Circularité - Appel à projets Circularité des ERA-Nets ERAGAS, ICT-AGRI-FOOD, SusAn et SusCrop 2021

INTEGRATED CROP- RUMINANT LIVESTOCK SYSTEMS AS A STRATEGY TO INCREASE NUTRIENT CIRCULARITY AND PROMOTE SUSTAINABILITY IN THE CONTEXT OF CLIMATE CHANGE – INTEGRITY

INTEGRITY : Promouvoir les systèmes intégrés culture-élevage de ruminants comme stratégie pour accroître la circularité des nutriments et la durabilité dans le contexte du changement climatique.

Les différents niveaux d’intégration entre les cultures et les systèmes peuvent présenter des avantages ou des inconvénients, nécessitant l’identification de compromis entre les aspects économiques, environnementaux et sociaux. Il est essentiel de comprendre les effets de l’intégration d’un point de vue holistique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, augmenter la séquestration du carbone et l’efficacité de l’utilisation des nutriments dans les systèmes de production mixtes.

Le projet INTEGRITY vise à accroître la circularité des nutriments et à promouvoir la durabilité en améliorant l’intégration des systèmes de production de cultures et l’élevage de ruminants.

Neuf pays répartis sur trois continents (Amérique, Europe et Océanie) ont participé au projet. Conformément aux objectifs du projet, des actions ont été spécifiquement conçues pour chaque situation et évaluées expérimentalement afin de quantifier leur impact, d’une part par le biais d’effets directs et spécifiques, mais aussi au sens large, en tenant compte de la circularité au sein des systèmes agricoles à l'aide de différents outils de modélisation. Des approches et des procédures d’évaluation normalisées entre les différents partenaires ont permis une comparaison directe de l’impact relatif des nouvelles alternatives de gestion. L’implication des parties prenantes tout au long du processus a contribué à mettre l’accent sur les nouvelles pratiques applicables et à faciliter leur adoption par les agriculteurs. Le réseau de recherche sur l’élevage à faible émission de carbone, une plateforme régionale impliquant des pays d’Amérique et d’Europe créée en 2020 et soutenue par le GRA, a renforcé les opportunités de renforcement des capacités pour les jeunes chercheurs et amélioré la plateforme de diffusion des résultats. Les activités ont été organisées en 5 Work Packages (WP). Le WP1 a étudié différentes pratiques de gestion dans divers systèmes agricoles afin d’améliorer la circularité des nutriments, l’efficacité de la production et de réduire l’empreinte carbone; le WP2 visait à identifier l’amélioration potentielle de l'empreinte carbone en augmentant l’inclusion de sous-produits dans les programmes d’alimentation des ruminants ; le WP3 a évalué la gestion de la circularité du carbone et l’atténuation et l'adaptation au changement climatique dans les systèmes mixtes culture-ruminants grâce à l'approche systémique (évaluation par analyse de cycle de vie) et aux technologies de l’information et de la communication (TIC) (i. e. conception de jumeaux numériques des systèmes d’alimentation des ruminants). Ce WP comprend également une modélisation basée sur des agents pour comprendre le processus de prise de décision et d’autres propriétés émergentes des systèmes de production mixte culture-élevage ; le WP4 a impliqué l’engagement avec les parties prenantes, la formation, la communication et la diffusion ; le WP5 a assuré la coordination du projet. Une caractéristique particulière de ce projet est la diversité des systèmes de production avec des caractéristiques agro-climatiques et socio-culturelles différentes qui ont permis d’observer des réponses différentes pour améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources et optimiser la circularité des nutriments avec l'intégration des deux composants du système dans des lieux différents. Ce projet a nécessité une coopération interinstitutionnelle et interdisciplinaire. Il s’est appuyé sur des compétences scientifiques complémentaires du consortium pour renforcer et élargir une histoire de recherche coopérative mutuelle impliquant de nouveaux partenaires.

L’INRAE a mené des activités dans le WP1 et a apporté des données et un savoir-faire pour décrire les systèmes mixtes culture-ruminants d’Auvergne, de Guadeloupe et du Brésil. Les informations collectées dans le cadre des activités ont été utilisées pour estimer l’impact des interventions proposées sur la circularité des nutriments dans les systèmes agricoles avec une approche holistique et intégrative, et pour améliorer les modèles de prédiction actuels. En Guadeloupe, les données provenaient des expérimentions issues des installations de recherche de l’INRAE ayant plusieurs systèmes de production de ruminants élevés à la fois en bâtiment et au pâturage ainsi et que des informations collectées dans des exploitations agricoles. Au Brésil, les données d’une ferme d’étude de cas (reproduction, élevage et finition) ont été utilisées et une source supplémentaire de données pour la phase de finition a été collectée à partir d’un essai mené à l’Embrapa. Le bilan GES en utilisant la méthodologie proposée par le GIEC 2019 a été utilisé. La méthode d’analyse des réseaux écologiques a également permis d’évaluer 1/ l’effet de l’intégration culture-élevage-forêt sur les performances du système (efficacité, résilience, autosuffisance) et 2/ les compromis entre ces indicateurs locaux et globaux d’émissions de GES estimés (Monteiro et al., 2024, en cours de rédaction). L’INRAE s’est également impliqué dans le WP3 où il a fourni des informations sur les outils de prise de décision utilisés en France et a collaboré à l’évaluation comparative des données collectées sur les outils disponibles dans d’autres régions. Dans le même WP, l’INRAE a coordonné la compilation des ensembles de données de différents systèmes mixtes culture-élevage ainsi des données existantes des projets antérieurs. Deux bases de données ont été créées, qui se distinguent par les sources des données. Pour la première base de données, les données ont été collectées à partir des rapports des tâches 2.1 et 2.3 respectivement. De plus, le rapport mettait en évidence la composition chimique des sous-produits identifiés et le processus in vitro pour déterminer le niveau d'inclusion des sous-produits dans l’alimentation des ruminants identifiés dans trois (3) pays : Argentine, Pérou et Espagne. La deuxième base de données a utilisé une approche de méta-analyse en utilisant les bases de données Web of Science, Scopus, PubMed et Google scholar pour identifier les articles publiés entre les années 2000 et 2024 où les sous-produits agro-industriels et ou résidus de récolte ont été inclus dans les régimes alimentaires des ruminants. Les sous-produits identifiés dans chaque base de données ont été classés à l’aide d’une analyse de classification (k-means). L’analyse en composantes principales (ACP) a également permis de déterminer la composante principale qui rend compte de la variabilité de la classification. Le développement des équations a été effectué conformément à l’article de Bougouin et al. (2019).

Les systèmes mixtes culture-élevage représentaient 80 % des exploitations généralement de petites exploitations, avec une taille moyenne de 4,1 ha en Guadeloupe. Une grande partie des terres agricoles est constituée de canne à sucre et de banane, deux cultures d’exportation fortement subventionnées qui représentent respectivement 45 % et 8 % des terres arables locales (Fanchone et al., 2020). Les pâturages et les jachères représentent actuellement près de la moitié des terres arables. Les systèmes représentatifs du Brésil sont situés dans le Mato Grosso. Il a été observé que les systèmes intégrés augmentaient la production de viande et de céréales et compensaient les émissions de GES. L’inclusion d’une composante forestière augmente la séquestration du carbone. Les systèmes sans cultures stockent plus de carbone par kg de protéines comestibles produites. Le bilan GES des systèmes (méthane entérique, protoxyde d’azote et dioxyde de carbone) a été évalué en suivant les lignes directrices du GIEC, 2019 et les facteurs d’émissions spécifiques trouvés dans la littérature pour le contexte brésilien. Une analyse globale de sensibilité a été effectué pour choisir la meilleure équation de prédiction du CH4 entérique pour deux systèmes (Santos et al., 2022). Cette équation a ensuite été utilisée pour évaluer les émissions de CH4 pour deux autres systèmes. Les résultats ont été publiés dans le manuscrit de Monteiro et al., 2023. Pour le WP3, tâche 3.2, la base de données obtenue par méta-analyse contenait 20 publications et 20 essais incluant 24 sous-produits agro-industriels (SPAI) incorporés dans la ration des ruminants (n = 61 observations) (vaches laitières (n = 46), bovins en croissance (n = 5), ovins (n = 3) et caprins (n = 7)) à différents niveaux d’inclusion de sous-produits a été obtenue. Le méthane a été mesuré à l’aide de la technique SF6 (n = 10), GreenFeed (n = 10), chambres respiratoires (n = 34) et du système calorimétrique indirect (n = 7). Les SPAI ont été classés en quatre catégories : les sous-produits présentant (i) une teneur élevée en amidon (27,1 %), en Extrait Ethéré (EE) moyenne (13,9 %), faible en protéine brute (PB) (13,8 %) et en NDF (17,9 %) (n = 1, son de riz) (ii) une teneur élevée en EE (51. 6 ± 5,7 %), moyenne en PB (18,0 ± 1,77 %) et en NDF (26,0 ± 15,5 %), et faible en amidon (0,25 ± 0,035 %) (n = 2, farine d’algues, farine de colza) (iii) une teneur élevée en PB (37. 8 ± 7,5%), moyen en amidon (6,53 ± 1,42%) et NDF (24,3 ± 10,1%), faible en EE (7,10% ± 5,5) (n = 9, tourteau de soja, tourteau de colza, etc.) (iv) teneur élevé en NDF (46,5± 15,5%), moyenne en PB (12,5 ± 4,55%) et EE (8,3 ± 5,02%), faible en amidon (2,13 ± 2,63%) (n = 12, noix de coco, coques de soja, etc.). Conformément à l’article de Bougouin et al. (2019), des équations ont été développés et évalués pour prédire la production de CH4 en g/j), en g/kg MSI et en g/kg lait corrigé (ECM). Les résultats sont présentés dans la short communication.

Participation à la 9e Conférence Internationale sur les Gaz à effet de serre et l’agriculture animale (GGAA) qui se tiendra à Nairobi (Kenya), du 5 au 9 octobre 2025, organisée par l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI) et l’Institut norvégien de recherche en bioéconomie (NIBIO).

Monteiro, A., Barreto-Mendes, L., Fanchone, A., Morgavi, D. P., Pedreira, B. C., Magalhães, C. A. S., Abdalla, A. L., & Eugène, M. (2024). Crop-livestock-forestry systems as a strategy for mitigating greenhouse gas emissions and enhancing the sustainability of forage-based livestock systems in the Amazon biome. Science of the Total Environment, 906, 167396. doi.org/10.1016/j.scitotenv.2023.167396
Leite, G. D. F. F., Nuto Nóbrega, G., Baumgärtner, L. C., Barbosa Alecrim, F., da Silveira, J. G., Campello Cordeiro, R., & Aragão Ribeiro Rodrigues, R. De. (2023). Greenhouse gas emissions and carbon sequestration associated with Integrated Crop-Livestock-Forestry (ICLF) systems. Environmental Reviews, 31(4), 589–604. doi.org/10.1139/er-2022-0095
Santos, A. R. M., Eugène, M., Pedreira, B. C., Abdalla, A. L., & Barreto-Mendes, L. (2022). 27. Global sensitivity analysis of empirical enteric methane emissions models for silvopastoral systems. Animal - Science Proceedings, 13(4), 541–542. doi.org/10.1016/j.anscip.2022.07.418
Akinropo, T. F., Adjassin, J. S., Morgavi, D. P., Eugène M. (2024). Byproducts in Ruminant Feeding : Exploring their Mitigating Effects on Enteric Methane Emissions. (Abstract accepted for EAAP 2024 Conference, Florence, Italy)

Coordination du projet

Claudia Faverin (National Institute of Agricultural Technology)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

Queens University Belfast
Agri-Food and Biosciences Institute
National Institute of Agricultural Technology
Agencia Estatal Consejo Superior de Investigaciones Cientificas
Universidad Nacional Agraria La Molina
INIA
Teagasc
URZ Unité de Recherches Zootechniques
Natural Resources Institute Finland (Luke)
AgResearch
UMRH Unité Mixte de Recherche sur les Herbivores

Aide de l'ANR 185 838 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2022 - 36 Mois

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