informations aux urbanistes sur les avantages des arbres urbains ; fournir des connaissances pour améliorer la modélisation de la dispersion dans les modèles opérationnels de la qualité de l'air à l'échelle du quartier.

Modélisation multi-échelles de l'atmosphère urbaine incluant les arbres - Une approche de modélisation multi-échelles sera développée dans un modèle de couche limite atmosphérique (CLA) pour simuler les champs dynamiques, thermodynamiques et scalaires instantanés. Pour relier les échelles locale et urbaine, la représentation de la canopée urbaine végétalisée évoluera avec la résolution de la simulation, en utilisant des approches de rugosité à l'échelle de la ville, de porosité-traînée à l'échelle des quartiers et de frontières immergées à l'échelle locale. Ceci permettra d'affiner progressivement les effets d'hétérogénéité de la canopée urbaine et les interactions multiprocessus (rayonnement, transferts de chaleur et d'humidité, turbulence, etc.) entre les arbres et le bâti, tout en représentant explicitement les principaux mouvements turbulents et leurs interactions à travers les échelles, de la canopée à la CLA, pour différentes stabilités thermiques.

Quantification in situ des échanges turbulents le long du continuum échelle locale et ville - Une nouvelle campagne de terrain sera réalisée dans un quartier de Nantes pour documenter l'influence multi-échelles des arbres en conditions réelles. Des mesures météorologiques et de concentration de particules seront effectuées à plusieurs hauteurs dans et au-dessus de la canopée pour couvrir le continuum d’échelles et caractériser les échanges turbulents dans la sous-couche rugueuse. Pour isoler l'influence des arbres de celle de la canopée bâtie, les mesures effectuées en hiver et en été seront comparées pour les mêmes conditions de stabilité thermique, en supposant que l'impact des arbres (sans feuille) est négligeable en hiver.

Simulations multi-échelles dans des conditions atmosphériques réalistes sur la ville de Nantes - Le modèle multi-échelles sera appliqué à Nantes, en se concentrant sur le site expérimental en vue de comparer les mesures et les simulations pour diverses conditions atmosphériques et états saisonniers des arbres. Les informations fournies par la modélisation 3D multi-échelles permettront aussi d'approfondir la compréhension et l'analyse des différents processus qui régissent le microclimat urbain, la ventilation intra-canopée et les concentrations de particules.

Scénarios d'introduction d'arbres en ville et recommandations - Afin de fournir des orientations générales sur les meilleures stratégies d'introduction d'arbres en ville, plusieurs simulations multi-échelles seront réalisées sur Nantes pour différentes conditions de stabilité thermique et avec différents scénarios d'introduction d'arbres, incluant des changements locaux et dans les quartiers environnants. Un exercice de comparaison entre les simulations multi-échelles et un modèle opérationnel de qualité de l’air (QA) à l'échelle du quartier est prévu pour évaluer les conséquences des approximations faites dans ces modèles QA sur la stabilité thermique et la représentation des arbres.

L’introduction des arbres en ville est souvent préconisée pour réguler l’îlot de chaleur urbain et améliorer le confort thermique et la qualité de l’air, dans un contexte de réchauffement climatique. Cependant, dans certaines configurations, les arbres peuvent limiter la ventilation des rues-quartiers, empêchant la dispersion des polluants émis dans les rues et altérant le confort thermique. Ces incertitudes sur les bénéfices des arbres en ville sur le microclimat et la dispersion de polluants méritent d’être clarifiées pour proposer des stratégies de végétalisation urbaine pertinentes. L’un des verrous concerne la prise en compte de l’influence multi-échelle des arbres sur les échanges turbulents de masse et d’énergie dans et au sommet de la canopée urbaine. L’originalité du projet CITRY est d’évaluer conjointement l’impact des arbres sur le microclimat urbain et sur la dispersion de polluants particulaires submicroniques à plusieurs dizaines de microns, en prenant en compte (1) le caractère multi-échelles des processus à l’origine de la ventilation dans la rue, depuis l’écoulement turbulent local jusqu’aux échanges avec la couche limite atmosphérique, et (2) les modifications induites par les arbres sur la turbulence d’origine mécanique et thermique et la stratification thermique atmosphérique. Pour cela, le projet s’appuie (1) sur le développement, l’évaluation et l’utilisation, en configurations réelles et au travers de scénarios de végétalisation, d’une approche innovante de simulation multi-échelle (de l’échelle de la ville à celle de la rue) et instationnaire (représentation explicite des mouvements turbulents) de l’atmosphère urbaine en présence d’arbres et de la dispersion de particules de différentes tailles, et (2) sur la réalisation d’une campagne expérimentale dans la ville de Nantes dédiée à la caractérisation de l’influence des arbres sur les échanges turbulents de quantité de mouvement, chaleur, humidité et particules, dans différentes conditions atmosphériques et le long du continuum rue – canopée urbaine – ville – couche limite atmosphérique. La finalité du projet est de proposer des stratégies d’introduction des arbres en ville permettant d’améliorer à la fois le microclimat urbain et la qualité de l’air.

Coordination du projet

Isabelle CALMET (LABORATOIRE DE RECHERCHE EN HYDRODYNAMIQUE, ENERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENT ATMOSPHÉRIQUE)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

AIR PAYS DE LA LOIRE
LHEEA LABORATOIRE DE RECHERCHE EN HYDRODYNAMIQUE, ENERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENT ATMOSPHÉRIQUE
ISPA Interaction Sol Plante Atmosphère

Aide de l'ANR 597 938 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2023 - 48 Mois

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